Les concerts se succèdent mais ne se ressemblent pas à l’Assembly Hall, accueillant toujours une foule de mélomanes curieux et attentifs aux derniers accords proposés. Présenté par l’ambassade d’Autriche, un duo, Rita Medjimorec (piano) et Florian Kitt (violoncelle), a fait la part belle aux dialogues et harmonies de deux instruments qui ont déployé toutes les ressources de leur séduction pour un auditoire relativement restreint mais religieusement recueilli. Au menu des pages de Schubert, Urbanner, Bartok et Richard Strauss. Programme sélect, aux phosphorescences modernes et quelque peu difficiles que les interprètes ont rendu avec efficacité et brio. Tout d’abord un petit mot des deux musiciens sous les feux de la rampe. Au clavier Rita Medjimorec, diplômée de la Hocheschule Mozarteum de Salszbourg. Soliste et pédagogue, elle a aussi complété ses gammes avec le professeur Heinz Walter. Par ailleurs, elle a mené aussi une carrière dans la musique de chambre à travers ses nombreuses tournées européennes tout en enregistrant pour la radio et la télévision. Diplômé de l’Académie de musique de Vienne, Florian Kitt, violoncelliste inspiré, est aussi l’élève des professeurs Frieda Lizchauer, Gaspar Cassada et André Navarra. De multiples voyages et tournées l’ont conduit à une carrière internationale interprétant (entre autres coups d’éclat) le concerto pour violoncelle et orchestre de Gyorgy Ligeti au Royal Festival Hall à Londres avec l’Orchestre philharmonique, sous la direction de Diego Masson. Outre ses «masters class», Florian Kitt a peaufiné un répertoire où œuvres classiques et romantiques n’ont plus de secrets pour lui, tout en accordant une place privilégiée aux créations contemporaines. C’est ce qui explique d’ailleurs que de nombreuses compositions soient dédiées à l’archet de son violoncelle. Ouverture lumineuse avec une sonate en A mineur (D821) de Schubert. Oscillant entre mélancolie, rêverie et sérénité, la voix de Frantz Schubert est toutefois ici d’une incroyable limpidité. Douceur du plus tendre des romantiques avec des passages d’une absolue netteté où sont bannis cris de révolte et de désespoir mais où, par contre, s’exprime une sorte de pieuse résignation doublée d’une grande pudeur de sentiments. Suit une œuvre intitulée (et dédiée aux musiciens) Unfolding du compositeur autrichien contemporain Urbanner. Accents modernes, angoissés et souvent angoissants pour piano et violoncelle aux sonorités riches, stridentes, traversées de quelques fugaces transparences debussiniennes et originales dans une narration inédite pour nos mélomanes. Après cette révélation, place à Bela Bartok et sa première rhapsodie écrite en 1928 avec ses deux mouvements contrastés, inspirés sans nul doute du folklore hongrois mais dont il s’est finalement départi pour ne garder que l’esprit des terres magyares. Mais que l’on ne s’y trompe pas : cet humaniste, témoin ardent de son temps, adversaire farouche de tout sectarisme, partisan non moins farouche de l’égalité et de la fraternité des peuples, se référant aux traditions les plus nobles du passé hongrois, a été un fervent patriote, toute sa vie, tous ses actes et surtout sa musique en témoignent. Après l’entracte, images colorées malgré certaines délicieuses embardées dominées par des dissonances non résolues pour cette sonate en F majeur op 6 de Richard Stauss, le compositeur de La femme sans ombre et qui dirigea l’Opéra de Vienne en 1907 après le départ de Mahler. Trois mouvements alliant vivacité, étincelles brillantes et langueurs mesurées. Salve d’applaudissements d’un public conquis et qui, en notes d’orgue, avait brusquement, à travers les phrases ondoyantes de Strauss, comme un lointain mais enivrant et capiteux parfum des brillantes causeries des salons viennois... En bis, les deux musiciens ont interprété une œuvre pétillante et pleine de vie et de feu de Gaspard Cassado intitulée La danse du diable vert.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les concerts se succèdent mais ne se ressemblent pas à l’Assembly Hall, accueillant toujours une foule de mélomanes curieux et attentifs aux derniers accords proposés. Présenté par l’ambassade d’Autriche, un duo, Rita Medjimorec (piano) et Florian Kitt (violoncelle), a fait la part belle aux dialogues et harmonies de deux instruments qui ont déployé toutes les ressources de leur séduction pour un auditoire relativement restreint mais religieusement recueilli. Au menu des pages de Schubert, Urbanner, Bartok et Richard Strauss. Programme sélect, aux phosphorescences modernes et quelque peu difficiles que les interprètes ont rendu avec efficacité et brio. Tout d’abord un petit mot des deux musiciens sous les feux de la rampe. Au clavier Rita Medjimorec, diplômée de la Hocheschule Mozarteum de Salszbourg. Soliste et...