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Actualités - Chronologie

Humiliations et erreurs s'accumulent La descente aux enfers de la Minusil

Les critiques se multiplient contre l’impréparation et l’amateurisme de la force de l’Onu en Sierra Leone après ses revers face au Front révolutionnaire uni (RUF) et sa retentissante gaffe de samedi soir, avec l’annonce erronée d’une attaque rebelle sur Freetown. Cinq jours après le début de l’épreuve de force avec Foday Sankoh, la Minusil a accumulé bourdes et erreurs stratégiques face au leader du RUF, certes imprévisible, mais toujours prompt à l’initiative politique. «Nous sommes lamentables», reconnaît dans un accès de colère un haut responsable de la force, sous couvert de l’anonymat. Et de fait, avec quatre Casques bleus présumés tués lors de combats, 300 retenus en otages par le RUF et 200 autres dont la force est sans nouvelle, sans compter une progression en quelques jours des forces rebelles jusqu’à une soixantaine de kilomètres de la capitale, le bilan n’est guère reluisant. Lors des premières prises d’otages, les officiels onusiens à Freetown avouaient tout simplement «ne pas savoir» ce qu’étaient devenus leurs hommes. Puis ils ont dû expliquer qu’ils ignoraient pourquoi une colonne entière de quelque 400 soldats s’était laissée désarmer sans faire un geste. Et alors que le siège de l’Onu à New York fournissait des bilans de plus en plus élevés, les porte-parole à Freetown se cachaient derrière une «situation mouvante» pour ne fournir aucun détail. «C’est du manque de professionnalisme. Le comble ça a été l’annonce de l’évacuation» d’une partie du personnel onusien, commente amer un ministre africain engagé dans les négociations pour résoudre la crise. Nouvelle vite démentie à New York, mais sans convaincre. Et le lendemain, le nombre des rotations d’hélicoptères fut augmentée, officiellement pour les ONG. Sur le plan strictement militaire, l’échec est tout aussi patent. La méthode conciliante ayant échoué à faire cesser les prises d’otages, il fut décidé de résister à une colonne du RUF s’approchant de Freetown. Mais outre l’engagement de soldats nigérians de la Minusil, un hélicoptère d’assaut Mi-24 est intervenu, selon des témoignages concordants, chez les rebelles comme à la force onusienne. Or, la force de paix ne dispose pas de tels appareils, que possède par contre le gouvernement sierra-léonais. Et l’accord de paix que la Minusil est censé faire respecter prévoit explicitement un cessez-le-feu entre tous les belligérants. Humiliée, ses hommes et son matériel aux mains du RUF, moquée par Foday Sankoh qui affirmait que les Casques bleus s’étaient «perdus en brousse», il ne restait plus à la Minusil qu’à se décrédibiliser. Chose faite samedi soir avec l’annonce d’une attaque rebelle sur Freetown à laquelle la force résistait «de son mieux». Information démentie à peine trois heures plus tard, alors que la nouvelle avait semé la terreur dans une ville où la dernière offensive du RUF avait fait 6 000 morts en janvier 1999. Les plates excuses du porte-parole de la Minusil n’y ont rien fait et déjà les accusations internes commencent. «Cette soi-disant information est sortie tout droit de son (du porte-parole) imagination», assène le général Mohammed Garba, numéro 2 de la force. Il n’empêche que, comme a pu le constater un correspondant de presse, dans la nuit de samedi à dimanche, des dizaines de Casques bleus affluaient au quartier général, où des plans d’évacuation des agences onusiennes étaient en préparation.
Les critiques se multiplient contre l’impréparation et l’amateurisme de la force de l’Onu en Sierra Leone après ses revers face au Front révolutionnaire uni (RUF) et sa retentissante gaffe de samedi soir, avec l’annonce erronée d’une attaque rebelle sur Freetown. Cinq jours après le début de l’épreuve de force avec Foday Sankoh, la Minusil a accumulé bourdes et erreurs stratégiques face au leader du RUF, certes imprévisible, mais toujours prompt à l’initiative politique. «Nous sommes lamentables», reconnaît dans un accès de colère un haut responsable de la force, sous couvert de l’anonymat. Et de fait, avec quatre Casques bleus présumés tués lors de combats, 300 retenus en otages par le RUF et 200 autres dont la force est sans nouvelle, sans compter une progression en quelques jours des forces rebelles...