Le président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov a affirmé hier que des contacts étaient en cours pour qu’il rencontre le président russe Vladimir Poutine, ce que le Kremlin a démenti. «Le parti de la guerre, en Tchétchénie comme en Russie, empêche une telle rencontre au sommet», a cependant reconnu le président Maskhadov. Le «parti de la guerre», selon M. Maskhadov, est représenté en Tchétchénie par des éléments prorusses comme le mufti Akhmad Kadyrov et en Russie par les militaires, hostiles à toute négociation. Interrogé sur ces déclarations, le Kremlin a démenti tout contact. «Aucun contact n’est en cours. Si les contacts commencent, ce sera pour obtenir la capitulation totale de Maskhadov et des combattants», a affirmé un conseiller présidentiel, Sergueï Iastrjembski, en estimant que le président tchétchène «continue de bluffer». La rencontre entre le correspondant de l’AFP et Aslan Maskhadov s’est déroulée dans des conditions de sécurité maximum : après quatre jours de marche dans les montagnes, le journaliste a été emmené les yeux bandés jusqu’à une grotte cachée au fond d’une forêt où se trouvait le président tchétchène. «Il est possible de mettre fin à la guerre à n’importe quel moment, et pour ce faire, une rencontre au sommet est indispensable. Poutine est un homme qui a suffisamment de volonté pour mettre fin à la guerre», a assuré le président tchétchène. M. Maskhadov a estimé qu’il était encore possible de parvenir à un compromis basé sur les accords qui avaient mis fin à la première guerre de Tchétchénie (décembre 1994-août 1996) et apporté une indépendance de facto à la petite République du Caucase du Nord. Depuis le début de son intervention militaire en Tchétchénie, en octobre 1999, Moscou a nié toute légitimité au président Maskhadov. Le président Poutine avait cependant reconnu le 21 avril avoir reçu un mois auparavant une proposition de paix d’Aslan Maskhadov et indiqué que Moscou avait répondu par d’autres propositions restées sans réponse. M. Poutine, qui a toujours souligné ne pas vouloir négocier avec le président tchétchène, avait alors réaffirmé qu’Aslan Maskhadov était «un criminel pour la Russie». M. Maskhadov a indiqué avoir perdu 2 000 combattants depuis le début de la guerre. Il n’a pas précisé l’effectif actuel des indépendantistes, forts de 3 000 à 5 000 hommes, selon des estimations militaires russes. Le président a confirmé que les indépendantistes pouvaient poursuivre longtemps leur guerre de partisans contre les Russes. «De nos bases dans les montagnes, nous pouvons atteindre n’importe quelle région de Tchétchénie, attaquer des convois russes, des positions fortifiées et des postes de commandement. Cette méthode est efficace et a pour avantage de réduire au minimum les pertes humaines du côté tchétchène», a-t-il indiqué. Mardi, les combattants indépendantistes ont tué un Tchétchène, responsable de l’administration prorusse de la région de Vedeno (sud), et trois policiers russes dans l’est de la République, selon des sources militaires russes. Au cours des dernières 24 heures, huit positions russes ont été attaquées en Tchétchénie, selon le commandement russe cité par l’agence d’informations militaires AVN. Les mesures de sécurité ont été renforcées dans la république indépendantiste à la veille des fêtes du 9 mai (célébration de la victoire sur l’Allemagne nazie) et des limitations à la circulation des voitures ont été imposées jusqu’au 11 mai, selon les mêmes sources. Le siège de la représentation du gouvernement russe en Tchétchénie a quitté hier Goudermès, deuxième ville de la République, pour s’établir à Grozny, la capitale dévastée par des mois de bombardements russes, a indiqué AVN.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov a affirmé hier que des contacts étaient en cours pour qu’il rencontre le président russe Vladimir Poutine, ce que le Kremlin a démenti. «Le parti de la guerre, en Tchétchénie comme en Russie, empêche une telle rencontre au sommet», a cependant reconnu le président Maskhadov. Le «parti de la guerre», selon M. Maskhadov, est représenté en Tchétchénie par des éléments prorusses comme le mufti Akhmad Kadyrov et en Russie par les militaires, hostiles à toute négociation. Interrogé sur ces déclarations, le Kremlin a démenti tout contact. «Aucun contact n’est en cours. Si les contacts commencent, ce sera pour obtenir la capitulation totale de Maskhadov et des combattants», a affirmé un conseiller présidentiel, Sergueï Iastrjembski, en estimant que le...