Pour les familles des victimes, l'heure de vérité a enfin sonné
le 04 mai 2000 à 00h00
Dans le tribunal d’un modernisme glacial, derrière une grande vitre à l’épreuve des balles, les familles des victimes retiennent leur souffle : les assassins présumés de leurs proches entrent dans le box des accusés. Pour la quarantaine de membres présents des familles des 270 victimes de l’attentat du 21 décembre 1988, l’heure de vérité a enfin sonné. Les écouteurs de traduction sur les oreilles, ils suivent attentivement les débats, Abdel Basset Ali al-Megrahi prend de temps en temps des notes. Les juges dominent la salle, portant perruques et vêtus de longs manteaux blancs ornés de croix rouges. L’ambiance est solennelle et tous écoutent le greffier énoncer d’une voix monotone l’acte d’accusation. De l’autre côté de la vitre, Khaled, 15 ans, un adolescent au sourire timide, regarde son père, Abdel Basset Ali al-Megrahi, assis à peine à quelques mètres de lui. Les proches des deux accusés sont venus en nombre : deux jeunes femmes, filles de chacun d’eux, le père, l’oncle et un cousin d’al-Amine Khalifa Fhimah sont notamment présents. Le groupe n’est séparé que par une étroite allée des familles des victimes. Les visages sont tendus, les yeux souvent humides. «On nous a tellement répété que ce procès était impossible, et aujourd’hui l’impossible est en train de se produire», explique, très ému, le révérend John Mosey. Sa fille de 19 ans, Helga, est morte dans l’attentat. Il restera aux Pays-Bas pour pratiquement toute la durée du procès, partageant avec sa femme allemande Lisa un appartement avec le docteur Jim Swire et son épouse Jane, qui ont également perdu leur fille Flora dans l’attentat. Après l’interruption de séance, les débats sont très rapidement suspendus : les écouteurs qui permettent à tous de suivre le procès ne marchent plus. Derrière la vitre blindée, la tension se relâche. Les langues se délient. Les familles libyennes acceptent du bout des lèvres de donner leur identité. Le jeune Khaled écrit son prénom et son âge en souriant sur un cahier. Betty Thomas est accompagnée de sa sœur Pamela Kersey. Deux dames âgées, galloises, appuyées chacune sur une canne. Betty Thomas a perdu sa fille Yvonne Owen, 29 ans, et sa petite-fille Bryony, 20 mois, dans l’attentat.
Dans le tribunal d’un modernisme glacial, derrière une grande vitre à l’épreuve des balles, les familles des victimes retiennent leur souffle : les assassins présumés de leurs proches entrent dans le box des accusés. Pour la quarantaine de membres présents des familles des 270 victimes de l’attentat du 21 décembre 1988, l’heure de vérité a enfin sonné. Les écouteurs de traduction sur les oreilles, ils suivent attentivement les débats, Abdel Basset Ali al-Megrahi prend de temps en temps des notes. Les juges dominent la salle, portant perruques et vêtus de longs manteaux blancs ornés de croix rouges. L’ambiance est solennelle et tous écoutent le greffier énoncer d’une voix monotone l’acte d’accusation. De l’autre côté de la vitre, Khaled, 15 ans, un adolescent au sourire timide, regarde son père, Abdel...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.