Les «golfeurs clandestins» de Khayelitsha, une cité noire des environs du Cap (Afrique du Sud), vont enfin pouvoir s’entraîner sur un vrai practice de golf, grâce à l’aide financière des parents d’Amy Biehl, une étudiante américaine assassinée non loin de là en 1993. Jusqu’à présent les membres du club des «Clandestins», pour la plupart des caddies noirs travaillant dans les golfs des banlieues blanches du Cap, s’entraînaient le plus discrètement possible. Trop de vitres cassées et de résidents mécontents, car nulle part ailleurs que les rues de la township pour taper la balle. Depuis quelques jours, tout est changé grâce à la Fondation Amy Biehl. Un pratice flambant neuf a ouvert ses portes et les ex-Clandestins sont maintenant membres du plus formel Khayelitsha Golf Club. Gideon Duze, accompagné de son fils de 12 ans, et une vingtaine de ses collègues sont venus inaugurer le practice en fin de semaine, peu après 9 heures du matin. «Nous sommes très heureux, a dit Duze. Cela va sauver notre matériel de jeu. Nous jouions jusqu’à présent dans les espaces disponibles en plein milieu de la cité, mais c’est plein de saletés. Cela abîmait nos clubs. Maintenant, nous allons pouvoir vraiment nous améliorer». Coordinateur du projet, Lungile Mbalo, a indiqué que le practice de Khayelitsha était la première installation golfique dans les Cape Flats, un ensemble de cités noires et métisses des environs du Cap, bastion du gangstérisme dans la région. «Nous espérons que le practice ne sera pas utilisé uniquement par les golfeurs, mais aussi par les jeunes qui s’ennuient parce qu’il n’y a rien à faire. Les gens sont poussés vers la criminalité parce qu’il n’y a pas de loisirs par ici», a dit Mbalo. Le practice d’environ 5 hectares, comprend 50 tapis d’entraînement – avec suffisamment d’espace pour en installer 50 supplémentaires – cinq greens pour le putting et l’entraînement au petit jeu. Il en a coûté 750 000 rands (environ 115 000 dollars), financé par la Fondation Amy Biehl. Selon Peter Biehl, père d’Amy et animateur de la fondation, le souci est de maintenir les prix d’accès à des niveaux aussi accessibles que possible, 50 % moins cher qu’ailleurs. Sa fille, âgée de 26 ans, avait été lapidée puis tuée à coups de couteau, simplement parce qu’elle était Blanche, dans une autre township des Cape Flats, à Gugulethu, en août 1993.
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