Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les conservateurs font feu de tout bois pour affaiblir le président

En muselant la presse modérée et en multipliant les procès à caractère politique, les conservateurs font feu de tout bois pour affaiblir le président Mohammad Khatami, estiment les analystes. «Aujourd’hui, tout est fait pour affaiblir M. Khatami, dont les conservateurs savent l’immense soutien populaire, dont ils ne doutent pas de la loyauté envers la République islamique, mais dont la politique leur déplait», explique Iradj Rachti, politologue irano-allemand. «Les conservateurs multiplient les coups et profitant de ce que le Guide, l’ayatollah Ali Khamenei, garde l’essentiel du pouvoir, et que la justice, le Conseil de surveillance – juge des élections – et bien d’autres institutions du régime restent entre leurs mains», ajoute-t-il. «S’en prendre à la presse et au ministre de la Culture et de l’Orientation islamique Ataollah Mohadjerani, qu’ils veulent acculer à la démission, ou à des religieux progressistes, est une stratégie payante. Elle peut user, épuiser politiquement le président», poursuit-il. «Un (autre) atout (de cette stratégie) a été de maintenir le doute sur le deuxième tour des législatives, car M. Khatami et les réformateurs ont tout misé sur le prochain Parlement, où ils seront ultramajoritaires», après le raz de marée en leur faveur du premier tour, le 18 février, et «veulent à tout prix éviter affrontements et violence», a déclaré de son côté l’analyste Khosro Abedi. Les conservateurs ont «frôlé la ligne rouge qui aurait été d’annuler les élections, ou d’interdire le quotidien Mocharekat», l’organe politique du Front de la participation, le grand vainqueur des élections, estime-t-il. M. Abedi évoque également la pression de la justice. «Il y a une multitude d’affaires où la justice est au premier rang : le procès des juifs accusés d’espionnage, celui des policiers qui ont réprimé les étudiants en juillet 1999, celui des agresseurs du dirigeant réformateur Saïd Hajarian. Dans tout cela, Khatami n’a pratiquement pas son mot à dire», note-t-il. «C’est une ultime tentative des conservateurs pour essayer de limiter les dégâts des législatives», explique de son côté l’analyste Daryoush Abdâli. «Le courant réformateur, sans outil médiatique, alors que tous les autres médias sont entre les mains des conservateurs aura bien du mal à se faire entendre, c’est pourquoi ce courant appelle au calme et a les yeux exclusivement rivés sur le prochain Parlement. Mais ce pari démocratique est risqué», dit-il. L’analyste Mehrdad Serjooie évoque dans le quotidien réformateur de langue anglaise Iran News la «tactique du salami» des conservateurs, qui consiste à «découper en tranches» la politique de M. Khatami, pour prouver à ses partisans qu’il est incapable de traduire en actes ses slogans électoraux. Il estime que «la survie politique (du président) dépend de la cohésion et de la coopération entre tous les groupes du Front du 2 Khordad (rassemblement de tous les partisans de M. Khatami à la présidentielle du 23 mai 1997)». «Un petit trou peut faire couler un grand navire, et c’est ce que les opposants de M. Khatami cherchent», ajoute l’analyste.
En muselant la presse modérée et en multipliant les procès à caractère politique, les conservateurs font feu de tout bois pour affaiblir le président Mohammad Khatami, estiment les analystes. «Aujourd’hui, tout est fait pour affaiblir M. Khatami, dont les conservateurs savent l’immense soutien populaire, dont ils ne doutent pas de la loyauté envers la République islamique, mais dont la politique leur déplait», explique Iradj Rachti, politologue irano-allemand. «Les conservateurs multiplient les coups et profitant de ce que le Guide, l’ayatollah Ali Khamenei, garde l’essentiel du pouvoir, et que la justice, le Conseil de surveillance – juge des élections – et bien d’autres institutions du régime restent entre leurs mains», ajoute-t-il. «S’en prendre à la presse et au ministre de la Culture et de...