Le dollar est resté confiné dans d’étroites limites au point supérieur d’intervention de la Banque du Liban (BDL) hier à Beyrouth, dans un marché rendu très prudent par une conjoncture régionale fluide à deux mois du retrait israélien du Liban-Sud. Le maintien par la BDL de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente a servi encore une fois à faire clôturer le dollar au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande en cette monnaie, les établissements de crédit ont continué de le négocier au haut de cette fourchette et très rarement en dehors de la BDL, en l’absence d’intérêts particuliers à la vente même à ce niveau. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle aurait dépassé quelque dix millions de dollars, en grande partie placés à la vente à 1 514,00 LL par la BDL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Coup d’arrêt à la baisse de l’euro en attendant la décision de la BCE sur les taux À l’étranger, l’euro a repris un peu son souffle face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après les records de baisse enregistrés la veille, mais il est resté très fragile à la veille de la réunion aujourd’hui du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) et de la publication des chiffres sur la croissance économique aux États-Unis au premier trimestre 2000. Bien qu’il n’y ait pas de raison fondamentale au nouvel accès de faiblesse de l’euro depuis jeudi dernier, les cambistes soulignent qu’il n’y a pas non plus de raison pour qu’il se reprenne, étant donné le peu de soutien apporté à la monnaie unique par les autorités européennes. Les analystes n’excluent pas que l’euro reparte à la baisse et casse le seuil psychologique de 0,90 dollar dans les prochains jours. À cet égard les cambistes, qui attendent la décision de la BCE sur les taux aujourd’hui, doutent qu’une hausse d’un quart de point en pourcentage de son principal taux directeur (le REFI) réussisse à enrayer la chute de l’euro. Par ailleurs, les opérateurs observeront de près la publication aujourd’hui des premières estimations sur la croissance américaine au premier trimestre 2000, qui devraient faire état d’un taux d’environ 6 %, selon les prévisions. La vigueur de l’économie américaine, plus accentuée que celle de la zone euro, est défavorable à la monnaie unique européenne. De leur côté, les responsables politiques de la zone euro, parmi lesquels le chancelier allemand Gerhard Schroeder et le ministre français des Affaires européennes Pierre Moscovici, n’ont pas semblé s’inquiéter de la dégringolade de l’euro. Quant à la Commission européenne, elle ne fait pas de commentaire à ce stade tout en maintenant sa confiance dans la monnaie unique. La seule voix de la BCE à s’élever depuis la chute de la veille a été celle du gouverneur de la Banque centrale d’Autriche, Klaus Liebscher, membre de droit du conseil des gouverneurs, indiquant que la BCE est «préoccupée» par la chute de l’euro, mais ne sombre pas dans la panique. Pour ce qui est des autres monnaies, le yen est resté fragile face au dollar, souffrant de la baisse de la Bourse de Tokyo. De son côté, la livre sterling s’est ressentie de l’annonce hier d’une baisse de la confiance des industriels britanniques depuis le début de l’année alors qu’elle s’était améliorée à la fin de l’année dernière, selon la dernière enquête de la Confédération de l’industrie britannique (CBI). L’annonce hier d’une augmentation plus forte que prévu de 2,6 % des commandes de biens durables aux États-Unis le mois dernier, contre une diminution de 2 % en février, ne devait avoir aucun impact sur le dollar qui est resté généralement soutenu, se négociant à New York comme suit : – 0,9245 pour un euro contre 0,9205, la veille – 1,5765 pour un sterling contre 1,5810 – 2,1160 DM contre 2,1250 – 7,0975 FF contre 7,1270 – 1,7020 FS contre 1,7080 – 2 094,95 lires contre 2 103,75 – 106,25 yens contre 106,30. Bourse de Beyrouth : irrégularité de la tendance À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été partagée hier entre la hausse des actions A de Solidere et la baisse des actions C de la Byblos Bank, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a très légèrement augmenté de 0,08 % à 68,01 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires a abandonné 0,13 % à 155,71 points. Ce mouvement s’est produit, comme à l’accoutumée, dans des volumes d’affaires très minces, ne dépassant pas au total 39 453 actions d’une valeur globale de 136 968 dollars. Volatilité de Wall Street Sur les places boursières internationales, le marché américain a été orienté à la baisse hier, après un départ mitigé, les deux principaux indices, le Nasdaq et le Dow Jones des industrielles, ayant cédé du terrain au lendemain de leur nette reprise de la veille. De fait, nombre d’opérateurs, après avoir tenté en début de journée de prolonger le mouvement de hausse de la veille, ont recommencé à vendre dans l’attente de la publication aujourd’hui de la première estimation de la croissance américaine au 1er trimestre 2000, alors que des analystes font état d’ores et déjà d’une progression du produit intérieur brut (PIB) américain de 6 % durant cette période, laissant craindre un prochain resserrement monétaire pour éviter une surchauffe de l’économie américaine. Le marché obligataire, très chahuté la veille, n’a pas pour autant réagi à ces perspectives de nouvelle hausse des taux américains, alors que les investisseurs corrigeaient partiellement le mouvement de la veille. Cela étant, plusieurs grandes valeurs de la haute technologie, de l’Internet et de la biotechnologie ont dû subir de nouvelles turbulences. Il en est de même des financières, des pétrolières et des industrielles. En effet, l’indice Nasdaq a cassé à la baisse le seuil des 3 700 points, alors que le Dow Jones des 30 vedettes industrielles fléchissait d’un plus haut à 11 141,88 points à un plus bas à 10 961,66 points, avant d’afficher en préclôture 10 980,35 points, en baisse de 144,47 points sur la veille. Hausse des Bourses européennes avec les technologies Les Bourses européennes ont terminé dans l’ensemble en hausse mercredi grâce au bon comportement des valeurs technologiques, mais dans un contexte incertain en raison de la volatilité de Wall Street. La Bourse de Paris s’est adjugée 1,02 %, Francfort 1,48 %, Amsterdam 0,49 %, Bruxelles 1,45 %, Zurich 0,06 % et Madrid 0,49 %. Londres a en revanche perdu 0,42 % et Milan fermera à 16h GMT en raison d’un problème technique. L’indice Eurotop 300 a gagné 0,71 % et l’Euro STOXX 501,64 %. Selon plusieurs intervenants, la bonne tenue des valeurs technologiques américaines s’est répercutée en Europe. Certains analystes mettent toutefois en garde contre l’évolution des technologiques européennes qui deviennent, selon eux, plus chères que leurs homologues des États-Unis. «J’hésite à parler d’une opportunité fabuleuse d’achat. Évidemment, elles ne sont plus aussi surévaluées qu’il y a quelque temps et il existe des valeurs qui restent attractives à ce niveau mais je pense que nous réagissons de façon un peu prématurée ici», a estimé Matthias Jörss de BHF Bank. Le fabricant britannique d’ordinateurs de poche Psion a gagné 15,13 %, en réaction à l’annonce d’un accord de licence avec le géant japonais de l’électronique grand public Sony Corp pour l’utilisation de sa plate-forme logicielle Symbian. L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé en baisse mercredi après être momentanément passé sous la barre des 18 000 points pour la première fois depuis six mois. Des investisseurs ont en effet pris leur bénéfice sur des valeurs qui avaient fortement monté à la faveur de leur entrée lundi dans l’indice. Le Nikkei 225 a terminé sur une baisse de 138,02 points, soit 0,76 %, à 18 134,31, son plus bas en clôture depuis le 21 décembre. Il avait reculé dans l’après-midi jusqu’à 17 948,36, en baisse de 1,8 % sur mardi, pour la première fois à moins de 18 000 depuis le 2 novembre. Toutefois, le marché dans son ensemble s’est mieux comporté que le Nikkei, se raffermissant dans le sillage des valeurs de haute technologie et l’indice Topix des valeurs de la première section de la cote a terminé sur un léger gain de 2,61 points, soit 0,16 %, à 1 667,89, pour sa septième séance de hausse consécutive. Les professionnels expliquent la volatilité du Nikkei ces derniers temps surtout par les répercussions de la modification de la composition de l’indice intervenue lundi. «Malgré la baisse du Nikkei, le Topix est fondamentalement à la hausse et il ne faut donc pas s’inquiéter de l’orientation du marché dans son ensemble, observe Hidenori Karaki, de Tokyo Mitsubishi Personal Securities. Le Nikkei est orienté à la baisse en raison de facteurs qui lui sont propres». L’indice Nikkei 300 a quant à lui cédé 1,79 point (0,55 %), à 323,49. Sur la première section de la cote, on a dénombré 685 valeurs en baisse pour 535 en hausse, dans un volume d’échanges de 551 millions d’actions après 537 millions mardi. Les valeurs nouvellement introduites dans le Nikkei ont subi des ventes, à la fois, par des investisseurs qui en avaient acheté la semaine passée et par des gérants de fonds calqués sur indices. Des professionnels disent aussi avoir constaté des ajustements de positions opérés à l’approche des congés de la semaine prochaine au Japon, mercredi, jeudi et vendredi. Toutefois, la tendance s’est quelque peu améliorée en fin de journée, grâce à des achats à bon compte par des institutionnels nippons.
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