Le terme «placebo» (du latin «je plairai») désigne une substance inactive qui arrive à soulager et même, dans certains cas, à guérir. Un vrai faux remède à base de sucre, de l’eau... Pouvoir surnaturel du médecin ou autosuggestion du patient? L’explication se profile aujourd’hui de façon plus claire, quand on parle de «réflexes conditionnés». Dans l’inconscient du sujet, l’ambiance et l’environnement médicaux sont associés aux soins. Les remèdes administrés sont supposés le guérir, «ils sont prévus pour ça». Il est par ailleurs exclu que le médecin prescrive une substance inactive. La confiance est donc totale de la part du patient. Son esprit va ainsi influencer son corps et, par action psychosomatique, des mécanismes de défense vont se mettre à l’œuvre. Il a été prouvé qu’à la suite de la prise d’un placebo, l’organisme se met à fabriquer des endorphines, substances à action calmante, légèrement euphorisante. Une mystérieuse alchimie s’ensuit, les symptômes s’estompent, la douleur s’apaise. S’il convient au patient, le placebo agit très vite, bien plus rapidement qu’un vrai médicament. D’après des expériences faites, ce faux remède agit en soixante minutes quand l’aspirine exige deux heures pour produire le même effet. Fait curieux, le placebo peut entraîner des effets toxiques ou secondaires, à l’instar d’une molécule active. On parle alors d’effet «nosebo». Les manifestations sont nombreuses: somnolence, migraine, nausée, inconfort général, fatigue ou agitation. Quel est l’intérêt de l’utilisation des placebos dans la pratique médicate? En premier lieu, potentialiser l’effet des vrais médicaments ou encore permettre de faire une pause dans un traitement agressif ou encore «renforcer» l’action des vrais médicaments en suscitant la mobilisation des défenses du malade même. Dans quels cas sont-ils particulièrement utiles? Dans les migraines, les ulcères, l’anxiété, l’asthme, l’arthrite chronique, l’hypertension. Plus vrais que les vrais Peut-on reconnaître les placebos? Ils existent en comprimés, suppositoires, inhalations, sirops, même en injections ou gouttes qui, de l’aveu des hommes de sciences, sont les plus efficaces car, obligé à compter les gouttes, le patient participe activement au traitement, augmentant ses chances de guérison. La présentation de tous ces produits fait l’objet de soins particuliers. Leur conditionnement très étudié veille à ne susciter aucune méfiance chez l’utilisateur. Car pour inspirer la confiance nécessaire, le placebo doit bien jouer son rôle de remède authentique. Ainsi, certains comprimés sont minuscules, créant l’impression d’une action très puissante, devant être dosée et prescrite avec une grande prudence. D’autres, en revanche, se présentent en gros cachets volumineux, faisant croire qu’ils contiennent une grande variété de principes actifs. Il est à signaler aussi que, dans certains cas, la modification de la dose intervient dans l’action du placebo. À l’image d’une molécule active, ces faux médicaments peuvent entraîner non seulement des effets secondaires mais également, dans certains cas, une vraie dépendance! Le malade est incapable de vivre sans son (faux) remède. C’est particulièrement le cas pour les faux tranquillisants. Des «placebomanes» manifestèrent des symptômes flagrants de manque, proches de ceux de la morphine mais d’une moindre intensité, quand en fait leur drogue n’était que du lactose en comprimés.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le terme «placebo» (du latin «je plairai») désigne une substance inactive qui arrive à soulager et même, dans certains cas, à guérir. Un vrai faux remède à base de sucre, de l’eau... Pouvoir surnaturel du médecin ou autosuggestion du patient? L’explication se profile aujourd’hui de façon plus claire, quand on parle de «réflexes conditionnés». Dans l’inconscient du sujet, l’ambiance et l’environnement médicaux sont associés aux soins. Les remèdes administrés sont supposés le guérir, «ils sont prévus pour ça». Il est par ailleurs exclu que le médecin prescrive une substance inactive. La confiance est donc totale de la part du patient. Son esprit va ainsi influencer son corps et, par action psychosomatique, des mécanismes de défense vont se mettre à l’œuvre. Il a été prouvé qu’à la suite...