Dix hommes et une femme ont été crucifiés hier aux Philippines à l’occasion d’un rituel condamné par l’Église catholique, mais qui ne s’en perpétue pas moins tous les ans. Plusieurs centaines de personnes, des curieux et des touristes étrangers, ont assisté sous un chaud soleil à cette crucifixion censée rappeler le martyre de Jésus-Christ, il y a 2 000 ans. Des Philippins ceints de tuniques de centurions romains, des croix de bois, des marteaux et des clous de 10 cm de long attendaient les candidats à la passion du Christ. Pourtant, Chito Sangalang, conducteur d’autobus, n’a pas pu s’empêcher de grimacer de douleur lorsque les clous ont traversé ses paumes et ses pieds. Sa croix a ensuite été brièvement dressée pour que le public ne perde rien de son martyre avant qu’il ne soit libéré. «C’est stupéfiant de voir des gens se sacrifier pour leurs péchés», a commenté Rey New, une touriste américaine âgée de 40 ans. Tour à tour, les dix hommes ont pris place sur la croix avant que l’unique femme du jour ne soit crucifiée la dernière. C’est la quatorzième année de crucifixion pour Sangalang. Son frère Arnel a, lui, été crucifié sept fois. Chito Sangalang a ensuite expliqué à la presse qu’il se soumettait à ce rituel de douleur pour remercier Dieu d’avoir guéri sa mère de la tuberculose. «J’ai promis de faire cela pendant 15 ans, c’est ma 14e année», a-t-il dit. Le «spectacle» avait commencé avec l’arrestation de Sangalang par des légionnaires romains qui l’ont traîné jusqu’à Ponce Pilate, en l’occurrence un Philippin ayant accepté de jouer le rôle ingrat du gouverneur romain ayant permis la crucifixion du Christ. Il a ensuite marché pendant un kilomètre jusqu’à un tertre artificiel où il a été brièvement crucifié. Pour plus de crédibilité, ses «gardes» ont fait semblant de le transpercer à coups de lance. Les clous, trempés au préalable dans l’alcool, lui ont ensuite été retirés. En marge de ces crucifixions, des dizaines de pénitents ont arpenté pieds nus les rues du village de San Pedro Cutud, en se flagellant à l’aide de baguettes «ornées» de morceaux de verre. L’Église catholique a condamné ces expressions de cruauté obscurantiste, mais les pénitents n’en ont cure, cherchant par ce sacrifice à obtenir les faveurs du Créateur. «La foi est importante, mais sans tomber dans les extrêmes», a déclaré à ce sujet le cardinal Jaime Sin, plus haute autorité de l’Église catholique aux Philippines. Les Philippins, catholiques fervents depuis la colonisation espagnole en 1521, forment la plus importante communauté chrétienne d’Asie. La foi catholique est parvenue à supplanter aux Philippines l’islam et l’animisme, pourtant bien implantés avant l’arrivée des Espagnols, à l’exception du sud de l’archipel, sur l’île de Mindanao, où vit toujours une importante minorité musulmane.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dix hommes et une femme ont été crucifiés hier aux Philippines à l’occasion d’un rituel condamné par l’Église catholique, mais qui ne s’en perpétue pas moins tous les ans. Plusieurs centaines de personnes, des curieux et des touristes étrangers, ont assisté sous un chaud soleil à cette crucifixion censée rappeler le martyre de Jésus-Christ, il y a 2 000 ans. Des Philippins ceints de tuniques de centurions romains, des croix de bois, des marteaux et des clous de 10 cm de long attendaient les candidats à la passion du Christ. Pourtant, Chito Sangalang, conducteur d’autobus, n’a pas pu s’empêcher de grimacer de douleur lorsque les clous ont traversé ses paumes et ses pieds. Sa croix a ensuite été brièvement dressée pour que le public ne perde rien de son martyre avant qu’il ne soit libéré. «C’est...