L'exposition à la dioxine ou aux défoliants menace les vétérans (photo)
le 21 avril 2000 à 00h00
Vingt-cinq ans après la fin de la guerre du Vietnam, les vétérans américains, qui ont atteint maintenant la cinquantaine, sont menacés de maladies qui seraient la conséquence des combats livrés dans leur jeunesse. Ces survivants, environ 2,8 millions d’hommes et de femmes partis vers l’âge de 20 ans, qui ont aujourd’hui en moyenne 52 ans, pourraient notamment souffrir d’avoir été exposés à la dioxine, génératrice de cancers, ou à un herbicide, «l’agent orange», selon Linda Schwartz, spécialiste de la santé publique à l’Université de Yale et elle-même vétéran du Vietnam. «Le délai entre le moment de la première exposition et celui des symptômes et de l’apparition des cancers est de 25 à 30 ans», indique-t-elle. «Ainsi, le temps est venu». Entre 1962 et 1971, l’armée américaine a répandu au Vietnam plus de 70 millions de litres d’«agent orange» dans le cadre de l’opération «Ranch Hand» pour détruire la jungle où pouvaient se cacher les Vietcongs et les forces nord-vietnamiennes. Près de 30 ans après, les conséquences de l’usage de ce défoliant restent largement inconnues. On ignore aussi combien de vétérans ayant servi en Asie du Sud-Est ont été exposés à la dioxine, le degré de leur exposition ou les effets à long terme de cette exposition. La plus vaste étude épidémiologique sur les effets de cette exposition, l’étude «Ranch Hand», menée par l’armée de l’air, est trop étroitement ciblée pour pouvoir être généralisée, selon les chercheurs des forces armées qui viennent de rendre publics leurs travaux. Cette étude porte seulement sur un échantillon de 1 000 vétérans qui ont participé au largage du défoliant. Ces vétérans de l’opération «Ranch Hand» ont jusqu’à 47 fois plus de risques de contracter des diabètes, selon les chercheurs, et 26 fois plus de risques de souffrir de maladies cardiaques. Cependant, cette étude n’a établi aucune preuve de risques accrus de cancer bien que l’exposition à la dioxine ait été liée à l’apparition de cette maladie dans les travaux de laboratoire. «Plus la fréquence de la maladie s’accroît, plus notre pouvoir de la détecter augmente. Les prochaines années sont critiques», selon le responsable de l’étude, Joel Michalek. Les vétérans du Vietnam ont droit à des compensations financières pour neuf maladies que l’administration présume liées à l’exposition à la dioxine dont la maladie d’Hodgkin, les myélomes multiples, les cancers des voies respiratoires ou les cancers de la prostate. Selon une autre étude menée à l’Université de Yale en 1998 par Linda Schwartz, les femmes ayant servi au Vietnam souffrent d’un taux élevé de cancers de toutes sortes, de scléroses multiples, de tuberculose. «Nous avons découvert que ces femmes faisaient plus de fausses couches et avaient plus d’enfants morts-nés», relève-t-elle.
Vingt-cinq ans après la fin de la guerre du Vietnam, les vétérans américains, qui ont atteint maintenant la cinquantaine, sont menacés de maladies qui seraient la conséquence des combats livrés dans leur jeunesse. Ces survivants, environ 2,8 millions d’hommes et de femmes partis vers l’âge de 20 ans, qui ont aujourd’hui en moyenne 52 ans, pourraient notamment souffrir d’avoir été exposés à la dioxine, génératrice de cancers, ou à un herbicide, «l’agent orange», selon Linda Schwartz, spécialiste de la santé publique à l’Université de Yale et elle-même vétéran du Vietnam. «Le délai entre le moment de la première exposition et celui des symptômes et de l’apparition des cancers est de 25 à 30 ans», indique-t-elle. «Ainsi, le temps est venu». Entre 1962 et 1971, l’armée américaine a répandu...
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