Tony Blair et son homologue irlandais Bertie Ahern ont évalué jeudi à Londres les espoirs de relance du processus de paix en Irlande du Nord, à l’aune d’un communiqué pascal de l’IRA qui laisse mal augurer d’un déblocage sur la question essentielle du désarmement. Deux ans après la signature de l’accord historique du Vendredi Saint d’avril 1998, censé tourner définitivement la page sur 30 ans de troubles sanglants dans la province britannique, les deux Premiers ministres coparrains de la formule de règlement actuellement entre parenthèse se sont bien gardés d’éveiller l’espoir d’une subite percée. M. Blair s’est ainsi déclaré convaincu «des opportunités considérables» à portée de main, mais pour ajouter tout aussitôt : «Plus que jamais, nous avons un sentiment de frustration». Mardi, le chef du gouvernement britannique avait eu des entretiens officiellement qualifiés de «constructifs» avec les responsables des partis politiques catholiques et protestants nord-irlandais, à Hillsborough Castle, près de Belfast, puis avec M. Ahern, à Dublin. Le processus de paix a subi un brusque coup d’arrêt en février dernier, quand Londres a suspendu les institutions autonomes d’Ulster après deux mois à peine d’existence, et a repris le contrôle direct de la province en raison de l’absence de désarmement de l’armée républicaine irlandaise. Depuis lors, selon l’expression retenue jeudi par le Guardian, proche des travaillistes au pouvoir à Londres, l’accord est maintenu en vie «sous assistance respiratoire». L’IRA, au même titre que les autres forces paramilitaires d’Irlande du Nord, est censée abandonner son arsenal avant la date butoir désormais hors d’atteinte du 22 mai 2000, aux termes de l’accord du Vendredi Saint. Or, dans son message annuel commémorant l’anniversaire du soulèvement républicain de Pâques 1916 à Dublin, le principal groupe armé en cessez-le-feu depuis juillet 1997 s’est abstenu d’offrir la moindre garantie nouvelle. Le principal élément positif est que son texte ne préconise pas le retour à la lutte armée. Pour le reste, il reprend la rhétorique d’usage condamnant «les actes de pure mauvaise foi» de Londres et des protestants unionistes, rendus responsables de l’impasse politique. Au lieu de cela, Londres et Dublin espéraient une ouverture, afin de convaincre les protestants du caractère irréversible de la conversion de l’IRA à la démocratie, et les amener à accepter de siéger à nouveau au sein d’un gouvernement biconfessionnel. «Je pense que le processus de paix est mort. Je suis convaincu qu’ils (l’IRA) n’ont aucune intention de rendre les armes», affirmait jeudi William Thompson, l’un des députés ultra du principal Parti unioniste (UUP) qui ont contribué à radicaliser le débat ces derniers mois.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tony Blair et son homologue irlandais Bertie Ahern ont évalué jeudi à Londres les espoirs de relance du processus de paix en Irlande du Nord, à l’aune d’un communiqué pascal de l’IRA qui laisse mal augurer d’un déblocage sur la question essentielle du désarmement. Deux ans après la signature de l’accord historique du Vendredi Saint d’avril 1998, censé tourner définitivement la page sur 30 ans de troubles sanglants dans la province britannique, les deux Premiers ministres coparrains de la formule de règlement actuellement entre parenthèse se sont bien gardés d’éveiller l’espoir d’une subite percée. M. Blair s’est ainsi déclaré convaincu «des opportunités considérables» à portée de main, mais pour ajouter tout aussitôt : «Plus que jamais, nous avons un sentiment de frustration». Mardi, le chef...