La belle épopée de Lens s’est achevée en demi-finale de la coupe de l’UEFA avec sa défaite deux buts à un face à Arsenal, hier au stade Félix-Bollaert. A l’aller, il y a deux semaines en Angleterre, les Lensois s’étaient inclinés 1-0. Arsenal affrontera en finale les Turcs du Galatasaray qui ont éliminé les Anglais de Leeds. «Au début, nous étions un peu perdu dans cette coupe de l’UEFA, nous voulions poursuivre en Ligue des champions. Mais finalement, je suis content de notre parcours et nous allons tout faire pour gagner cette coupe», a assuré Arsène Wenger, l’entraîneur français des «Gunners». Handicapés par ce but de retard encaissé à Londres, les Lensois tentaient dès les premières secondes d’emballer le match. Au point d’inquiéter, par deux fois, la troupe d’Arsène Wenger dans le premier quart d’heure. Après un bon «une-deux» entre Lamine Sakho et Philippe Brunel, Sakho, bien lancé, semblait partir seul à la rencontre du gardien anglais, David Seaman, mais un contrôle de balle approximatif laissait le temps au duo Lee Dixon-Martin Keown de revenir pour écarter le danger (10e). Sakho encore lui, héritant d’une bonne déviation instantanée du talon de Pascal Nouma, eut une deuxième chance. Éxcentré sur le flanc gauche, il tenta sa chance sur un tir aux dix mètres, ce qui obligea Seaman à se coucher. Passée cette légère secousse, Arsenal se mit à développer son jeu grâce à une meilleure occupation du terrain. Sous les yeux de 2 500 supporters britanniques, Thierry Henry frappait une première fois à côté (21e), suivi immédiatement par Ray Parlour, qui des 15 mètres, contraignait Guillaume Warmuz, le gardien lensois, à s’interposer pour la première fois. La menace s’intensifiait devant le but «sang et or». Henry fut à deux doigts de catapulter le ballon au fond des filets sur des centres de Parlour. Puis ce fut au tour de l’ancien Monégasque de lancer Dennis Bergkamp, dont la frappe croisée, frôlait la cage nordiste. Fort logiquement, Arsenal obtenait la récompense de ses efforts. Dos au but, Thierry Henry, après s’être déjoué du marquage de José Pierre-Fanfan grâce à un petit crochet, expédiait un tir enveloppé aux abords de la surface de réparation, ne laissant aucune chance à Warmuz, 0-1 à la 43e minute. Nouma égalise Avant le repos, Pascal Nouma, quasiment seul face à Seaman, gâchait une belle occasion d’égaliser. Mais il manquait d’application au moment de placer sa tête. Au retour des vestiaires, la mécanique des «Gunners» tournait de plus belle, sauf au moment de la conclusion. Emmanuel Petit, seul face à Warmuz, tergiversait trop (49e) puis Henry frappait sur le poteau (52e). Mais en marquant à Lens, il a poursuivi sa série. «Titi» a en effet systématiquement trouvé le chemin des filets, au moins une fois, lors des sept derniers matches qu’il a disputés. Arsenal continuait à étaler sa puissance, son intelligence et sa sérénité. À peine entrée en jeu (70e), Marc Overmars voyait sa tentative détournée in-extrémis sur la ligne par Valérien Ismaël. Pourtant, sur un centre de Charles-Edouard Coridon, Pascal Nouma égalisait de la tête (73e). Cala ne changeait pourtant rien à la philosophie des débats. Tellement rien que Nouma, seul face à Seaman, envoyait le ballon dans les nuages (83e) alors que Nwanko Kanu, bénéficiant d’un bon travail d’Overmars, apportait une victoire méritée aux siens (86e). «C’est une grosse déception. On a bataillé, on a eu des occasions qui auraient pu tout changer, y compris une que j’ai obtenue en début de match. Mais nous pouvons être content du chemin que nous avons parcouru et de la façon dont on s’est battu», a conclu l’attaquant Lamine Sakho qui, la saison dernière encore, évoluait en deuxième division. Galatasaray résiste à la pression Pour sa part l’équipe turque de Galatasaray a parfaitement négocié son périlleux déplacement en Angleterre, en tenant tête (2-2) à Leeds United, dans un match à haut risque qui a provoqué des incidents à l’intérieur et à l’extérieur du stade. Les Turcs qui avaient remporté le match aller sur le score de 2 à 0 se sont ainsi qualifiés pour la première fois de leur histoire à une finale européenne. Des affrontements entre la police britannique et des supporteurs de Leeds ont éclaté aux abords du stade d’Elland Road, peu de temps avant le coup d’envoi, et la police du West Yorkshire (nord) a procédé à 12 interpellations, a indiqué un porte-parole. Une équipe de télévision turque, puis quatre journalistes de la BBC, trois hommes et une femme, ont été pris à partie par des supporteurs à l’extérieur du stade, un quart d’heure avant le coup d’envoi. «Deux reporteurs et deux cameramen ont dû être escortés par la police, mais n’ont pas été sérieusement blessés», a indiqué un porte-parole de la BBC. Environ 40 supporteurs ont chargé l’équipe de télévision, les bloquant contre une palissade, avant que la police n’intervienne. À l’intérieur du stade, lors des deux buts de Galatasaray, par Hagi sur penalty (5) et Hasan Sukur juste avant la mi-temps (42), plusieurs dizaines de fans de Leeds se sont tournés vers le banc de la presse turque, certains hurlant des insultes et faisant des gestes obscènes. Les buts de Leeds ont été marqués par Bakke (16, 66). À l’aller, Galatasaray l’avait emporté 2 à 0, un match endeuillé par la mort de deux supporteurs de Leeds, poignardés la veille de la rencontre par des fans du club turc.
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