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Actualités - Chronologie

Energie L'industrie pétrolière veut éradiquer les chauffards de la mer

Restée muette après le naufrage de l’Erika, en décembre, l’Union française des industries pétrolières (UFIP) a plaidé en faveur de la création d’une agence maritime européenne et d’une intervention de la puissance publique pour bannir les navires dangereux. «Il faut éliminer les chauffards de la mer pour éviter le plus grand nombre d’accidents. Pour cela, il faut améliorer le “code de la route” européen – les réglementations maritimes – et renforcer les contrôles», a martelé le président de l’UFIP Philippe Trépant. Prise de conscience tardive ou crainte d’être accusé de «rouler» uniquement pour les pétroliers, cet organisme était jusqu’à présent demeuré silencieux sur la marée noire de l’Erika, mais avait néanmoins signé en février la charte de sécurité maritime, rédigée sous l’égide du ministre des Transports Jean-Claude Gayssot. «La puissance publique doit faire pression pour repérer et bannir les navires dangereux», a souligné M. Trépant. L’amélioration de la sécurité des transports «n’est pas seulement une affaire économique pour l’industrie pétrolière mais une affaire de volonté politique» a-t-il poursuivi. Nous voulons que les pouvoirs publics français et européens prennent leurs responsabilités». Aujourd’hui, les États du pavillon sont défaillants (pavillons de complaisance), les inspections du port souvent insuffisantes, le vetting (contrôles effectués par l’affréteur) trop limité et la base de données Sire des pétroliers, incomplète, a reconnu M. Trépant. «Nous savons bien aussi que les inspections sont très rapides dans certains ports, qui ne veulent pas être désertés au profit d’autres moins regardants et qui ont la réputation de ne pas immobiliser trop longtemps les bateaux...», a-t-il admis. «Nous demandons que les affréteurs puissent avoir accès à tous les documents concernant l’histoire et l’état des navires, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui». Il faut aussi «créer une agence maritime européenne et un vetting européen, a-t-il réclamé. Cela ne sera pas facile, chaque État étant jaloux de ses prérogatives». «Je trouve aussi très dommage qu’un pays tel que la France n’ait pas de politique de flotte maritime», a-t-il renchéri. Quelque 300 000 bateaux passent par le rail d’Ouessant chaque année, a-t-il rappelé. M. Trépant présentait le bilan 1999 de l’industrie pétrolière française, dont le bénéfice dans l’activité de raffinage et de distribution a accusé une chute de 5,3 milliards de francs, avec un résultat après impôts de 0,8 mds FF, soit 7,6 fois moins que l’année précédente (6,1 mds FF). Cette «dégringolade» sévère résulte de la hausse continue des cours du pétrole brut, qui s’est traduite par une augmentation des coûts de l’énergie consommée (une raffinerie «mange» en moyenne 6 % de ce qu’elle produit) et par la pression sur les marges, résultant des délais du marché à répercuter les variations des cours du brut sur les prix de vente des produits finis. Le président de l’UFIP a réclamé à nouveau une réforme de la TVA sur les carburants (19,6 % depuis le 1er avril) et une réduction de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), déjà gelée sur le sans-plomb. «Pourquoi pas une exonération totale de TVA pour les carburants et une baisse de 7 centimes de la TIPP pour l’essence afin d’accélérer la réduction de l’écart de taxation entre essence et gazole ?», a-t-il suggéré aux pouvoirs publics qui appliquent depuis 1999 une hausse de 7 centimes de la TIPP sur le gazole, programmée chaque année pendant 7 ans.
Restée muette après le naufrage de l’Erika, en décembre, l’Union française des industries pétrolières (UFIP) a plaidé en faveur de la création d’une agence maritime européenne et d’une intervention de la puissance publique pour bannir les navires dangereux. «Il faut éliminer les chauffards de la mer pour éviter le plus grand nombre d’accidents. Pour cela, il faut améliorer le “code de la route” européen – les réglementations maritimes – et renforcer les contrôles», a martelé le président de l’UFIP Philippe Trépant. Prise de conscience tardive ou crainte d’être accusé de «rouler» uniquement pour les pétroliers, cet organisme était jusqu’à présent demeuré silencieux sur la marée noire de l’Erika, mais avait néanmoins signé en février la charte de sécurité maritime, rédigée sous...