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Actualités - Chronologie

Bulgarie La criminalité impunie déclenche un conflit avec les Tziganes

Les 600 habitants bulgares du village Metchka, dans le nord de la Bulgarie, sont résolus à faire expulser leurs 300 voisins tziganes qu’ils tiennent pour responsables de la criminalité impunie. Chaque maison bulgare a été volée, au moins une fois, au cours des dernières années dans ce village de la plaine du Danube, dont le nom signifie Ours. Début avril un paysan a été assassiné, la nuit, quand il est sorti chasser les voleurs. Depuis, l’indignation déborde. Les Bulgares du village ont signé une pétition demandant aux autorités «l’expulsion» des Tziganes du village. Tous les soirs, ils bloquent la route pour attirer l’attention sur leur ultimatum : «Les Tziganes dehors». Un blocus économique a été imposé : les magasins ne vendent pas aux Tziganes, et refusent d’acheter leur production laitière. Le politologue Deyan Kuranov a relevé le danger de «cette demande d’expulsion ethnique qui reviendrait à une purge ethnique». «Il ne s’agit pas d’un conflit ethnique ni de politique, mais de vols», a déclaré le maire Kiril Kirilov. «Je ne vois pas une solution du problème, une expulsion est impensable, mais au moins les familles des coupables pourraient être expulsées. Les droits de l’homme ne sont pas que pour les Tziganes». Petar Fotchev, 73 ans, tient le record avec 36 vols subis : 200 poules, 24 moutons, 22 canards, 8 dindes, 20 sacs d’haricots lui ont été dérobés depuis 1994. «J’installe des barbelés, les voleurs les coupent, je ferme la maison, les voleurs détruisent le mur», se plaint-il. «Les autorités ne font pas leur travail, la police sous-estime l’importance des vols. Les voleurs restent impunis, ils échappent à la justice en payant des pots-de-vin, voilà qu’ils ont tué un homme», conclut le vieil homme. «Les Tziganes s’installent aux confins du village et volent leurs voisins bulgares au point de les obliger à vendre leur maison», déclare une femme, montrant une maison dépouillée de portes et de fenêtres. «Les Bulgares partent, le village est en déclin, les prix de la propriété baissent, nos enfants n’ont pas d’avenir ici», se plaint-elle, les larmes aux yeux. Ali Rassimov, le doyen des Roms, juge pour sa part «totalement injuste d’affamer 300 personnes pour se venger d’un ou deux coupables». «La police a arrêté 12 des nôtres, mais ne cherche pas l’assassin auprès des Bulgares», déclare-t-il. Pour Rassimov le conflit n’est pas d’origine ethnique ni religieuse, mais démographique : «Ils ont un ou deux enfants, alors que nous en avons une dizaine», dit-il. «J’ai 4 fils, 2 filles et 48 petits-enfants. J’ai des maisons, des terres et du bétail. Je ne quitterai pas Metchka», déclare Rassimov. Pieds nus, un autre Rom, Mehmed, père de famille de 40 ans, explique : «Nous travaillons les terres des Bulgares, nous élevons du bétail, nous ne sommes pas des voleurs. Or, dans le magasin, on nous refuse du pain depuis deux semaines. Le lait de nos vaches n’est pas racheté. Est-ce de la démocratie, droits égaux pour tous?» «La responsabilité est personnelle, pas collective», a souligné le responsable administratif de la région Naïden Zelenogorski. La présence policière à Metchka a été renforcée, le parquet et le tribunal se sont engagés à relancer les procès suspendus. Pour Ognian Roussinov, du projet droits de l’homme du comité de Helsinki, le conflit à Metchka «illustre l’effet de l’indifférence des institutions» à l’égard de la criminalité et des problèmes des Tziganes dans tout le pays, dont la grande majorité sont au chômage. Un rapport du projet «droits de l’homme» publié dimanche fait état d’au moins 15 cas de «violence policière» à l’égard de Roms en 1999. De 1996 à 1999 au moins 5 Roms ont été tués «avec des motifs racistes», mais seulement un de ces crimes a été sanctionné par une peine de prison avec sursis. Le programme gouvernemental d’intégration des Roms qui prévoit des mesures en matière d’emploi, d’éducation et de représentation des Roms dans l’administration d’État «n’a pas avancé en un an», selon le rapport. Les Roms en Bulgarie sont estimés à 600 000 sur une population de 8,4 millions.
Les 600 habitants bulgares du village Metchka, dans le nord de la Bulgarie, sont résolus à faire expulser leurs 300 voisins tziganes qu’ils tiennent pour responsables de la criminalité impunie. Chaque maison bulgare a été volée, au moins une fois, au cours des dernières années dans ce village de la plaine du Danube, dont le nom signifie Ours. Début avril un paysan a été assassiné, la nuit, quand il est sorti chasser les voleurs. Depuis, l’indignation déborde. Les Bulgares du village ont signé une pétition demandant aux autorités «l’expulsion» des Tziganes du village. Tous les soirs, ils bloquent la route pour attirer l’attention sur leur ultimatum : «Les Tziganes dehors». Un blocus économique a été imposé : les magasins ne vendent pas aux Tziganes, et refusent d’acheter leur production laitière. Le...