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Actualités - Chronologie

Société - Menace sur les kissaten Tokyo, paradis des cafés

Rien n’est aujourd’hui plus facile que de déguster un petit noir sur le pouce à Tokyo, pris d’assaut par les chaînes de cafés, surtout américaines. Envie d’un espresso, d’un café glacé ou d’un cafe-latte? L’amateur n’a que le choix puisque, des sorties de métro aux tours de bureaux, les lieux stratégiques de la capitale nippone dégagent désormais une petite odeur de torréfaction. L’enseigne jaune et noir de Doutor est la plus facile à trouver. Depuis 1980, la chaîne japonaise a pris le marché à bras-le-corps et compte désormais 722 cafés, dont 373 à Tokyo. Son objectif est d’en ouvrir 3 000. La course aux meilleurs emplacements est vive avec l’Américain Starbucks, dont le logo, un élégant cercle vert, fleurit dans les quartiers à la mode. Il vient d’inaugurer son centième café et son objectif est d’«en ouvrir un par semaine», indique Kazuko Nakada, un porte-parole. Également ambitieuses sont les enseignes Seattle’s Best Coffee et Tully’s, venues de l’ouest des États-Unis, l’italienne Segafredo Zanetti, sans oublier les japonaises déjà bien implantées comme Pronto, Kohikan ou Café de Crié, à l’accent français. L’expansion accélérée de ces chaînes menace bon nombre de «kissaten», ces cafés traditionnels et familiaux qui offrent sièges en velours, musique sirupeuse et hôtesses en uniforme. Depuis l’ouverture du premier d’entre eux en 1888, ces «kissaten» ont occupé une place sociale de choix au Japon. Car «le café est l’un des rares endroits où il est possible de discuter affaires et rencontrer ses amis», témoigne Yoshiko Ida, 46 ans, assise dans l’un d’entre eux dans le quartier chic de Guinza. Il est en effet peu aisé d’inviter à domicile, souvent situé à une heure de train du centre, exigu et dans lequel cohabitent parfois trois générations. Authenticité C’est pour cela que les amateurs n’hésitaient pas à débourser une somme importante, de l’ordre de 500 yens (4,6 dollars), pour s’offrir une tasse, mais aussi la possibilité de s’asseoir le temps qu’il leur plairait. En 1980, Doutor débarque et bouleverse ces douces habitudes. «Notre patron, Hiromichi Toriba, est allé sur les Champs-Élysées, à Paris, tôt le matin. Il s’est aperçu que les hommes d’affaires ne se rendaient pas directement à leur bureau en sortant du métro. Ils s’arrêtaient prendre un café, debout, au comptoir. Nous avons adopté ce modèle», explique Koshin Yonekura, conseiller du président. Les cafés Doutor, qui n’offrent pas d’alcool, jouent la simplicité : décor fonctionnel et clair, un comptoir et quelques places assises. Le client ne débourse que 180 yens (1,7 dollar) pour un café normal mais il est prié de rapporter son plateau. Chez Starbucks, c’est un peu plus chic et cher. Les tables en bois et les tableaux aux murs veulent attirer les jeunes femmes, l’actuelle cible de choix du commerce nippon. Très à la mode aussi, l’italien Segafredo compte cinq établissements et prévoit «une centaine dans les cinq ans à venir», selon Masahide Nakamura, un porte-parole. «Les Japonais, qui raffolent des produits italiens, réclament une certaine authenticité», explique-t-il. Pour M. Yonekura, l’actuel boom «n’est pas une mode passagère» car «le café est entré dans le mode de vie» nippon. Même si elle reste inférieure à celle des pays occidentaux, la consommation progresse régulièrement depuis les années 70 et chaque Japonais en consomme près de 3 kilos par an. Soit plus que de thé vert, la boisson emblématique de l’archipel.
Rien n’est aujourd’hui plus facile que de déguster un petit noir sur le pouce à Tokyo, pris d’assaut par les chaînes de cafés, surtout américaines. Envie d’un espresso, d’un café glacé ou d’un cafe-latte? L’amateur n’a que le choix puisque, des sorties de métro aux tours de bureaux, les lieux stratégiques de la capitale nippone dégagent désormais une petite odeur de torréfaction. L’enseigne jaune et noir de Doutor est la plus facile à trouver. Depuis 1980, la chaîne japonaise a pris le marché à bras-le-corps et compte désormais 722 cafés, dont 373 à Tokyo. Son objectif est d’en ouvrir 3 000. La course aux meilleurs emplacements est vive avec l’Américain Starbucks, dont le logo, un élégant cercle vert, fleurit dans les quartiers à la mode. Il vient d’inaugurer son centième café et son...