La rareté de l’offre du dollar sur le marché des changes de Beyrouth a incité, encore une fois hier, la Banque du Liban (BDL) à se porter «vendeur» de cette monnaie afin de maintenir son évolution sous sa stricte surveillance. C’est ainsi, qu’après s’être déclarée prête à acheter le billet vert à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL simultanément, la BDL est parvenue à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais il n’en demeure pas moins que les établissements de crédit ont continué de le négocier pratiquement au haut de cette fourchette et très rarement en dehors de la BDL, entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL. Toutefois, ce mouvement ne devait pas prendre de dimensions en raison de l’absence de demandes dépassant le cadre des besoins quotidiens courants du marché, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires aurait totalisé hier, quelque cinq millions de dollars seulement, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. L’euro déprimé par le statu quo monétaire européen À l’étranger, l’euro s’est replié face au dollar hier, sur les marchés des changes internationaux après la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir son principal taux directeur inchangé à 3,50 %, contre toute attente. La monnaie unique européenne s’est donc vendue mal après cette décision pour frôler le seuil de 0,95 dollar. Elle a, en outre, souffert de l’annonce par le département du Travail américain que l’indice des prix à la production aux États-Unis aurait augmenté le mois dernier de 1 %, comme en février, à un moment où le marché apprenait du département de Commerce que les ventes de détail ont progressé de 0,4 % au lieu de 0,2 % attendu, après une hausse de 1,8 % pendant la même période, laissant croire à un prochain resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Pourtant, la conférence de presse du président de la BCE, Wim Duisenberg, est venue ensuite limiter les dégâts de l’euro sans pour autant parvenir à lui redonner du tonus. Au cours de cette conférence de presse, M. Duisenberg a indiqué que la BCE reste vigilante face à l’évolution des prix dans la zone euro et elle est prête à agir «quand, et si, cela sera nécessaire». Le président de la BCE a en revanche dit «qu’une hausse des taux hier n’aurait pas donné l’impression d’agir avec calme». Par rapport à la devise nippone, le dollar est resté sous la barre des 106,00 yens, les opérateurs paraissant de plus en plus indifférents à la réunion demain des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du groupe des «Sept» (pays occidentaux les plus industrialisés) à Washington. Mais, il est resté ferme face aux autres grandes monnaies, le marché tablant sur une prochaine hausse des taux d’intérêt aux États-Unis. Le billet vert a profité aussi de la hausse des valeurs de la haute technologie du Nasdaq aux États-Unis alors que le Dow Jones des industrielles cédait du terrain. Cela d’autant que le président de la Fed, Alan Greenspan, n’a pas fait référence aux marchés des changes en s’exprimant hier devant la commission bancaire du Sénat américain, limitant son discours aux marchés boursiers. Cela étant, le dollar s’est négocié à la hausse hier, à New York, face aux autres grandes monnaies, à l’exception du yen, comme suit : – 0,9525 pour un euro contre 0,9587, la veille – 1,5870 pour un sterling contre 1,5875 – 2,0535 DM contre 2,0400 – 6,8870 FF contre 6,8425 – 1,6510 FS contre 1,6435 – 2 032,85 lires contre 2 019,70 – 105,75 yens contre 105,80. Bourse de Beyrouth : en baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est ressentie hier de la baisse des actions nominatives de l’Uniceramic de 1 5/8 à 1 5/16 dollar, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,14 % à 69,31 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 159,16 points. Ce mouvement s’est produit, comme à l’accoutumée, dans un volume d’affaires médiocre ne dépassant pas quelque 17 735 actions d’une valeur globale de 53 089 dollars. Nouvel affaiblissement de Wall Street Sur les places boursières internationales, les valeurs américaines de la haute technologie et de l’Internet figurant dans le Nasdaq ont été orientées à la hausse hier, contrairement aux autres valeurs traditionnelles du Dow Jones qui sont restées déprimées. Les analystes ont attribué les gains du Nasdaq à une chasse aux bonnes affaires après leur dégringolade de 7 % de la veille qui a porté à quelque 25 % le déclin de cet indice composite par rapport à son dernier record du 10 mars. Quant aux valeurs du Dow Jones, qui avaient bien résisté la veille jusqu’à la dernière heure de transactions avant de suivre le Nasdaq dans sa chute, elles n’ont guère profité hier de la publication de résultats trimestriels de sociétés généralement meilleurs que prévu, par notamment General Motors, Honeywell, General Electric et Advanced Micro Devices. Sur le marché obligataire, le rendement de l’obligation à 30 ans est remonté à plus de 5,84 %, après la publication des prix à la production et des ventes de détail plus forts que prévu le mois dernier, révélant des signes de surchauffe économique. Ce phénomène est venu donc peser sur les valeurs traditionnelles à l’exclusion des valeurs de la nouvelle économie. En effet, l’indice Nasdaq s’est maintenu dans le vert durant une grande partie de la journée, alors que le Dow Jones des industrielles est retombé d’un plus haut à 11 144,06 points à un plus bas à 10 943,64 points, avant d’afficher en préclôture 10 959,341 points, en nouvelle baisse de 165,79 points sur la veille. Timide reprise des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont réduit leurs pertes jeudi pour terminer pratiquement inchangés, tentant un timide rebond à la faveur d’un redressement du Nasdaq, en matinée à New York. La Bourse de Paris a gagné 0,41 % en clôture, Londres 0,1 % et Francfort 0,08 %. Madrid a progressé de 0,91 %, Milan de 0,18 %, Zurich de 0,41 % et Bruxelles de 0,78 %. Seule la place d’Amsterdam a terminé en repli, abandonnant 0,16 %. L’indice Eurotop 300 paneuropéen a fini sur une hausse infime de 0,01 %, de même que l’Euro Stoxx 50 limité à la zone euro, qui a gagné 0,04 %. À l’heure de la clôture des Bourses en Europe, l’indice composite du Nasdaq, reflet de la «nouvelle économie», gagnait 2,5 % alors que le Dow Jones des valeurs industrielles plus traditionnelles perdait 0,6 %. En Europe, les télécoms ont été les plus favorisées, avec un gain de 1,5 %, suivies par l’alimentation et les boissons et l’énergie, qui ont chacun clôturé en hausse de 1 %. Les technologiques sont en revanche restées faibles, abandonnant encore 2,5 %, apparemment pas convaincues par la reprise des techs en matinée outre-Atlantique. Les médias sont aussi restés à la traîne, avec une baisse de 1,7 %. Alain Bokobza, «stratégiste» pour les marchés d’actions européens à SG Securities, à Paris, prévoit que la volatilité du marché va continuer, les investisseurs recherchant la qualité dans un contexte haussier pour les taux d’intérêt. «Je vois une recherche de la qualité dans deux secteurs, les TMT (technologie-médias-télécoms) et l’ancienne économie ; une quête de meilleure valeur», a-t-il dit. «C’est pourquoi le secteur bancaire est un des moins chers en Europe et je pense qu’il va continuer à avoir de meilleures performances». Le compartiment bancaire a gagné 0,3 % jeudi sur les places européennes. Les technologiques Nokia et Ericsson ont figuré parmi les plus fortes baisses, avec un repli de 4,75 % et 4,35 % respectivement, en-deçà cependant de leurs derniers plus bas. Alcatel a également succombé au malaise qui entoure les techs et a perdu 2 %. Tokyo : Rechute de la cote La Bourse de Tokyo a enregistré jeudi une baisse de 1,5 %, à l’issue d’une séance marquée par la forte chute des titres liés à l’Internet dans le sillage du plongeon de l’indice composite Nasdaq la veille à New York, ont indiqué des opérateurs. L’indice de référence Nikkei-225 a lâché 306,79 points à 20 526,42, annulant quasiment le gain de 310,69 points enregistré la veille, qui lui avait valu d’atteindre son plus haut niveau depuis le 5 décembre 1996. L’indice élargi Topix a perdu de son côté 42,32 points à 1 664,02 points. Le volume d’échanges a atteint 717 millions de titres, contre 682 millions la veille. «Les valeurs liées à l’Internet comme Softbank et Hikari Tsushin ont continué à s’effondrer à la suite des remous qui ont agité le Nasdaq», a expliqué Masaaki Higashida de Nomura Securities. L’investisseur sur l’Internet Softbank a notamment chuté à la suite de l’annonce mercredi soir par la compagnie d’une division par trois de ses actions, une mesure interprétée par les courtiers comme un geste désespéré pour parer à la baisse continue de son titre, a-t-il ajouté. «Le marché semble actuellement balancer au gré des oscillations du Nasdaq, les titres technologiques (du marché de Hong Kong) ayant été gonflés par de trop fortes anticipations», selon M. Higashida. Mercredi soir à New York, le Nasdaq a lourdement chuté de 286,29 points (-7,06 %) pour finir à 3 769,61 en clôture, victime de sa deuxième plus forte baisse journalière en points, sa sixième en pourcentage. Softbank a abandonné 5 000 yens (-7,0 %) à 66 300 yens, en dépit de la division par trois de son action destinée à attirer davantage d’actionnaires. Hikari Tsushin, détaillant en téléphonie mobile et investisseur dans des start-up Internet, a terminé sur une indication de vente de seulement 36 800 yens, contre 45 800 yens lors de sa précédente cotation lundi. Le groupe a souffert de la mise en dépôt de bilan pour banqueroute de l’un de ses distributeurs les plus importants, endetté à hauteur de 2,3 milliards de yens (22 millions de dollars).
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