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Actualités - Chronologie

Une encyclopédie de la frontière en quatre volumes

Dans un récent article, un journaliste du quotidien israélien Haaretz, Amos Arel, a rapporté que le service cartographique de l’armée israélienne a élaboré une sorte d’«encyclopédie de la frontière» libano-israélienne. Selon lui, les données compilées en «quatre volumes impressionnants» ont été soumises aux membres de l’état-major général. Il en ressort que sur 60 % de la frontière, «aucun arrangement entre les parties concernées n’a pu être trouvé», affirme l’auteur. Arel explique qu’au fil des ans et à la faveur du contrôle exercé de facto par l’État hébreu sur les deux côtés de la frontière, l’armée israélienne a modifié, pour diverses raisons, l’emplacement du chemin de ronde, sur plusieurs tronçons, le repoussant à l’ouest et au nord de la ligne frontalière sur plusieurs dizaines ou centaines de mètres. Généralement, poursuit l’auteur, les considérations des militaires israéliens étaient d’ordre «tactique», l’armée voulant s’assurer le meilleur contrôle possible des régions à partir desquelles des opérations peuvent être menées contre le territoire israélien. «Mais avec le temps, continue le Haaretz, d’autres considérations sont entrées en jeu» : ainsi, des habitations du kibboutz Misgav-Am ont été construites en territoire libanais, de même qu’une route à proximité d’une autre localité. Au ministère israélien de la Défense, ajoute le journal, on reconnaît qu’il s’agit là «d’écarts» par rapport à la frontière initiale, mais on considère aussi que les problèmes s’aggravent lorsque l’on tente de procéder au tracé exact de cette frontière. Jusqu’en 1940, relève l’auteur, de nombreuses modifications mineures avaient été apportées au tracé de 1923, avec l’accord des parties (Liban sous mandat français et Palestine sous mandat britannique), afin de régler des problèmes ponctuels, notamment de permettre aux villageois d’accéder à leurs champs ou aux points d’eau. En 1949, l’accord d’armistice conclu par Israël et le Liban adoptait la ligne frontalière mandataire. «Il s’avère pourtant, souligne le Haaretz, que les parties ne sont parvenues à un accord que sur certains segments de la frontière». Les difficultés provenaient du fait que les cartes léguées par les Britanniques et les Français étaient établies selon des échelles réduites. Ainsi, une légère déviation sur le papier pouvait se traduire sur le terrain par une erreur de plusieurs centaines de mètres. Un cartographe israélien, Moshé Graver, cité par le Haaretz, minimise toutefois «l’imprécision» du tracé frontalier. «Les divergences de vues ne sont pas fondamentales», explique-t-il au journal. «Il s’agit généralement de terrains rocailleux sans grande valeur. Une commission d’experts objective peut être nommée et se charger de reconstituer la frontière originelle avec l’accord des parties concernées». Toujours est-il que le problème qui se pose dans l’immédiat est de savoir quelle sera la ligne de retrait de l’armée israélienne. Le Haaretz affirme qu’au ministère de la Défense, personne n’est disposé à accepter la «carte libanaise» mais de l’autre côté, le Premier ministre Ehud Barak a d’ores et déjà rejeté l’idée de conserver des positions en territoire libanais. L’auteur de l’article conclut en estimant que la ligne que l’armée israélienne adoptera «sera vraisemblablement celle comprenant les fortins placés le long du chemin de ronde». «Un tel tracé devrait permettre à Israël d’obtenir la reconnaissance internationale à son retrait unilatéral et lui garantirait un important soutien mondial aux éventuelles représailles qu’il risque d’avoir à lancer en cas d’attaques», souligne-t-il.
Dans un récent article, un journaliste du quotidien israélien Haaretz, Amos Arel, a rapporté que le service cartographique de l’armée israélienne a élaboré une sorte d’«encyclopédie de la frontière» libano-israélienne. Selon lui, les données compilées en «quatre volumes impressionnants» ont été soumises aux membres de l’état-major général. Il en ressort que sur 60 % de la frontière, «aucun arrangement entre les parties concernées n’a pu être trouvé», affirme l’auteur. Arel explique qu’au fil des ans et à la faveur du contrôle exercé de facto par l’État hébreu sur les deux côtés de la frontière, l’armée israélienne a modifié, pour diverses raisons, l’emplacement du chemin de ronde, sur plusieurs tronçons, le repoussant à l’ouest et au nord de la ligne frontalière sur plusieurs...