Les opérateurs sur le marché des changes de Beyrouth sont restés hier encore très réticents à l’offre du dollar, dont la demande ne devait guère dépasser le cadre des quelques besoins commerciaux. Pourtant le billet vert s’est maintenu dans les limites de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) maintenue entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente dans des transactions faibles mais équilibrées au haut de cette fourchette. C’est ainsi qu’il a clôturé, selon la BDL, au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, tout en se négociant effectivement sur le marché interbancaire bien au-dessus de ce niveau, entre 1 513,50 et 1 514,00 LL après un départ entre 1 512,00 et 1 514,00 LL. Toutefois, ce mouvement ne s’est guère accompagné d’activité en raison de l’étroitesse aussi bien de l’offre que de la demande en devises, avec comme corollaire un volume d’affaires de quelque six millions de dollars traités entièrement par les banques de la place sans aucune intervention de la BDL, indique-t-on de sources cambistes. Baisse du yen et de l’euro À l’étranger, le yen continuait à reculer hier face à l’ensemble des devises sur des marchés peu actifs et prudents à quelques jours de la réunion ministérielle du groupe des «Sept» (pays occidentaux les plus industrialisés) samedi à Washington, tandis que dans le même temps les avis ont été partagés au sujet d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) lors de la réunion demain de son conseil de gouverneurs. Selon les cambistes, les échanges ont été plutôt calmes avec un yen toujours faible dans l’attente du groupe des «Sept», alors que l’euro devait souffrir entre autres de la hausse du Dow Jones à Wall Street, drainant les capitaux de la «nouvelle économie» à la «vieille économie». La plupart des analystes estimaient toujours que les investisseurs resteraient concentrés sur le contenu du communiqué commun publié par les ministres des Finances à l’issue de la réunion des «Sept». Certains tablant sur un avertissement des ministres contre l’appréciation excessive du yen. Du coup, les achats de yens étaient limités, les cambistes lui préférant le dollar qui est grimpé jusqu’à 107,10 yens en cours d’échanges en Europe. Les spéculations sur le groupe des «Sept» ont touché également l’euro, mais le marché a été surtout concentré sur la réunion demain de la BCE, alors que certains analystes tablaient toujours sur un nouveau resserrement monétaire dès cette semaine, pendant que d’autres continuaient de croire à un statu quo monétaire dans l’immédiat sans exclure une hausse des taux le mois prochain. À cet égard, les analystes de Paribas estimaient hier dans une note que la probabilité d’une hausse des taux le 13 avril est de 30 % et le 11 mai de 80 %. De quoi faire perdre un peu de support à l’euro, d’autant que la bonne tenue de Wall Street redonnait plus d’actualité aux placements en dollar. De ce fait, les opérateurs sont restés indifférents hier à la publication des chiffres du produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro pour le dernier trimestre 1999, en hausse de 3,00 % en glissement annuel et de 0,9 % par rapport au trimestre précédent. Il en est de même pour la hausse des prix à la consommation en France de 0,4 % le mois dernier et de 1,4 % en glissement annuel même après que la Commission européenne eut estimé hier que l’augmentation des prix à la consommation va s’accélérer, à 1,8 %, dans la zone euro et dans l’ensemble de l’Union européenne cette année. De son côté, la livre sterling a été un peu plus vive, après avoir été peu sensible à la publication du dernier sondage du British Retail Consortium, soulignant la baisse de 0,8 % des ventes de détail le mois dernier en Grande-Bretagne. C’est dans ce contexte que le dollar s’est négocié, hier, sur un ton indécis, à New York, comme suit : – 0,9595 pour un euro contre 0,9630, la veille – 1,5850 pour un sterling contre 1,5855 – 2,0385 DM contre 2,0315 – 6,8365 FF contre 6,8130 – 1,6405 FS contre 1,6340 – 2 017,15 lires contre 2 011,70 – 107,00 yens contre 106,40. Bourse de Beyrouth : rechute de la cote À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est encore effritée hier, sous l’effet de la baisse des actions A de Solidere de 7,00 à 6 3/4 dollars et des actions C de la banque Audi de 27,00 à 26 1/2 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,94 % à 69,41 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 1,01 % à 159,16 points. Ce mouvement s’est produit dans des volumes d’affaires minces, ne dépassant pas au total 18 886 actions d’une valeur globale de 88 449 dollars. Wall Street : rechute du Nasdaq et remontée du Dow Jones Sur les places boursières internationales, les valeurs de la haute technologie et de l’Internet ont continué leur glissade hier à la Bourse électronique Nasdaq de New York, peu après l’ouverture. La déroute des sociétés de la «nouvelle économie» s’est donc poursuivie après que l’indice composte Nasdaq eut terminé la veille sur la deuxième plus forte baisse en points de son histoire (-258,25 points), et sa huitième en pourcentage (-5,81 %). En effet, l’indice a dû perdre jusqu’à maintenant tous ses gains enregistrés depuis le début de l’année. Les secteurs de l’informatique, de l’Internet et de la biotechnologie restaient donc sur la défensive, désertés par les investisseurs qui se réfugiaient aussi bien sur les valeurs plus sûres de la Bourse de New York que sur celles du marché obligataire. Sur ce dernier, le rendement moyen de l’obligation du Trésor à 30 ans était stable à 5,681 % contre 5,683 % la veille alors que celui sur les bons à 10 ans se relâchait à 5,767 % contre 5,792 % la veille. Le rendement de ces obligations évolue en fonction inverse de leur prix. Les valeurs de la haute technologie ont particulièrement souffert hier de l’annonce par le fabricant de microprocesseurs et spécialiste de la téléphonie Motorola qu’il s’attendait pour le deuxième trimestre de cette année à un bénéfice par action en baisse par rapport à celui réalisé au premier trimestre de 3 cents, soit de l’ordre de 67 cents. En effet, le titre de cette société a rapidement plongé de 15 %, entraînant dans son sillage les autres valeurs de la téléphonie, dont Nokia et Lucent. Les fabricants de microprocesseurs ont reculé aussi avec Micron Technologies et Intel, de même que les valeurs sûres de l’informatique, comme Compaq, Hewlett Packard et IBM, et de l’Internet, comme AOL , Yahoo et Lycos. Le compartiment de la biotechnologie faisait lui aussi office de canard boiteux avec les pertes importantes de Biogen, Viropharma, Celera Genomics... Mais le tableau a été plus souriant sur Wall Street où les valeurs sûres de «l’ancienne économie» ont servi de refuge. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a rebondi d’un plus bas à 11 102,48 points à un plus haut à 11 324,56 points, avant d’afficher en préclôture 11 280,94 points, en nouvelle hausse de 94,38 points sur la veille. Baisse des Bourses européennes La plupart des grands marchés boursiers européens ont terminé en baisse mardi, entraînés par la déroute des «TMT», les valeurs technologiques, de médias et de télécommunications, dans le sillage du Nasdaq américain. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a terminé sur un recul de 28,28 points, soit 1,74 %, à 1 599,22, tandis que l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro abandonnait 107,88 points, soit 2,04 %, à 5 174,38. C’est la Bourse de Londres qui a accusé le plus fort recul, avec une baisse de 2,36 %, suivie par Milan, qui a cédé 2,33 %. Madrid a perdu 2,15 %, Amsterdam, 1,70 %, Paris 1,63 % et Francfort 0,99 %. À contre-courant, la Bourse suisse a gagné 0,82 % et Bruxelles a terminé sur une hausse de 1,82 %. Dans leur ensemble, les technologiques ont perdu 6,8 %, les médias 6,59 % et les télécommunications 5,59 %. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 0,5 % mardi, le marché étant déprimé par une nouvelle chute des valeurs de la haute technologie lundi à New York. L’indice de référence Nikkei-225 a perdu 96,54 points pour terminer la séance à 20 522,52 points. L’indice élargi Topix a reculé de 15,65 points à 1 701,09 points. Le volume d’échanges a atteint environ 586 millions de titres contre 519,8 millions la veille. Le marché nippon a ouvert en baisse après la plongée du Nasdaq lundi. Celui-ci a perdu 258,25 points, soit 5,81 %, à 4 188,20 points. «Les valeurs de la haute technologie ont soutenu le marché ces derniers temps. Le plongeon du Nasdaq, le deuxième plus important en points de son histoire, a rendu les investisseurs frileux ici», a expliqué Masaaki Higashida, de chez Nomura Securities. Les prises de bénéfices, après la hausse de lundi, ont également tiré le marché vers le bas, a-t-il précisé. «Les investisseurs institutionnels doivent maintenant entrer dans le vif du sujet avec la nouvelle année fiscale» qui a débuté le 1er avril au Japon. Jusqu’au 31 mars, les investisseurs cherchaient en effet avant tout à engranger des profits rapides afin de «gonfler» leurs comptes avant leur clôture. Les investisseurs «attendent un signal positif pour acheter alors qu’ils s’attendent à ce que l’économe japonaise sorte peu à peu de la récession et que les entreprises revoient à la hausse leurs prévisions», a affirmé M. Higashida.
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