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Actualités - Chronologie

Six ans après sa mort, le Grand leader vit toujours

«Le Grand leader est vivant pour toujours !». La Corée du Nord va célébrer avec éclat, cette semaine, son «père-fondateur» Kim Il-Sung, toujours omniprésent six ans après sa mort. Les préparatifs vont bon train à Pyongyang afin que les 22 millions de Nord-Coréens soient prêts pour la «Journée du Soleil» vendredi, date anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung. Décédé en 1994 d’une crise cardiaque à 82 ans, le charismatique leader est également présent toute l’année grâce à d’immenses portraits peints dressés aux carrefours et sur les chantiers d’État. Il est ainsi bien plus visible que son successeur, son fils Kim Il-Jong, qui vit reclus et semble peu à l’aise au milieu de ses concitoyens, hormis les militaires. Le culte de Kim Il-Sung atteint son zénith dans un musée où les rares étrangers acceptés doivent s’incliner devant sa statue en cire. Devant cette œuvre au réalisme puissant, une jeune guide de 28 ans, Chon Myong-Ok, affirme théâtralement : «Il est vivant pour toujours. En d’autres mots, il n’est pas mort». Le corps embaumé de Kim Il-Sung repose pourtant, à quelques dizaines de kilomètres de là, dans un caveau vitré du mémorial Kumsusan, de granit blanc, qui se visite dans la périphérie de la capitale. Le musée, construit en 1978 dans la station de Mont Myohyang, présente quelques-uns des 212 000 cadeaux que le «Grand leader» et son fils ont reçus de la part de dignitaires de 174 pays, dont des chefs d’État et de gouvernement, assure la guide. Ces trésors comprennent notamment un plat en argent offert par le roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, un sabre du Libyen Muammar Kadhafi et une sculpture de l’évangéliste américain Billy Graham. La statue en cire a été donnée par le Parti communiste chinois en 1996 et ne peut être admirée que par groupe de seize personnes, placées en rangs. Mis en valeur par une lumière douce, le «Grand leader» semble rayonner de bonté, le sourire aux lèvres, posant dans un jardin aux fleurs artificielles, un beau lac en arrière-plan. De discrets haut-parleurs diffusent la version instrumentale de «l’hymne du maréchal Kim Il-Sung», ce qui rend la scène plus solennelle. Dans le pavillon de Kim Jong-Il, ouvert en 1996, les visiteurs découvrent un service de verres à vin offert par le dictateur roumain Nicolae Ceausescu en août 1988, seize mois avant son exécution. Ils ont aussi la surprise de tomber sur une limousine noire «Dynasty», don de l’un des symboles du capitalisme honni de Corée du Nord, Chung Ju-Yung, le fondateur du conglomérat Hyundai. Le groupe tente actuellement d’étendre ses activités au Nord, un marché qui s’ouvre très discrètement aux entreprises du Sud. En visitant ce musée, «les visiteurs étrangers peuvent penser que nos leaders Kim Il-Sung et Kim Jong-Il sont les personnes les plus riches du monde mais ils ont offert tous leurs trésors au peuple», proclame la guide Chon. À Pyongyang, les statues illuminées de Kim Il-Sung forment des taches de couleur dans un paysage sinon très sombre lorsque la nuit tombe, témoignant d’importants problèmes d’approvisionnement électrique. «Je ne vois que deux lumières lorsque je rentre chez moi et ce sont celles des phares de ma voiture», résume un étranger domicilié à Pyongyang. «Les pannes d’électricité ont déjà eu lieu dans le passé mais elles étaient moins aiguës», témoigne-t-il. Le manque de courant serait à l’origine, en février, du déraillement d’un train, incapable de gravir une pente entre Pyongyang et Chongjin. L’accident aurait fait plusieurs dizaines de morts, selon des informations de la presse russe. Les médias officiels font porter la responsabilité de ces problèmes sur les États-Unis, accusés d’avoir freiné la construction de nouveaux réacteurs nucléaires à eau légère prévus dans le cadre d’un accord de désarmement signé en 1994.
«Le Grand leader est vivant pour toujours !». La Corée du Nord va célébrer avec éclat, cette semaine, son «père-fondateur» Kim Il-Sung, toujours omniprésent six ans après sa mort. Les préparatifs vont bon train à Pyongyang afin que les 22 millions de Nord-Coréens soient prêts pour la «Journée du Soleil» vendredi, date anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung. Décédé en 1994 d’une crise cardiaque à 82 ans, le charismatique leader est également présent toute l’année grâce à d’immenses portraits peints dressés aux carrefours et sur les chantiers d’État. Il est ainsi bien plus visible que son successeur, son fils Kim Il-Jong, qui vit reclus et semble peu à l’aise au milieu de ses concitoyens, hormis les militaires. Le culte de Kim Il-Sung atteint son zénith dans un musée où les rares étrangers...