Rwanda Exhumation de fosses communes qui contiendraient 52.000 cadavres
le 07 avril 2000 à 00h00
Des fosses communes datant du génocide rwandais de 1994 et rassemblant environ 52 000 cadavres ont été vidées par les autorités qui souhaitent les enterrer lors de la cérémonie de commémoration le 7 avril. Le site, situé un peu à l’écart de Kigali, dans le secteur de Nyamirambo, regroupe en fait plusieurs fosses plus ou moins profondes «où les cadavres ont été jetés comme dans une poubelle», raconte Emile Murwanashyaka, un des techniciens chargés de l’exhumation et rescapé du génocide. Il estime qu’«entre 52 000 et 55 000 personnes ont été enterrées là : les personnes tuées en ville, qu’on jetait sur la route, des camions bennes les ramassaient, parfois on ne les enterrait même pas, on mettait juste de la terre dessus». Selon Paul Ganimana, secrétaire du secteur de Nyamirambo et rescapé du génocide, la fosse la plus grande contiendrait 32 000 victimes. La fosse avait été creusée lors du génocide de 1994 qui fit entre 500 et 800 000 morts parmi les Tutsis et les Hutus modérés. Dans le cadre d’un programme conduit par la préfecture de la ville de Kigali (PVK), qui prévoit de vider toutes les fosses communes et d’enterrer dignement les victimes d’ici à la fin de l’année, les corps exhumés sont répartis dans des cercueils. Une cinquantaine de personnes, un masque blanc sur le visage, travaillent aux exhumations, les vêtements sont entassés un peu à l’écart des fosses répandant une terrible odeur, les crânes et les os entiers sont disposés dans des cercueils en bois blancs décorés d’une croix. Mais certaines dépouilles sont totalement disloquées et ces ossements ont été traités spécialement pour être exposés dans un nouveau mémorial du génocide qui sera inauguré lors de la cérémonie de commémoration à Gisozi le 7 avril. Très ému, M. Ganimana regarde avec tristesse le déroulement de l’opération. «Pour nous les rescapés, c’est très dur, c’est beaucoup de souffrance, c’est horrible parce que recommencer notre vie a été difficile, et qu’en fait rien n’est vraiment fini même après six ans», confie-t-il. «J’ai des frères et des amis ici et je souhaite que la justice soit faite pour punir les gens qui ont fait ça, il n’y aura de pardon qu’une fois qu’ils auront été jugés», ajoute-t-il, regrettant que le manque d’argent ait empêché de procéder aux exhumations auparavant. Les travaux ont commencé le 16 mars et se poursuivent encore, ici mais aussi dans d’autres quartiers de la ville. Les cercueils d’une vingtaine de victimes ont ensuite été emmenés en camion au stade régional de Nyamirambo pour que les familles puissent se recueillir avant la cérémonie du 7 avril. De grands feux ont été allumés en signe de deuil et les haut-parleurs du stade raisonnent de chants religieux.
Des fosses communes datant du génocide rwandais de 1994 et rassemblant environ 52 000 cadavres ont été vidées par les autorités qui souhaitent les enterrer lors de la cérémonie de commémoration le 7 avril. Le site, situé un peu à l’écart de Kigali, dans le secteur de Nyamirambo, regroupe en fait plusieurs fosses plus ou moins profondes «où les cadavres ont été jetés comme dans une poubelle», raconte Emile Murwanashyaka, un des techniciens chargés de l’exhumation et rescapé du génocide. Il estime qu’«entre 52 000 et 55 000 personnes ont été enterrées là : les personnes tuées en ville, qu’on jetait sur la route, des camions bennes les ramassaient, parfois on ne les enterrait même pas, on mettait juste de la terre dessus». Selon Paul Ganimana, secrétaire du secteur de Nyamirambo et rescapé du génocide,...
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