La Déclaration de Barcelone, adoptée le 28 novembre 1995 lors de la conférence euro-méditerranéenne des ministres des Affaires étrangères, a instauré le partenariat euro-méditerranéen. De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une initiative commune aux 27 partenaires réunis à Barcelone – les 15 États membres de l’Union européenne et 12 pays et territoires du pourtour méditerranéen – en vue de créer des liens durables dans tous les domaines d’intérêt commun : questions politiques et de sécurité, questions économiques et financières, questions sociales, culturelles et humaines. Il s’agit à l’évidence d’une entreprise difficile dans le contexte politique actuel de la région, mais aussi d’une ambition nécessaire. Nécessaire à l’Union européenne qui ne saurait maintenir sa prospérité et poursuivre son intégration sans la stabilité et la prospérité de ses voisins immédiats. Nécessaire aussi pour les partenaires méditerranéens qui attendent de l’Union non seulement l’accès au marché, l’investissement et les transferts de savoir-faire, mais aussi une meilleure compréhension sur le plan culturel, civilisationnel et humain. Le partenariat euro-méditerranéen donne lieu à de multiples projets et activités pour lesquels l’Union européenne, lors du Conseil européen de Cannes en juin 1995, a décidé de consacrer des ressources budgétaires d’une ampleur sans précédent pour cette région : il s’agit notamment du programme Meda, qui octroie des subventions et auquel s’ajoutent les ressources propres de la Banque européenne d’investissement. Le programme Meda est ainsi l’instrument financier principal de l’Union européenne pour la mise en œuvre du partenariat euro-méditerranéen. Environ 90 % des ressources affectées à Meda sont acheminées de façon bilatérale vers les partenaires (Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et l’Autorité palestinienne sont concernés). Les 10 % restants des ressources sont consacrés aux activités régionales : tous les partenaires peuvent bénéficier de ces dernières. Les grandes lignes du programme Dimension régionale et dimension bilatérale : Le programme Meda a deux vocations distinctes et complémentaires : – Appuyer les activités et projets inscrits dans les programmes indicatifs nationaux, documents d’orientation établis avec 9 des 12 partenaires méditerranéens, dans les domaines de la transition économique (ajustement structurel, développement du secteur privé), de l’amélioration de l’équilibre socio-économique (éducation, santé, développement rural, etc.) et en faveur de la société civile. – Appuyer les activités et projets engagés par les partenaires euro-méditerranéens au plan régional, chaque fois que cela est approprié et réaliste. Il s’agit en particulier de soutenir les activités découlant du programme de travail annexé à la Déclaration de Barcelone ainsi que les activités et programmes issus des conférences ministérielles sectorielles faisant suite à celle de Barcelone. Ces activités et projets s’inscrivent dans un document d’orientation, le programme indicatif régional Meda. Les secteurs éligibles. En vertu de décisions prises au sein de l’Union et avec les partenaires méditerranéens concernés, le programme Meda intervient dans quatre grands domaines : – L’appui à l’ajustement structurel : Il s’agit d’un soutien budgétaire octroyé aux finances publiques des partenaires qui se sont engagés dans des programmes de réformes économiques avec les institutions de Bretton Woods et avec la Commission européenne. L’appui du programme Meda est particulièrement destiné à atténuer les conséquences sociales de ces programmes de réformes. – Le développement du secteur privé : Il s’agit ici non pas de soutenir des intérêts privés avec des financements publics, mais d’assurer que le développement du secteur privé s’appuie sur un environnement de politique économique adéquat et sur des instruments financiers performants. C’est ainsi que le programme Meda finance à ce titre des opérations telles que l’appui technique à la privatisation, à la réforme du secteur financier, à l’amélioration de la formation professionnelle ou de la standardisation industrielle, à la création de centres de conseils aux entreprises et de centres techniques ou encore à la constitution de fonds de capital-risque permettant de catalyser la mobilisation des capitaux privés. – L’amélioration de l’équilibre socio-économique : Il s’agit ici de financer des programmes d’appui sectoriel et des projets de coopération classique en faveur du développement des partenaires méditerranéens concernés : santé primaire, éducation de base, développement rural, programmes de population, etc. – Le renforcement de la société civile : Il s’agit de financer des activités d’organisations non gouvernementales, associations et groupements professionnels. Source : Commission européenne
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