Le président français Jacques Chirac a appelé au Caire «l’ensemble des pays créanciers» à suivre l’exemple de la France qui a décidé d’annuler «la totalité des créances publiques bilatérales (...) des pays les plus pauvres et les plus endettés». S’exprimant au cours de la première séance de travail à huis clos du sommet Afrique-Europe, consacrée aux questions économiques et sociales, le président français, dont les propos étaient rapportés par son entourage, a fait valoir que ces mesures allaient représenter pour la France un effort additionnel de 7 milliards de dollars. La France a décidé d’annuler «la totalité des créances publiques bilatérales, qu’elles soient dues au titre de l’aide au développement ou au titre des créances commerciales des pays les plus pauvres et les plus endettés», a-t-il indiqué. «À l’issue du processus engagé, c’est-à-dire à l’horizon de deux ou, au plus tard, trois ans, la France n’aura plus aucune créance sur les pays les plus pauvres», a-t-il insisté. «J’appelle l’ensemble des pays créanciers à suivre cet exemple dans la mesure de leurs moyens, a-t-il ajouté. Au total, a-t-il souligné, la France aura annulé, au cours des quinze dernières années, plus de 23 milliards de dollars en faveur des pays lourdement endettés». Rappelant les dernières décisions du G7 en faveur des pays les plus pauvres, le chef de l’État a lancé un appel à «la mobilisation de tous, FMI, Banque mondiale, pays créanciers et pays débiteurs». «Il ne saurait être question de différer, encore une fois, les nécessaires réductions de dette», a-t-il martelé. Jacques Chirac a reconnu que l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, qui en contrepartie «leur fermerait l’accès aux prêts», devait être assortie de mesures d’accompagnement. «L’effort supplémentaire lié à la réduction de la dette ne doit pas se traduire par une diminution des autres composantes de l’aide qui demeurent indispensables», a-t-il dit.
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