Le gouvernement soudanais a salué comme «un important développement» le départ du parti Oumma de l’Alliance nationale démocratique (AND) créée en 1995 pour renverser par les armes le régime militaro-islamique de Khartoum. «La décision du parti Oumma de suspendre son adhésion à l’AND est un important développement susceptible de faire avancer le processus de dialogue» pour une réconciliation nationale, a déclaré le ministre de l’Information, Ghazi Salaheddine Atabani, cité par l’agence soudanaise de presse SUNA. Il a affirmé que son gouvernement n’était pas au courant des raisons qui ont incité le parti Oumma, dirigé par l’ancien Premier ministre Sadek al-Mahdi, à se retirer de l’AND. M. Atabani a souligné que Khartoum avait constaté que l’AND était «devenue trop inflexible pour tolérer un dialogue national». Le parti Oumma s’est retiré de l’AND, coalition de l’opposition nordiste et de la rébellion sudiste, à l’issue de la session finale du conseil directeur de l’AND à Asmara, avait annoncé jeudi à l’AFP son secrétaire général. «Le parti Oumma quitte (l’AND) parce que nous pensons que ces personnes ne sont pas sérieuses», avait déclaré le Dr Omar Mureldayem. «L’AND ne fait rien, ils ne sont pas conscients des changements dans la région et sont opposés aux négociations», avait-il ajouté. Selon M. Atabani, le retrait de l’Oumma pourrait être dû aux divergences au sein de l’AND vis-à-vis de l’initiative égypto-libyenne pour une réconciliation intersoudanaise. «Cette initiative est simplement rejetée par le mouvement rebelle (sudiste de l’Armée de libération des peuples du Soudan, SPLA), tandis qu’elle est acceptée par les autres factions de l’AND», a-t-il estimé. Selon le ministre, la SPLA «planifiait de soumettre les factions à sa volonté, une question qui a rendu inévitable, pour ceux qui veulent préserver leur crédibilité, de rompre avec l’AND». M. Atabani a souligné que le gouvernement ignorait si M. Mahdi et ses adjoints retourneraient au pays à la suite de la décision de leur parti de rompre avec l’AND. «Nous avons seulement entendu cela par les médias. Si ceci se révèle vrai, son retour aidera au processus de réconciliation», a déclaré le ministre. «Selon la nouvelle loi sur les partis politiques, il (Mahdi) peut exercer ses activités politiques légitimement», a-t-il estimé. L’AND était profondément divisée sur la politique à adopter après la mise à l’écart à Khartoum de l’idéologue islamiste Hassan Tourabi, ancienne éminence grise du régime soudanais. M. Mahdi était favorable à une réconciliation avec le régime, alors que les autres membres prônaient une poursuite de la guerre.
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