L’Allemand Erik Zabel, de l’équipe Telekom, a remporté au sprint samedi Milan-San Remo, première épreuve de la Coupe du monde de cyclisme disputée sur 294 kilomètres. Zabel s’est imposé pour la troisième fois dans la grande classique italienne après ses victoires de 1997 et 1998. Le coureur allemand a devancé de plus d’une longueur l’Italien Fabio Baldato (Fassa Bortolo). Le champion du monde, l’Espagnol Oscar Freire (Mapei), a pris la troisième place devant le Polonais Zbigniew Spruch et l’Allemand Andreas Klier. Zabel a conclu une édition de Milan-San Remo marquée par les offensives de l’équipe Mapei. L’Italien Michele Bartoli a attaqué dans la Cipressa, à 25 kilomètres de l’arrivée, en compagnie de l’Espagnol Juan Carlos Dominguez (Vitalicio) et le duo n’a été repris que dans le Poggio, la dernière difficulté de la course à moins de 8 km de la ligne. Dans la descente du Poggio, l’Italien Paolo Bettini a tenté lui aussi sa chance avant d’être rejoint aux 1 200 mètres par un premier peloton lancé à toute allure dans les rues ensoleillées de San Remo. Au cours des premières heures de course, l’Italien Michele Gobbi, échappé dès le 50e km, a mené un long raid solitaire. Il a compté jusqu’à une demi-heure d’avance (118 km) sans que le peloton réagisse puis a été repris à Alassio après une fugue de 185 kilomètres. Par la suite, le Sud-Africain Robert Hunter, le Danois Jesper Skibby, les Néerlandais Bart Voskamp et Karsten Kroon ont conduit une échappée qui a pris fin dans la Cipressa, lorsque Bartoli est passé à l’attaque. Zabel (29 ans), professionnel depuis 1993, a donné à l’Allemagne sa quatrième victoire dans la Primavera. Rudi Altig s’était imposé à San Remo en 1968. Dans la longue histoire de la classique italienne – 91 éditions –, seuls le Belge Eddy Merckx (7 victoires) et les Italiens Costante Girardengo (6) et Gino Bartali (4) ont fait mieux que le coureur berlinois. Déclarations Erik Zabel (All/Telekom), 1er : «À la différence des autres années, je n’étais pas seul de mon équipe dans le final. J’avais la chance d’avoir trois équipiers autour de moi. J’ai demandé à Vinokourov et à Hundermark de dérouler quand Bartoli a attaqué. Fagnini a fini le travail. J’ai abordé le Poggio avec de bonnes jambes. Pour le sprint, je ne me suis pas préoccupé des autres, ni de Freire ni de Cipollini. Je n’ai pas regardé s’ils étaient là. Freire m’avait battu deux fois mais, aujourd’hui, c’était différent. J’avais commis l’erreur de lancer le sprint trop tôt les deux fois précédentes contre lui. Et puis, ici, il y avait aussi la distance. J’avais une équipe expérimentée pour m’emmener. Je suis heureux de saluer mon travail. Par rapport au passé, je ne tiens pas à faire de comparaisons, que ce soit vis-à-vis d’Altig ou de Thurau. Chacun son époque». Le petit Freire devient grand Une carrière sportive tient parfois à bien peu de choses et celle de l’Espagnol Oscar Freire a tenu à une cascade de forfaits lors du dernier championnat du monde à Verone. Les absences d’Olano ou Escartin avaient permis à ce jeune Cantabrique d’appartenir à la sélection de son pays. Ces absences lui avaient également permis au fil des tours de circuit de ne penser qu’à lui, de suivre sans problème les meilleurs, lesquels ne se sont jamais méfiés au point de laisser Oscar Freire créer l’une des plus grandes surprises de l’histoire de la compétition. Cinq mois plus tard, Oscar Freire, tout juste 24 ans, ne cesse d’étonner, de redonner à son maillot de champion du monde des couleurs évaporées dans la malédiction touchant tous ses prédécesseurs depuis de nombreuses années, Stephen Roche, Rudy Dhaenens, Gianni Bugno, Lance Armstrong, Luc Leblanc, Laurent Brochard ou Oskar Camenzind. Sa troisième place, samedi, à l’arrivée de Milan-San Remo, est une performance qu’il convient de relever, s’agissant d’une première participation. Elle traduit le talent énorme de ce coureur complet. La formation Mapeï, en l’engageant quelques jours après son sacre mondial, avait d’abord pensé faire une opération commerciale quelques mois après avoir rénové une usine de produits chimiques pour bâtiments en Catalogne, secteur d’activité dont Mapeï est un leader mondial. De la même manière, le «Dottore Squinzi», le patron, a enrôlé en 1999 deux Américains, Chann McRae et Fred Rodriguez, et a décidé de disputer des classiques aux États-Unis en juin plutôt que le Critérium du Dauphiné-Libéré. Rarement un sponsor aura été aussi interventionniste dans le programme de ses coureurs mais personne n’imaginait alors que le petit Freire serait la tête d’affiche dans les classiques de Coupe du monde d’une équipe de stars. Le même salaire que Tafi Personne n’imaginait que ces champions (Johan Museeuw, Michele Bartoli, Andrea Tafi, Tom Steels, Stefano Zanini notamment) adopteraient aussi rapidement un gamin ayant encore tout à prouver. Simple mais ambitieux, Freire «a pour lui un caractère et une personnalité fantastiques, affirme le manager Patrick Lefévère. Oscar est simple, direct, sympathique avec tout le monde. Son intégration est facilitée par l’existence, dans l’équipe, d’une cellule espagnole avec les coureurs Fernandez-Gines et Beltran mais aussi un directeur sportif (Suarez-Cueva), des mécaniciens et des soigneurs. Et puis attention, sur le vélo, il est fantastique !». Freire est un homme simple, d’ailleurs il roule toujours avec son Opel Corsa bleue, assurant qu’il lui faut attendre quelques années encore avant d’acheter un bolide. Son seul caprice aura été l’acquisition la semaine dernière d’un ordinateur sur lequel il a déjà passé de nombreuses heures. «Pour l’engager, poursuit Patrick Lefévère, nous avons eu affaire à son homme d’affaires, le Basque Gorka Arrinda qui traite les intérêts d’une centaine de sportifs espagnols, beaucoup de footballeurs et qui est redoutable. Tout a été décidé, même son nombre de jours de courses, plafonné à 80 afin de le préserver. De même, il a été décidé qu’il ne dispute que le Tour d’Espagne, en août. Au niveau financier, il a obtenu un salaire équivalent à celui de Tafi qui est professionnel depuis plus de dix ans mais il a déjà rentabilisé son contrat». Quatre victoires dont deux étapes de Tirreno-Adriatico, une troisième place dans Milan-San Remo, le petit taureau de Torrelavega a beaucoup d’ambition, au point d’avoir obtenu de disputer les classiques ardennaises, la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et l’Amstel Gold Race au mois d’avril. «Ce n’était pas prévu, explique-t-il, mais je veux y participer afin de me mettre au service de l’équipe et d’apprendre. Dans quelque temps, je suis sûr de pouvoir les remporter». Aucun Espagnol n’y est encore parvenu mais tout semble permis au champion du monde. Semaine catalane : un plateau relevé L’Américain Lance Armstrong, le Français Laurent Jalabert, le Suisse Alex Zuelle, l’Espagnol Fernando Escartin et le Néerlandais Michael Boogerd seront les têtes d’affiche de la 37e semaine catalane, course cycliste de cinq jours, qui débute lundi à Lloret del Mar (est). Le vainqueur du Tour de France 1999, Lance Armstrong, ainsi que Fernando Escartin ou le Russe Pavel Tonkov voudront sans doute avancer dans leur préparation après un début de saison où ils se sont montrés hors de forme. Laurent Jalabert et le Suisse Alex Zuelle ont quant à eux déjà signé des victoires et joueront certainement la gagne. Les autres équipes viseront, elles, les victoires d’étape et avec des coureurs comme le champion du monde espagnol Oscar Freire, le récent vainqueur de Milan-San Remo, l’Allemand Erik Zabel, l’Italien Fabio Roscioli ou le sprinteur Marcel Wust, il faudra être fort pour réaliser ses projets. La course, qui comprend une dizaine d’ascensions de cols des 1re et 2e catégories, se prête en tout cas bien aux ambitions des uns et des autres. La semaine se terminera vendredi par un contre-la-montre final de 12 kilomètres à Barcelone sur le circuit de Montjuic qui avait accueilli les Jeux olympiques en 1992. Les étapes La semaine catalane cycliste débute lundi par une étape de 144 kilomètres et s’achèvera vendredi par un contre-la-montre de 12 kilomètres. Les étapes : Lundi (1re étape) : Lloret del Mar-Lloret del Mar (144 km), avec l’ascension du col Alt de Sant Grau (1re cat). Mardi (2e étape) : Lorret del Mar-Castello d’Empuries (170,7 km), avec l’ascension de l’Alto de Pedrafita (2e cat) et de l’Alt Sant Pere de Rhodes (1re cat). Mercredi (3e étape) : Castello d’Empuries-Vic (171 km), avec l’ascension de deux cols de 1re catégorie, Coll de Bracons et Sant Hipolit de Voltrega, et un de 2e catégorie, Alt d’Orlista. Jeudi (4e étape) : Vic-Cerdanyola del Valles (155,7 km), avec l’ascension de deux cols de 2e catégorie, Alt de la Pollosa et Alto del Tibidabo. Vendredi (5e étape - matin) : Cerdanyola del Valles-Cerdanyola del Valles (76 km). 6e étape (après-midi) : contre-la-montre individuel de 12 km dans le circuit du Parc Montjuic de Barcelone.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Allemand Erik Zabel, de l’équipe Telekom, a remporté au sprint samedi Milan-San Remo, première épreuve de la Coupe du monde de cyclisme disputée sur 294 kilomètres. Zabel s’est imposé pour la troisième fois dans la grande classique italienne après ses victoires de 1997 et 1998. Le coureur allemand a devancé de plus d’une longueur l’Italien Fabio Baldato (Fassa Bortolo). Le champion du monde, l’Espagnol Oscar Freire (Mapei), a pris la troisième place devant le Polonais Zbigniew Spruch et l’Allemand Andreas Klier. Zabel a conclu une édition de Milan-San Remo marquée par les offensives de l’équipe Mapei. L’Italien Michele Bartoli a attaqué dans la Cipressa, à 25 kilomètres de l’arrivée, en compagnie de l’Espagnol Juan Carlos Dominguez (Vitalicio) et le duo n’a été repris que dans le Poggio, la...