Les Bourses de Paris, Amsterdam et Bruxelles vont annoncer aujourd’hui à Londres un projet de fusion à trois, qui donnera naissance à la deuxième place boursière d’Europe après Londres, mais pose la question de l’avenir de l’alliance déjà à l’étude entre huit bourses européennes. À fin janvier, les trois bourses concernées avaient une capitalisation boursière de 2 333 milliards d’euros, soit la première capitalisation d’Europe continentale, alors que Londres pesait 4 396 milliards d’euros, selon les statistiques du Fibv (International Federation of Stock Exchanges). Mercredi dernier, le ministre belge des Finances, Didier Reynders, avait été le premier à évoquer ce projet. «Les discussions sont particulièrement avancées entre Bruxelles, Paris et Amsterdam en vue d’une fusion ou d’une collaboration accrue», avait-il indiqué, précisant que le projet ne fermait pas la porte à «l’Italie, l’Espagne, le Luxembourg, et pourquoi pas Londres et Francfort». La nouvelle bourse créée par Paris, Amsterdam et Bruxelles devrait être une société de droit néerlandais, ont précisé ces sources. Le droit néerlandais donne des pouvoirs accrus à la direction des entreprises et moins aux actionnaires. De nombreuses sociétés, dont Gucci, et le futur géant de l’aérospatiale EADS ont choisi ce statut. Une source proche du dossier a confirmé que, selon le projet, Paris accueillera les titres des grands groupes («blue-chips»), tandis que Bruxelles se spécialisera dans les petites et moyennes entreprises (PME) et Amsterdam deviendra le marché des produits dérivés et des options. En revanche, il n’est pas très clair dans quelle mesure cette fusion à trois s’inscrit ou non dans le cadre de l’alliance prévue d’ici à novembre 2000 entre huit bourses, dont Paris, Bruxelles et Amsterdam. Le choix de Londres comme lieu pour annoncer la fusion à trois n’est sans doute pas innocent, car il inscrit symboliquement la fusion à trois dans un cadre plus large. Londres s’est d’ailleurs déclarée mercredi dernier «favorable au processus de concentration entre les places européennes» en réaction aux propos du ministre belge des Finances. Un porte-parole avait ajouté que cette concentration était une bonne chose pour le projet d’alliance européenne à huit. Selon des sources proches des négociations, les huit bourses (Amsterdam, Bruxelles, Francfort, Londres, Madrid, Milan, Paris et Zurich) se réuniront mercredi prochain à Bruxelles, ce qui devrait permettre de clarifier les choses. Certains observateurs estimaient ces derniers jours que la démarche des trois bourses vise à accélérer et approfondir le projet de bourse pan-européenne à huit. D’autres, au contraire, jugeaient qu’elle met cette alliance en péril. Au moment où la menace des bourses électroniques (les ECN) et du Nasdaq Europe se fait plus en plus précise, les rumeurs d’échec de l’alliance à huit se sont récemment multipliées, toujours démenties par les intéressés.
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