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Actualités - Reportages

Violon d'Ingres Nabil Tabet : quand Poupouche s'amuse (photo)

Nabil Tabet affiche en permanence un sourire radieux sur son visage d’espiègle adolescent. Poupouche – il ne sait pas pourquoi ni comment est né ce surnom qui lui va comme un gant – en jeans, Poupouche en costume-cravate, des drôles de cravates très drôles, s’amuse avec intelligence. Quand Poupouche s’amuse, il ne le fait jamais seul. Sa bande de copains et, aujourd’hui, tous les joueurs qui ont adhéré à ses jeux le suivent comme une joyeuse ribambelle. Quand Poupouche s’amuse et amuse, il le fait sérieusement. Et devient un professeur Nimbus, savant en marketing et en savoir-distraire. Il a «une tête qui travaille à 300 à l’heure» et des idées à revendre – c’est le cas de le dire. Autodidacte et surtout impatient, il décroche son baccalauréat et s’engouffre directement dans la vie professionnelle, avec l’enthousiasme rebelle de ses 18 printemps. «Porter une cravate à cet âge-là, il fallait le faire !» . Il se joint à son aîné Fouad dans l’entreprise familiale de matériaux de construction, fondée par leur père Joseph. Une complicité qui va durer 25 ans, toute une vie, une première vie dans laquelle il ouvre quelques parenthèses, petits cadeaux qu’il se fait, grands plaisirs personnels, de la sculpture à défaut de la peinture qu’il aime mais qui ne l’aime pas ! et surtout des maquettes, rêves d’enfant fabriquées à la mesure de son ambition de grand, un magnifique train électrique qui comble sa nostalgie et la pièce qui l’abrite. «C’est une vieille passion qui a 40 ans d’âge. J’ai tout fabriqué moi-même», les locomotives, les rails, la gare, les arbres et jusqu’au gravier, «des fèves !». Il quitte le Liban en 1977 pour la douce Cannes où il retrouve un paysage presque familier et crée la Société d’innovations techniques chargée de développer ses inventions, tel le fameux Rotavision, «un support rotatif pour téléviseurs. En 3 minutes de présentation sur TF1, nous en vendions 1 200 pièces». En 1990, il repart pour Paris-plus-grise et se faufile dans le monde multicolore de la mode et de la maison «Chloé» avec pour noble titre «directeur de marketing» – «Je m’occupais de la création, la fabrication et la distribution des accessoires. Une excellente expérience en contact international». Un amoureux de la vie La publicité, la communication, les nouvelles idées, tout intéresse ce monsieur qui a constamment «le vent en poupe». Et surtout, il invente, tout en répétant : «On aime la vie ou on ne l’aime pas !» Sa première «invention intéressante» et heureuse en a intéressé plus d’un, mettre le golf en boîte, sous forme d’un jeu de société, «moi qui n’étais même pas un golfeur ». Il prendra des cours, sur le terrain vert, pour «mieux mémoriser le parcours, saisir les règles du jeu, ses contraintes. Durant six mois, je n’ai fait que ça». The Hole in One «qui est en fait le rêve de tout joueur» va rafler le trophée des inventeurs en juillet 1988. Nabil – qui s’est bien amusé – ne s’étonne pas, «ce jeu remplit les deux conditions essentielles d’un jeu réussi, qu’il soit ludique et jouable». Et ne s’arrête pas là. Il crée des éditions spéciales pour le compte de grandes marques internationales et les fait traduire en sept langues. En juin 1999, convaincu que «la paix va se faire» et avide de retrouver «la chaleur humaine, la famille et les amis», M. Tabet rentre au Liban et fonde sa société Consulting in Marketing and Technical Innovation, «la CMIT est une société spécialisée en conseils, développement de nouveaux marchés et introduction aux marchés libanais ; nous nous intéressons surtout aux sociétés américaines et japonaises qui voudraient s’implanter dans le pays, un marché que je connais très bien». Pour – formule consacrée – s’amuser encore, Nabil Tabet – qui connaît la récente passion des Libanais pour le basket et leur désintéressement quant au golf – adapte son jeu. Smash Dunk sera entièrement fabriqué au Liban, «seuls les dès sont importés de France», et traduit en trois langues. Les règles sont les mêmes que celles du sport, «même principe, score et durée de partie». Et pendant que les joueurs de huit ans et plus déplacent leurs pions, Nabil loue les espaces publicitaires, «comme sur un vrai terrain !» et envisage déjà toutes les déclinaisons possibles à venir, «les accessoires d’écoliers, les vêtements, les cosmétiques et les éventuels cadeaux d’entreprise». Lorsqu’il veut lui-même se détendre, il le fait avec élégance, en organisant avec ses amis parisiens le «dîner en blanc», selon un même rituel créé il y dix ans, avec des règles de jeu à respecter scrupuleusement, «être invité, venir en couple, avec une table de bridge, deux chaises et une nappe blanches, un chandelier, un service de table, une entrée, un plat, un dessert et enfin une bouteille de champagne. Suivre les instructions et investir une place notoire à Paris pour y dîner». Les plus belles places y passeront, le Trocadéro, la place Concorde, le Champs de Mars, la place Vendôme, la Pyramide du Louvre, le Pont des Arts, le Pont Neuf et Versailles. Son retour au Liban a stoppé son élan premier un court moment, mais pas son énergie, «en attendant des jours meilleurs, j’écoute, j’analyse, j’étudie et je vois les besoins». Et il les trouve. Son «bébé en train de naître» est un projet encore une fois très intéressant, presque attendu. «“Advertising 12”– twelve pour douze heures, douze mois – est un site Internet, une banque de données publicitaires, de la publicité non payante, qui réunit archives, campagnes, historique d’un produit, supports et médias utilisés, fréquences ; un outil de travail qui permet de rechercher et de trouver toutes les informations par publicité, pays, agence, type de produit, support et enfin corps de métier. C’est en fait le premier site au monde traitant de la publicité fait au Liban, par un Libanais». Encore une idée – de génie – un génie farceur, génie réaliste qui allie l’utile à l’agréable, conjuguant les verbes être et avoir avec le même talent.
Nabil Tabet affiche en permanence un sourire radieux sur son visage d’espiègle adolescent. Poupouche – il ne sait pas pourquoi ni comment est né ce surnom qui lui va comme un gant – en jeans, Poupouche en costume-cravate, des drôles de cravates très drôles, s’amuse avec intelligence. Quand Poupouche s’amuse, il ne le fait jamais seul. Sa bande de copains et, aujourd’hui, tous les joueurs qui ont adhéré à ses jeux le suivent comme une joyeuse ribambelle. Quand Poupouche s’amuse et amuse, il le fait sérieusement. Et devient un professeur Nimbus, savant en marketing et en savoir-distraire. Il a «une tête qui travaille à 300 à l’heure» et des idées à revendre – c’est le cas de le dire. Autodidacte et surtout impatient, il décroche son baccalauréat et s’engouffre directement dans la vie...