Déjà sur le qui-vive de crainte d’attentats d’intégristes palestiniens, le gouvernement israélien a mis en place un dispositif de sécurité d’une ampleur sans précédent pour le pèlerinage du pape en Terre sainte. «Au total, 17 695 officiers de police et plusieurs milliers de soldats ont été mobilisés pour assurer la sécurité de Jean-Paul II, de quelque 54 000 pèlerins et de 2 000 journalistes qui l’accompagneront» du 21 au 26 mars, a indiqué à la presse le commandant en chef de la police, Yéhouda Wilk. «Chaque jour, de 5 000 à 6 000 policiers suivront le pape dans ses déplacements. Le président (américain) Bill Clinton lui-même n’a pas eu droit à un tel traitement durant ses visites en Israël. Il faut être extrêmement prudent», a-t-il ajouté en soulignant que la fête juive de Pourim (carnaval), qui sera célébrée pendant ce voyage, compliquait encore la situation. Barrages routiers, patrouilles militaires accompagnées de chiens, contrôles d’identité systématiques et renforcés dans les centres commerciaux, parkings, marchés ou gares routières ont commencé à faire partie du quotidien bien avant l’arrivée du souverain pontife. Un porte-parole de la police désigne les sources potentielles de danger: «Les extrémistes de tous crins, juifs, islamistes ou même chrétiens antipapistes, susceptibles de multiplier les provocations dans un but politique». Il précise que les services israéliens de sécurité ont consulté leurs homologues de divers pays où le pape s’est rendu dans le passé, notamment en Espagne et en Amérique latine. «Nous ne disposons pas d’informations précises sur d’éventuelles attaques», a ajouté ce porte-parole. Le mouvement juif extrémiste hors la loi Kach anime cependant une campagne hostile au pape et a averti qu’il tenterait de perturber sa visite. Pas moins de quatre moyens de transports permettront à Jean-Paul II de circuler en Israël et dans les territoires palestiniens : un hélicoptère Blackhawk de l’armée de l’air israélienne, une voiture Cadillac spécialement adaptée, le fameux papamobile à l’épreuve des balles et enfin un véhicule blindé autotracté du Shin Beth (service secret intérieur) conçu spécialement pour les étroites ruelles de la vieille ville de Jérusalem. Hormis les policiers et soldats en uniforme, le Shin Beth veillera à la garde rapprochée du Saint-Père durant tout son séjour en Israël. «Le Vatican a souligné que les considérations sécuritaires étaient pour eux prioritaires», commente un responsable gouvernemental, Moshé Fogel. Mais les services de sécurité palestiniens ne seront pas en reste lors de la visite de Jean-Paul II mercredi à Bethléem. Le pèlerinage pontifical a ainsi donné lieu à une réelle coopération entre les services de sécurité des deux pays. C’est, par exemple, à bord d’un hélicoptère militaire israélien frappé de l’étoile de David que le souverain pontife arrivera le 22 au matin à Bethléem, explique M. Fogel, qui va même jusqu’à parler de «totale harmonie» entre services de sécurité israéliens et palestiniens. «Nous coopérerons étroitement avec Israël pour que le pape puisse venir et circuler en toute sécurité», a, de son côté, assuré à la presse le colonel Jibril Rajoub, chef de la sécurité préventive palestinienne en Cisjordanie. Rien n’a été négligé, par ailleurs, au niveau médical. «Jean-Paul II est un homme âgé, qui a des problèmes de santé. Durant tout son séjour, deux médecins venus de Rome et deux médecins israéliens seront à ses côtés, et partout où il se trouvera, un hôpital du voisinage sera en état d’alerte», a indiqué un responsable du ministère de la Santé, Michaël Dor.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Déjà sur le qui-vive de crainte d’attentats d’intégristes palestiniens, le gouvernement israélien a mis en place un dispositif de sécurité d’une ampleur sans précédent pour le pèlerinage du pape en Terre sainte. «Au total, 17 695 officiers de police et plusieurs milliers de soldats ont été mobilisés pour assurer la sécurité de Jean-Paul II, de quelque 54 000 pèlerins et de 2 000 journalistes qui l’accompagneront» du 21 au 26 mars, a indiqué à la presse le commandant en chef de la police, Yéhouda Wilk. «Chaque jour, de 5 000 à 6 000 policiers suivront le pape dans ses déplacements. Le président (américain) Bill Clinton lui-même n’a pas eu droit à un tel traitement durant ses visites en Israël. Il faut être extrêmement prudent», a-t-il ajouté en soulignant que la fête juive de Pourim (carnaval),...