Al Gore mène l'offensive sur les terres de la famille Bush
le 15 mars 2000 à 00h00
Le vice-président Al Gore, désormais assuré de l’investiture démocrate à la présidentielle américaine, est venu porter la bataille contre les républicains sur les terres de la famille Bush, en peaufinant ses thèmes de campagne. Comme la veille au Texas, dont le gouverneur est George W. Bush, Al Gore a affûté lundi en Floride, l’autre grand État du Sud que gouverne le frère aîné Jeb Bush, les attaques et arguments qu’il va lancer dans les huit mois de la course à la Maison-Blanche. Outre le bilan époustouflant de l’économie américaine, il a parlé de fiscalité, santé, pouvoir de l’argent et armes à feu. Au Jackson Memorial Hospital de Miami, un établissement médico-universitaire de 1 567 lits, l’un des plus en pointe de Floride, Al Gore souligne le fléau national que représentent les morts par armes à feu : «Près de la moitié des enfants traités ici le sont pour des blessures par balles». Martha Baker, une infirmière des urgences, venue confirmer le soutien des syndicats des professions de santé au candidat Gore, indique que des médecins en traumatologie viennent du Canada pour étudier ici des cas qu’ils connaissent peu chez eux. M. Gore exige des excuses du directeur de la NRA, le lobby de l’armement proche des républicains, Wayne LaPierre, qui avait accusé dimanche l’administration du président Bill Clinton d’avoir «besoin d’un certain niveau de meurtres pour promouvoir son programme politique». MM. Gore et Clinton veulent notamment un délai de 72 heures pour vérifier les antécédents de l’acheteur d’un revolver ou d’un fusil ainsi que des verrous de sécurité pour les enfants. La plus forte charge contre George W. Bush va cependant à son projet de redistribution de l’excédent budgétaire de 2 100 milliards de dollars aux ménages et entreprises américaines sous forme d’allègements fiscaux. Selon le vice-président, ces propositions mettent en péril l’avenir des services de santé et des pensions retraites. «Il nous faut mettre de côté suffisamment pour garantir les pensions et renforcer l’aide médicale à la génération baby-boom qui prendra bientôt sa retraite», lance-t-il. Et il ajoute sous les applaudissements : «Je veux faire en sorte que personne ne reste sur le carreau. Je veux que chaque enfant puisse avoir droit à une santé abordable». Ceci n’est pas les cas pour 11 millions d’enfants aux États-Unis, selon le sénateur de Floride Bob Graham. M. Gore se fait aussi l’avocat d’«une déclaration du droit des patients» face aux assurances de santé privées (HMO), qui limitent parfois les prestations médicales à leurs clients. Enfin Al Gore lance une pierre dans le jardin de George W. Bush qui a bénéficié d’importants financements privés pour sa campagne électorale en préconisant comme John McCain, le concurrent républicain battu par Bush, de réduire ces contributions. «J’en appelle à l’élimination du “soft money”. Ma position est celle de John McCain, Bill Bradley et, je crois, de la plupart des républicains». Le vice-président est certes sur un terrain glissant : son adversaire l’attaque déjà sur l’affaire de financements illicites en 1996 pour les démocrates dans un temple bouddhiste de Californie et pour des démarchages depuis le bureau de la Maison-Blanche. M. Gore, revenu lundi soir dans son fief familial du Tennessee, retournera mardi soir en Floride à Talahassee, pour accueillir les résultats sans surprise des primaires dans six États du Sud où il est le seul candidat officiel des démocrates depuis le retrait de Bill Bradley.
Le vice-président Al Gore, désormais assuré de l’investiture démocrate à la présidentielle américaine, est venu porter la bataille contre les républicains sur les terres de la famille Bush, en peaufinant ses thèmes de campagne. Comme la veille au Texas, dont le gouverneur est George W. Bush, Al Gore a affûté lundi en Floride, l’autre grand État du Sud que gouverne le frère aîné Jeb Bush, les attaques et arguments qu’il va lancer dans les huit mois de la course à la Maison-Blanche. Outre le bilan époustouflant de l’économie américaine, il a parlé de fiscalité, santé, pouvoir de l’argent et armes à feu. Au Jackson Memorial Hospital de Miami, un établissement médico-universitaire de 1 567 lits, l’un des plus en pointe de Floride, Al Gore souligne le fléau national que représentent les morts par armes...
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