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Actualités - Opinion

Et si on parlait un peu de Monsieur l'homme ...

On célèbre aujourd’hui la journée de la femme. Une occasion en fait pour la décortiquer minutieusement, comme si elle était un insecte rare ! Les uns lui assignent le fil et l’aiguille, la vocation d’attendre, de répondre docilement oui à toute injonction. D’autres voient en elle une Lolita, flâneuse, dragueuse. Tandis que certaines, suivant une trajectoire sociale ascendante, cinglent patiemment vers la ressemblance. Elles s’approprient des institutions, s’épanouissent dans des hôpitaux, des universités, des sociétés. Et les hommes commencent à s’agacer sérieusement du «droit à la différence». Mais qu’en pense l’intéressée ? Une vieille dame répond : «D’abord, oublions le verbiage traditionnel qui accompagne cette journée de la femme». Toute menue, portant son âge avec une assurance impériale, sa main lourdement baguée s’appuyant sur une canne à pommeau d’argent, elle réplique... en racontant l’homme ! Les hommes, ces têtes chercheuses. Les décideurs. Tous, les petits, les gros, les humbles, les costauds, les riches et les fauchés, les qui-pensent, les qui-suent. Ceux-là mêmes qui, depuis des siècles, lui promettent égalité, paix, développement, démocratie. Pontifiants, sorte d’Atlas portant le monde, ils vendent des idées, des conseils. Ils n’arrêtent pas. Ils ne nous convainquent pas. Pourtant, ils continuent à gérer notre vie. Des politiciens rarement crédibles qui cherchent à séduire comme en pleine campagne électorale, en sachant qu’aucun de leurs engagements ne sera tenu. Comme le dit l’un d’eux, un sourire narquois aux lèvres : «les promesses n’engagent que ceux qui y croient». Des hommes galants et protecteurs. Un rôle opérationnel qui leur permettra de jouer les «guides». Sans avoir l’air d’y toucher. Prenez l’urbanisme, l’architecture où ces messieurs sont rois. Regardez ces horreurs que sont les mégapoles d’aujourd’hui. Frappés d’impuissance imaginative, les artistes du béton élaborent la pensée contemporaine en répétant le même exercice épuisant et difficile : des structures verticales donnant sur d’autres structures encore plus verticales, sans perspective, sans jardins, sans horizon. Et ils claironnent ensuite l’apocalypse de la nature ! Tout en ménageant les verts, ces «responsables» combattent l’écologie. À coups de programmes douteux, ils polluent les rivières, asséchent les fleuves et bétonnent la mer. Et on n’en a pas fini avec les vagues. Dans les rues encombrées, c’est le règne du passe-droit. Et il faut laisser-faire. Un convoi qui déboule avec 4x4, armes et bagages, ce n’est pas n’importe qui. L’officiel, le «zaïm» est pressé ; il doit toujours avoir la priorité, comme si le temps d’autrui ne comptait pas. Un tel homme ne mérite-t-il pas l’estime de ses concitoyens ? Jamais en panne d’idées, d’ambitions et de projets intellectuels, ils parlent de l’éducation civique, de la morale. Et cela depuis des années. Non pas dans les manuels scolaires mais vautrés dans des fauteuils, le cigare fiché au bout du bec. Ils sont incontournables. On citera leurs bons mots, la dernière boutade dans le moindre des dîners en ville. Tout cela sans oublier les libres propos, les entretiens confidentiels, les points de vue, débauche d’idées qui sont autant de clichés insipides répandus dans le monde. (Il faut être médiatisé pour être : instaurons la journée de l’homme) ! Et celui-là. Portant barbe large et fleurie qu’il caresse silencieusement, l’œil mi-clos, d’un geste paterne, ce qui en dit long sur n’importe quel jugement quand on lui demande un avis sur le livre d’un confrère. Au sein de sa famille impressionnée par son charisme, son talent, c’est un gourou, un maître. Prenant la pose harrassante du penseur de Rodin, il dispense des leçons sur le décolleté d’un vêtement, la poupée de sa fille, la couleur du cendrier, la cuisine, le football... Glissant l’inédit, le rare, le peu connu, à des doses homéopathiques. Avec des mots d’ordre terre à terre, ils décident une hausse d’impôts sans augmentation de salaires. Il faut dire que l’argent facile pourrit dans la société et moisit dans toutes les bourses. L’accablement est perceptible. Ils éprouvent le besoin de s’épancher : «les charges, les taxes, les impôts... Vais-je tenir ?». Ils errent de bar en bar, de femme en femme. Vont aux Antilles. Ou au Lexotanil. L’homme est pourtant attendrissant. Même marié, il demeure seul, abandonné sur cette planète. Il naît, court, se dépêche de vivre, tente d’être heureux, souffre et meurt. Entre-temps, il se marie, a des enfants. Prend des photos en couleurs pour immortaliser l’éphémère. Comme c’est émouvant de le voir sourire sur les clichés. Dans ses bras, il tient un bébé tout rose. Dans sa main, il serre celle de son épouse. Est-ce pour l’empêcher de partir ou seulement pour se rassurer ? Non, c’est une fausse alerte. Il n’est pas si modeste. C’est ce que dit la vieille dame.
On célèbre aujourd’hui la journée de la femme. Une occasion en fait pour la décortiquer minutieusement, comme si elle était un insecte rare ! Les uns lui assignent le fil et l’aiguille, la vocation d’attendre, de répondre docilement oui à toute injonction. D’autres voient en elle une Lolita, flâneuse, dragueuse. Tandis que certaines, suivant une trajectoire sociale ascendante, cinglent patiemment vers la ressemblance. Elles s’approprient des institutions, s’épanouissent dans des hôpitaux, des universités, des sociétés. Et les hommes commencent à s’agacer sérieusement du «droit à la différence». Mais qu’en pense l’intéressée ? Une vieille dame répond : «D’abord, oublions le verbiage traditionnel qui accompagne cette journée de la femme». Toute menue, portant son âge avec une assurance...