La petite république de Nauru, dans le Pacifique Sud, a été classée au 2e rang mondial parmi les paradis fiscaux les plus actifs dans un rapport américain qui affirme que cette région du monde constitue un important centre de blanchiment de l’argent de la mafia russe. La dernière étude du service US sur le Contrôle international des narcotiques, publié le week-end dernier sur Internet par le site du département d’État américain, a recensé pas moins de 400 banques off-shore enregistrées à Nauru qui bénéficient d’une boîte postale. Selon ce document, 38 % des sociétés internationales et des centres financiers off-shore sont immatriculés en Asie et dans le Pacifique. Il souligne par ailleurs que la Banque centrale de Russie a mis en place des mesures de surveillance pour les transactions financières off-shore concernant les îles Marshall, Nauru, Niue, Samoa et Vanuatu, pays qui sont tous situés dans le Pacifique Sud. «Même au sein des centres financiers off-shore bien contrôlés, les possibilités pour des États souverains de maquiller des pertes financières ou pour des criminels de placer des fonds illicites sont de plus en plus nombreuses», estime ce document. Avec ses 400 établissements financiers off-shore, Nauru, qui ne compte que 10 000 habitant sur une île de 24 kilomètres carrés arrive juste derrière les îles Caïmans (Antilles), qui en comptent 584. Cependant les Caïmans disposent d’un système de contrôle légal sur le blanchiment de l’argent de la drogue, Nauru non. «Les banques off-shore de Nauru apparaissent particulièrement susceptibles d’effectuer des opérations de blanchiment d’argent sale», souligne le rapport de l’administration américaine. Selon la Banque centrale de Russie, près de 80 milliards de dollars auraient transité par les banques de Nauru, dont la majeure partie de la clientèle veut faire des affaires à l’abri de la vigilance de Moscou. Des clients asiatiques et sud-américains, ayant des liens avec la mafia, ont également utilisé les banques off-shore de Nauru pour blanchir des capitaux. La simplicité de la procédure pour les transferts de fonds ainsi que le secret bancaire qu’offrent les banques de Nauru expliquent en partie le développement de ces activités financières illicites. De même, le manque de vigilance des autorités de Nauru et la facilité pour obtenir une licence pour créer une banque off-shore ont encouragé ce phénomène. «De par leur nature même, les banques off-shore de Nauru offrent un fonctionnement idéal pour blanchir des capitaux», observe le rapport. «Même s’il est nécessaire de fournir un extrait de casier judiciaire vierge pour créer une banque, les autorités de Nauru n’ont aucun moyen de vérifier l’authenticité des documents», poursuit-il.
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