Après plusieurs journées d’accalmie sur le marché des changes de Beyrouth, une certaine demande du dollar qualifiée de commerciale a été relevée hier, entraînant parfois quelques offres en cette monnaie à des fins de placements en livre libanaise sous le rapport de sa rentabilité relativement bonne. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû clôturer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier tantôt entre 1 502,50 et 1 503,50 LL et tantôt entre 1 503,00 et 1 503,50 LL, et ce au gré de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande qui s’est sensiblement développé, ont indiqué les cambistes. En effet, le volume d’affaires de la journée d’hier aurait dépassé huit millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Nouvel accès de faiblesse de l’euro À l’étranger, l’euro est resté sous pression en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux autrement calmes en l’absence d’indications économiques des deux côtés de l’Atlantique, alors que la livre sterling tombait à son plus bas niveau depuis huit mois face au dollar contrairement au yen qui présentait toujours des signes de fermeté. La monnaie unique européenne est restée donc faible, ne parvenant que passagèrement à franchir à la hausse le seuil psychologique de 0,96 dollar. Elle a donc continué à être boudée par les investisseurs après ses accès de faiblesse de la semaine dernière à l’annonce de chiffres meilleurs que prévu sur l’emploi aux États-Unis pour le mois dernier. Selon les cambistes, les opérateurs ont bien aimé être plus positifs envers la monnaie unique européenne après les propos rassurants du président de la Bundesbank, Ernst Welteke, à la revue bimensuelle Capital au sujet de l’inflation qui reste maîtrisée dans la zone euro. Mais le passé tourmenté de la monnaie européenne poussait toujours les investisseurs à conserver une attitude plus réservée envers elle, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux pour expliquer sa faiblesse persistante. De son côté, la livre sterling s’est davantage dépréciée face au billet vert car le marché table toujours sur un maintien des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre après-demain lors de la réunion de son comité de politique monétaire. Cela d’autant que nombre d’analystes s’attendaient à un nouveau tour de vis monétaire aux États-Unis le 21 mars à l’issue de la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed), ce qui profitait au dollar qui a un peu réagi hier aux déclarations de son président Alan Greenspan lors d’une conférence sur la nouvelle économie américaine à Boston (Massachusetts). M. Greenspan a souligné dans cette conférence que la Fed devait se montrer vigilante pour parvenir à équilibrer l’offre et la demande et éviter la surchauffe de l’économie. Pour ce qui est du yen, il a profité toujours des transferts de dollars et d’euros en yens effectués par des cambistes japonais pour se couvrir avant la fin de l’année fiscale au Japon. Et à en croire certains cambistes, des rumeurs sur les marchés concernant une éventuelle intervention de la Banque du Japon empêchait néanmoins le yen d’être plus agressif envers le billet vert qui s’est finalement négocié à New York comme suit : – 1,9887 pour un euro contre 0,9590, vendredi dernier – 1,5735 pour un sterling contre 1,6775 – 2,0405 DM contre 2,0400 – 6,8425 FF contre 6,8410 – 1,6775 FS contre 1,6765 – 2 020,05 lires contre 2 019,30 – 107,55 yens contre 107,90. Bourse de Beyrouth : forte baisse de la BLC À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la baisse en ce début de semaine en raison de la rechute des actions C de la Banque libanaise pour le commerce (BLC) de 10 3/8 à 9 3/8 dollars soit dans une proportion plus grande que la hausse conjuguée des actions A et B de Solidere de 7,00 à respectivement 7 1/4 et 7 1/8 dollars. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a cédé 0,91 % à 71,11 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a diminué de 1,95 % à 162,81 points. Ce mouvement s’est encore une fois déroulé dans une marché dépourvu d’activité avec au total 14 589 actions d’une valeur globale de 97 177 dollars. Wall Street : baisse du Dow Jones Sur les places boursières internationales, des prises de bénéfices ont pesé en ce début de semaine sur les valeurs traditionnelles et cycliques à Wall Street après cinq séances consécutives de gains, permettant à l’indice Dow Jones des industrielles de repasser largement au-dessus du seuil des 10 000 points. Pourtant sur l’indice Nasdaq de la Bourse électronique, les opérateurs ont tenté hier une percée vers les 5 000 points, après avoir conquis les sommets de 4 700, 4 800 et 4 900 points la semaine dernière. Les courtiers ont toutefois procédé à quelques liquidations sur les valeurs traditionnelles, après l’intervention du président de la Fed, Alan Greenspan, sur la nouvelle économie américaine et les percées technologiques. Cela d’autant qu’il a évoqué l’éventualité d’un nouveau resserrement monétaire aux États-Unis pour prévenir la surchauffe de leur économie. C’est ainsi que malgré la nouvelle hausse du Nasdaq, l’indice Dow Jones des industrielles a dû fléchir d’un plus haut à 10 383,05 points à un plus bas à 10 212,24 points, avant d’afficher en préclôture 10 218,28 points, en baisse de 148,92 points sur vendredi dernier. Hausse des Bourses européennes grâce aux médias Les Bourses européennes ont terminé pour la plupart en hausse modérée lundi, l’engouement des investisseurs pour les valeurs des médias permettant de compenser les prises de bénéfices sur les télécoms. Les marchés se sont montrés moins «flamboyants» que la semaine dernière, les investisseurs se voulant prudents avant un important discours du président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan sur les valeurs de technologie qui n’est «tombé» qu’après la clôture. Greenspan a réaffirmé que les gains boursiers réalisés dans le sillage d’une forte productivité essentiellement technologique menacent de stimuler à ce point la demande que l’offre ne puisse plus suivre. Il a jugé que les tensions du marché du travail risquaient d’avoir de «graves implications» inflationnistes sur l’économie, tout en jugeant que l’inflation reste pour l’instant modérée. À Paris, l’indice CAC 40 a terminé sur son troisième record d’affilée, grâce à un gain de 0,49 %, tandis qu’à Londres, le FTSE 100 s’adjugeait 1,2 % et qu’à Francfort, le Dax terminait sans grand changement, en légère hausse de 0,20 %. Madrid a gagné 0,56 %, Milan 1,05 % et Zurich 0,89 %. Amsterdam était quasiment inchangée (-0,04 %) tandis que Bruxelles cédait 0,5 %. Les indices multipays ont néanmoins reflété la tendance générale. L’indice Eurotop 300, paneuropéen, s’est apprécié de 0,98 %, tandis que l’Eurostoxx50, centré sur la zone euro, gagnait 0,26 %. Signe de l’atmosphère en demi-teinte qui a régné sur les marchés, toutes les valeurs de télécoms n’étaient pas forcément bien orientées. Si le géant britannique du cellulaire Vodafone AirTouch a bondi de 8 %, conformément au dernier accroissement de sa pondération dans les indices de la Bourse de Londres, certains grands opérateurs ont terminé en net repli. Ainsi, à Paris, France Telecom a abandonné 5,80 % à 203 euros, après sa flambée de jeudi dernier, tandis que British Telecom a cédé 1,61 % à 1 288 pence. À Francfort, Deutsche Telekom n’a terminé qu’en légère hausse (+0,58 % à 103,50 euros) après avoir fortement monté ces jours derniers sur des rumeurs d’acquisitions aux États-Unis. En revanche, les valeurs de médias étaient très recherchées. British Sky Broadcasting a terminé en hausse de 11,71 % à 2 145 pence. Son concurrent Canal + s’est adjugé 9,62 % à 310 euros. Le français TF1 a bondi de 11,55 %. L’agence de presse mondiale Reuters a gagné 3,80 % à 1 625 pence, tandis que Pearson engrangeait 7,7 % à 2 487,6 pence. Le groupe de presse éditeur du Financial Times a annoncé un partenariat avec l’américain Aol, ainsi qu’une progression de 15 % de son bénéfice imposable 1999 à 402 millions de livres, dans la fourchette des prévisions des analystes qui se situaient autour de 309-413 millions. Le thème des services financiers en ligne a animé le marché. Banca di Roma a bondi de 25,8 % après avoir annoncé en fin de semaine dernière la création d’un nouvelle banque en ligne avec Telecom Italia qui devrait être cotée en Bourse. Le fournisseur d’accès à Internet italien Tiscali s’est apprécié de 10,7, le marché s’attendant à l’annonce d’un accord avec un important groupe financier. À Francfort, le courtier en ligne ConSors Discount-Broker a cédé 1,6 % à 146,60 euros, après avoir progressé pendant l’essentiel de la séance. Le numéro un européen du courtage sur Internet a confirmé le lancement d’une filiale en Italie en partenariat avec la Banca Popolare Commercia e Industria. Tokyo : clôture en baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 0,7 % lundi, à la suite de prises de bénéfices de dernière minute, selon les opérateurs. L’indice Nikkei a cédé 131,19 points, en baisse de 36,66. Le volume des échanges est resté modéré avec 673 millions de titres changeant de mains contre 717,3 millions vendredi. «Il y a eu des prises de bénéfices en fin de séance», a indiqué Masatoshi Sato, opérateur à Kankaku Securities. «Aujourd’hui, les victimes étaient les valeurs des technologies de l’information avec en tête Sony et Softbank, après leurs gains de la semaine dernière». «Il est difficile en ce moment d’acheter des actions, juste avant la clôture de l’année fiscale, beaucoup d’investisseurs voulant verrouiller leurs profits», a-t-il ajouté. Les plus grandes sociétés japonaises clôturent en effet leurs comptes à la fin du mois de mars. La Bourse avait été en hausse en début de séance dans le sillage de la montée des valeurs vendredi sur le marché américain, en particulier dans le secteur high-tech. Le Nasdaq avait battu vendredi un nouveau record en gagnant 160,27 points soit 3,3 % à 4 914,78. Sony a perdu 1 450 yens, soit 4,6 %, à 29 550 yens, en baisse après les gains que lui a valus le lancement, samedi au Japon, de sa nouvelle PlayStation2. Softbank était en baisse de 2 000 vens, soit 15 % à 117 000 yens.
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