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Actualités - Opinion

En gros plan Le Liban mondialisé

Dans sa chronique du Point (numéro en date du 14/1/2000), Bernard-Henri Lévy écrivait: «Rachat de Time-Warner par AOL (America On Line). Autant dire: rachat de l’usine à rêves et à presse, de Hollywood et de «Citizen Kane» par l’Internet. Cette fois nous y sommes: le XXIe siècle a commencé». Rappel pour ceux qui ne seraient pas au courant: AOL est le premier fournisseur d’accès à Internet au monde; Time-Warner, géant de la communication (120 millions de lecteurs au total), contrôle – pour ne parler que de cinéma – les sociétés Warner Bros et New Line Cinema (un catalogue de 5700 films). Avec, comme président, le trop fameux Ted Turner, ex-compagnon de Jane Fonda. De là à parler, comme l’ont fait certains, de la «privatisation totale d’un collectivisme absolu»... En ajoutant que «demain, nul ne pourra exister qui restera “hors réseau”: adieu Nerval, Rimbaud ou Lautréamont, sans oublier Brassens et sans parler de Pierre Dac». Tout cela est moderne, bien sûr, mais sombrement inquiétant. Réaction prévisible de nos lecteurs: d’accord, mais en quoi sommes-nous concernés? Réponse: mais si, nous le sommes. Compte tenu, évidemment, des proportions – combien modestes – du marché libanais. Explication. À notre toute petite échelle, le phénomène de la mondialisation – c’est-à-dire de la concentration – a commencé à jouer. Au rythme (rapide) où vont les choses, les deux seuls circuits rivaux (distributeurs/exploitants) qui s’imposent au Liban dicteront leurs choix: à commencer par les films, ceux que nous pourrons voir et ceux que l’on aura décidé de ne pas nous montrer (on devine selon quels critères!). Au grand dam des distributeurs «indépendants» qui s’accrochent encore... Mondialisation, formule locale! Certes, le cinéma américain est incontournable, et qui ne l’aime pas?! Mais – ô sacrilège – on ne voudrait pas voir «que» des films américains. Le droit de rêver...
Dans sa chronique du Point (numéro en date du 14/1/2000), Bernard-Henri Lévy écrivait: «Rachat de Time-Warner par AOL (America On Line). Autant dire: rachat de l’usine à rêves et à presse, de Hollywood et de «Citizen Kane» par l’Internet. Cette fois nous y sommes: le XXIe siècle a commencé». Rappel pour ceux qui ne seraient pas au courant: AOL est le premier fournisseur d’accès à Internet au monde; Time-Warner, géant de la communication (120 millions de lecteurs au total), contrôle – pour ne parler que de cinéma – les sociétés Warner Bros et New Line Cinema (un catalogue de 5700 films). Avec, comme président, le trop fameux Ted Turner, ex-compagnon de Jane Fonda. De là à parler, comme l’ont fait certains, de la «privatisation totale d’un collectivisme absolu»... En ajoutant que «demain, nul ne...