Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Efforts euro-américains pour garantir un retrait dans le calme

Si d’ici au mois d’avril le processus de paix syro-israélien n’a pas encore redémarré, un retrait israélien unilatéral du Liban-Sud serait pratiquement inéluctable. Une source ministérielle affirme que le Liban devrait être prêt alors à faire obstacle à toute tentative israélienne de provoquer, le cas échéant, des dissensions internes dans le pays. Le Premier ministre Sélim Hoss et les dirigeants syriens ont déjà souligné qu’ils n’avaient rien contre un tel retrait. Et pour cause : l’État hébreu ne devrait surtout pas croire que la menace d’une évacuation de ses troupes sans accord préalable avec Beyrouth et Damas est susceptible de constituer une carte de pression entre ses mains. En tablant sur le fait que la résistance poursuivrait ses opérations contre son territoire après son retrait du Liban, Israël justifierait ainsi a priori de nouvelles frappes contre l’infrastructure de son voisin du Nord ; à la différence que, cette fois-ci, les autorités à Beyrouth n’auraient plus alors aucune raison valable de protester. Or, selon la source susmentionnée, la résistance est tout à fait consciente de l’enjeu et sait très bien quand il convient de cesser ses opérations. Le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a d’ailleurs été très clair sur ce point dans une interview accordée au magazine américain Middle East Insight. Il a indiqué que la zone libérée serait placée sous le contrôle de l’État libanais. En d’autres termes, le Hezbollah aurait la même attitude que celle adoptée à la suite de l’évacuation de Jezzine par l’Armée du Liban-Sud. Il s’était alors abstenu d’y entrer et d’entreprendre des attaques à partir de cette région. Il n’y aurait donc aucune raison pour qu’il n’agisse pas de même après chaque retrait israélien. Néanmoins, il n’y a pas encore eu de réponse «officielle» du parti islamiste concernant les appréhensions israéliennes à l’égard de la sécurité de ses frontières nord après son retrait du Liban-Sud. C’est ce qui donne lieu en Israël et aux États-Unis à de nombreuses interprétations. Qui peut garantir que la résistance cessera effectivement ses opérations après un retrait unilatéral du Liban ou même du Golan syrien ? En outre, rien ne permet d’assurer que les intérêts israéliens dans le monde ou même en Israël ne seraient pas la cible d’attaques de la part du Hamas ou du Jihad islamique. D’où la nécessité pour l’État hébreu de réaliser que seul un accord avec la Syrie est susceptible de constituer un véritable prélude à une paix globale dans la région. Un retour indispensable au calme En tout état de cause, les États-Unis et l’Union européenne s’emploieraient à préserver un calme au moins relatif au Liban-Sud en vue d’aboutir à une reprise des réunions du comité de surveillance et peut-être même des négociations de paix. En cas de retrait israélien unilatéral, en l’absence d’un accord avec Beyrouth et Damas, les États-Unis et l’UE chercheraient aussi à faire en sorte que l’évacuation ait lieu dans le calme. Le but est de permettre aux autorités libanaises de remplir sans problème le vide laissé par les troupes d’occupation. Le Premier ministre israélien Ehud Barak table pour sa part sur le fait que l’option du retrait unilatéral inciterait la Syrie à revenir à la table des négociations pour aboutir à un accord sur une évacuation du Liban-Sud mais aussi du Golan. En effet, M. Barak estime que Damas ne peut courir le risque d’un retrait du Liban à l’exclusion du Golan, car Israël pourrait alors repousser sine die l’échéance d’une évacuation du plateau syrien. De toute manière, selon la source ministérielle susmentionnée quelles que soient les intentions du gouvernement Barak, le Liban et les Arabes doivent resserrer les rangs et constituer un front commun face à l’État hébreu.
Si d’ici au mois d’avril le processus de paix syro-israélien n’a pas encore redémarré, un retrait israélien unilatéral du Liban-Sud serait pratiquement inéluctable. Une source ministérielle affirme que le Liban devrait être prêt alors à faire obstacle à toute tentative israélienne de provoquer, le cas échéant, des dissensions internes dans le pays. Le Premier ministre Sélim Hoss et les dirigeants syriens ont déjà souligné qu’ils n’avaient rien contre un tel retrait. Et pour cause : l’État hébreu ne devrait surtout pas croire que la menace d’une évacuation de ses troupes sans accord préalable avec Beyrouth et Damas est susceptible de constituer une carte de pression entre ses mains. En tablant sur le fait que la résistance poursuivrait ses opérations contre son territoire après son retrait du Liban,...