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Actualités - Biographie

La bonne étoile de Abdou Diouf(photo)

Une bonne fée semblait s’être penchée sur le berceau de Abdou Diouf, 65 ans, président socialiste du Sénégal depuis 1981 et candidat à sa propre succession pour la présidentielle du 27 février, une élection que, pour la première fois, il n’est pas certain de gagner. Toutes les portes du pouvoir se sont ouvertes sans difficulté pour cet ancien haut fonctionnaire pondéré et courtois, auquel ses détracteurs reprochent de n’avoir jamais eu à «aller au charbon» et d’être ainsi coupé du Sénégal profond. Considéré comme l’un des derniers sages de l’Afrique, ce musulman attaché à la laïcité de l’État et marié à une catholique dirige depuis près de 20 ans avec souplesse un pays qui a longtemps été considéré comme «la vitrine démocratique de l’Afrique». Une souplesse que ses adversaires qualifient parfois de «laxisme» dans un pays où l’alternance ne s’est jamais produite, mais où il a instauré un «multipartisme total» qui a donné naissance à une quarantaine de partis. Considéré comme l’un des derniers piliers du «pré-carré français» en Afrique, Abdou Diouf se présente pour la quatrième fois, comme chef de file du Parti socialiste, à la magistrature suprême. Il assume cette fonction depuis la démission, le 31 décembre 1980, du président Leopold Sedar Senghor, le père de la nation, qui en avait fait son héritier. Il avait alors 46 ans et avait fait ses preuves pendant onze ans au poste de Premier ministre, qui le désignait pour succéder à Senghor, conformément à la Constitution. Depuis, le pouvoir n’a plus quitté ce gestionnaire, capable aussi de composer avec ses pires ennemis, mais qui affirme avoir horreur de «la politique politicienne». Mince et grand de taille (1,96 m), il donne de lui l’image d’un homme calme, voire timide, rejetant les effets oratoires, mais sa détermination à défendre ses idées n’en paraît que plus grande. Né le 7 septembre 1935 à Louga (nord) dans une famille modeste, le jeune Abdou Diouf s’initie d’abord au Coran, avant d’entreprendre des études brillantes à l’école française de Saint-Louis, alors capitale du Sénégal. Il étudie le droit à Dakar et poursuit ses études en France, où il sort major de l’École nationale de la France d’outre-mer, creuset de l’administration coloniale. En 1960, au moment de l’indépendance, il rentre au Sénégal et commence, à l’âge de 25 ans, une carrière brillante dans la fonction publique. D’abord gouverneur de région, puis directeur de cabinet de Senghor, il est nommé à un poste stratégique, celui de secrétaire général de la présidence. La bonne fée veille toujours sur lui et, sans coup férir, il devient ministre du Plan et de l’Industrie, puis Premier ministre, un poste nouvellement créé. En 1981, il succède à Senghor, qui lui a toujours accordé sa confiance. Il sera très largement élu président en 1983, puis réélu en 1988 et 1993, provoquant l’amertume d’une opposition frustrée qui réclame l’alternance. Au fil des années, Abdou Diouf a assuré la stabilité politique de son pays, tout en s’impliquant à l’extérieur dans de nombreuses médiations, notamment quand il fut président de l’OUA et de la Conférence islamique. Sa dernière campagne, menée au pas de charge à travers tout le pays, il l’a axée sur le changement et la lutte contre la pauvreté, affirmant haut et fort qu’il n’a pas subi l’usure du pouvoir.
Une bonne fée semblait s’être penchée sur le berceau de Abdou Diouf, 65 ans, président socialiste du Sénégal depuis 1981 et candidat à sa propre succession pour la présidentielle du 27 février, une élection que, pour la première fois, il n’est pas certain de gagner. Toutes les portes du pouvoir se sont ouvertes sans difficulté pour cet ancien haut fonctionnaire pondéré et courtois, auquel ses détracteurs reprochent de n’avoir jamais eu à «aller au charbon» et d’être ainsi coupé du Sénégal profond. Considéré comme l’un des derniers sages de l’Afrique, ce musulman attaché à la laïcité de l’État et marié à une catholique dirige depuis près de 20 ans avec souplesse un pays qui a longtemps été considéré comme «la vitrine démocratique de l’Afrique». Une souplesse que ses adversaires...