Maryam, une jeune Iranienne, légèrement maquillée et habillée en couleurs vives tranchant avec le tchador noir traditionnel, ne cachait pas sa joie à l’annonce de la victoire des réformateurs aux élections législatives, aux dépens des conservateurs. «Je n’ai vraiment réalisé ce que sont les conservateurs que lorsque je m’était rendue en vacances dans un petit village du Nord. Pour moi, ils étaient comme des sauvages», lance Maryam, 24 ans. Sa façon de s’habiller trahit sa soif pour davantage de liberté en République islamique : rouge à lèvres très vif, talons hauts, veste beige aux boutons dorés à la place du tchador noir traditionnel et fausse fourrure tachetée en guise de l’incontournable foulard islamique. C’est dans la capitale que la pression sera la plus grande en vue d’un changement, notamment dans les quartiers nord où se concentrent les boutiques chic et où «le conservatisme» est perçu comme un juron. «Je crois que les réformateurs offrent l’unique chance pour l’Iran», estime Setareh, 24 ans, une employée dans une agence de voyages, qui, à l’instar de plusieurs jeunes Iraniens, veut rompre avec les strictes «valeurs islamiques» imposées par les conservateurs. «Khatami nous a permis plus de liberté», ajoute-t-elle, jugeant que l’ambiance est plus détendue depuis son élection en 1997. «La situation a changé et nous espérons, tous, que le changement se poursuivra», insiste-t-elle. Hassan Zarrabi, un opticien qui tient boutique sur l’une des rues les plus modernes du nord de la capitale, espère ne plus revivre le jour où la police l’avait appréhendé parce que l’une de ses clientes avait une mèche qui débordait de son foulard. «Nous subissions trop de pressions. Je demandais à mes clientes de se tenir bien couvertes. Mais depuis l’arrivée de Khatami, ça va mieux», note Hassan, qui affirme avoir «bien sûr» voté pour les réformateurs. Même témoignage de Amir Vatankhah qui affirme lui aussi avoir été menacé par la police religieuse le 23 mai 1997, jour de l’élection de Mohammad Khatami. «Ce n’était qu’une bande de gamins, mais ils m’ont menacé : “Ne t’attends pas à ce qu’on lâche la pression sur vous”», raconte ce commerçant de vêtements au style occidental. «Ils nous ont fait peur pendant 20 ans, depuis la Révolution islamique. Mais je ne vais plus en avoir peur», dit-il. Guivar Shimah, 22 ans, affirme craindre que les conservateurs, au sein de la police, furieux des résultats du scrutin, ne se vengent des femmes qui, comme elle, se maquillent et se soucient peu des règles de la tenue islamique. «Ils vont commencer par nous tracasser. Ils seront fous», redoute-t-elle, ajoutant que le port du foulard ne constitue pas la plus grave des restrictions. «Le foulard, je le porte déjà, mais ce sont les autres libertés dont nous avons besoin : la liberté politique et économique», dit-elle. Ce ne sont pas seulement les riches qui aspirent à un changement de leur mode de vie : un chauffeur de taxi estime ainsi que les Iraniens sont tellement exaspérés par la situation actuelle que les réformateurs auront remporté les élections quels que soient leurs candidats. «Même avec une liste de chèvres, ils auraient gagné. Personne ne veut plus des conservateurs», lance-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Maryam, une jeune Iranienne, légèrement maquillée et habillée en couleurs vives tranchant avec le tchador noir traditionnel, ne cachait pas sa joie à l’annonce de la victoire des réformateurs aux élections législatives, aux dépens des conservateurs. «Je n’ai vraiment réalisé ce que sont les conservateurs que lorsque je m’était rendue en vacances dans un petit village du Nord. Pour moi, ils étaient comme des sauvages», lance Maryam, 24 ans. Sa façon de s’habiller trahit sa soif pour davantage de liberté en République islamique : rouge à lèvres très vif, talons hauts, veste beige aux boutons dorés à la place du tchador noir traditionnel et fausse fourrure tachetée en guise de l’incontournable foulard islamique. C’est dans la capitale que la pression sera la plus grande en vue d’un changement, notamment...