Présentés comme «la dernière chance de la République islamique», le président Mohammad Khatami et le nouveau Majlis qui lui est maintenant favorable doivent désormais mettre en œuvre des réformes tant espérées. «Ils ont gagné. Le peuple leur a fait confiance, mais maintenant c’est à eux de jouer. Ils sont condamnés à satisfaire l’immense espérance placée en eux», explique le sociologue Kazem Kordovani. «Le plus important, c’est que la société soit plus libre. Khatami a été élu pour cela en 1997. Son frère (Mohammad-Reza) a été plébiscité à Téhéran à ces législatives pour les mêmes raisons», ajoute-t-il. «Ce serait trop grave qu’ils ne réussissent pas. Ils sont la dernière chance de la République islamique. Le peuple, tout le peuple leur a fait confiance, même la droite qui a très sportivement reconnu sa défaite», ajoute le politologue Iradj Rachti, un ancien opposant au Chah, qui a soutenu la création de la République islamique. «Une déception serait une catastrophe», ajoute-t-il. «Les nouveaux députés doivent savoir qu’ils seront jugés par le peuple», écrit hier le quotidien Iran daily et «ils doivent garder à l’esprit que le peuple se réserve le droit de dire “non” quand il le juge nécessaire», ajoute le quotidien réformateur. Le nouveau Majlis, qui ne sera formé définitivement qu’après le deuxième tour, fin avril, ne sera pas réuni avant le mois de mai. En outre, sa première tâche sera de confirmer le gouvernement. Les principales orientations économiques du pays sont fixées par le plan quinquennal, qui a été récemment voté par le Parlement conservateur. «La marge de manœuvre économique est étroite. Les mesures prises pour lutter contre l’inflation et le chômage sont très sévères. Depuis trois ans, la situation a empiré. Le fait d’avoir un Parlement plus ouvert ne peut tout régler d’un coup de baguette magique», assure-t-il. Dans son «manifeste», le FP propose que le pays soit moins dépendant du pétrole – qui assure 90 % des recettes du pays –, mais il ne précise pas les moyens d’y parvenir. Il propose aussi «plus de liberté», notamment pour la presse, qui a vu la création de nombreux titres et en même temps l’emprisonnement de plusieurs journalistes, «accusés d’offense» ou de «propagande» contre l’islam. En matière de politique étrangère, la victoire des réformateurs a été accueillie très favorablement dans de très nombreux pays au monde. «Le rapprochement avec les pays européens, amorcé depuis l’élection de Khatami en 1997, comme en témoignent les visites du président à Rome, Paris et bientôt Berlin, ne peut être que conforté», a expliqué hier un diplomate européen. «Mais l’Iran va sans doute aussi, comme il y est pressé, trouver dans les prochains mois une façon de dialoguer directement avec les États-Unis, sans remettre en cause ses principes de base.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Présentés comme «la dernière chance de la République islamique», le président Mohammad Khatami et le nouveau Majlis qui lui est maintenant favorable doivent désormais mettre en œuvre des réformes tant espérées. «Ils ont gagné. Le peuple leur a fait confiance, mais maintenant c’est à eux de jouer. Ils sont condamnés à satisfaire l’immense espérance placée en eux», explique le sociologue Kazem Kordovani. «Le plus important, c’est que la société soit plus libre. Khatami a été élu pour cela en 1997. Son frère (Mohammad-Reza) a été plébiscité à Téhéran à ces législatives pour les mêmes raisons», ajoute-t-il. «Ce serait trop grave qu’ils ne réussissent pas. Ils sont la dernière chance de la République islamique. Le peuple, tout le peuple leur a fait confiance, même la droite qui a très...