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Actualités - Chronologie

Grozny fermée aux civils pour cause de déminage (photos)

Des centaines de civils tchétchènes tentaient lundi sans succès de rentrer chez eux à Grozny, mais la plupart étaient refoulés aux postes de contrôle par des soldats russes intraitables. La capitale tchétchène sera fermée aux civils jusqu’au 1er avril, a annoncé dimanche un porte-parole du représentant du gouvernement russe en Tchétchénie Nikolaï Kochman, en soulignant la nécessité de poursuivre le déminage de la ville et «d’éviter des épidémies». Autour des postes établis par les Russes aux abords de Grozny, les civils se pressent dans l’espoir de convaincre les soldats de les laisser passer en échange de quelques cadeaux : des produits alimentaires, des bouteilles de vodka, des cigarettes et parfois des bijoux. «Nous restons là malgré tout, car ce matin, les soldats ont laissé deux femmes retourner à Grozny. Elles leur ont donné une alliance en or. Nous n’avons pas d’or, mais seulement des cigarettes», raconte Heda, une femme de 51 ans. Heda a proposé sa cartouche de cigarettes Rostov aux soldats, mais en vain. À ce poste de contrôle, les militaires russes fument du tabac de meilleure qualité, sans doute grâce aux «cadeaux» d’autres civils. «Ils ne nous laissent pas passer car ils sont en train de terminer le pillage de la ville et ne veulent pas que nous en soyons témoins», affirme Souleïman, un homme d’une soixantaine d’années. «Qu’ils pillent, peu m’importe, d’ailleurs tout est détruit chez nous. Mais je veux rentrer à Grozny pour retrouver mon fils qui s’y trouve depuis une semaine et dont je suis sans nouvelles», ajoute Souleïman avec inquiétude. De nombreux témoignages ont fait état d’exactions des forces russes sur les civils à Grozny. Malika, elle aussi, souhaite revenir dans la capitale tchétchène dévastée : des amis lui ont dit que sa sœur venait d’y mourir, dans une cave, et que personne n’avait pu l’enterrer. «Je veux aller là-bas pour l’enterrer. C’est tout», répète Malika aux soldats. Vassili, un officier des troupes spéciales du ministère de l’Intérieur, explique à nouveau pourquoi le passage vers Grozny est interdit : «Des combattants tchétchènes se cachent encore sur place. Ils peuvent se livrer à des provocations le 23 février», date anniversaire de la déportation de 310 000 Tchétchènes, le 23 février 1944. «Il est vrai que ce jour est un jour de deuil pour les Tchétchènes, mais la guerre actuelle a fait dix fois plus de morts. La situation est bien pire aujourd’hui», estime Soultan, un vieillard à l’air fatigué qui attend depuis des heures mais espère encore faire fléchir les militaires russes. Avant d’arriver à ce poste, les centaines de civils qui cherchent à retourner à Grozny ont dû franchir de nombreux barrages et contrôles. Depuis samedi, les troupes russes ont l’ordre de limiter les mouvements de la population en Tchétchénie en raison d’un risque croissant «d’actes terroristes».
Des centaines de civils tchétchènes tentaient lundi sans succès de rentrer chez eux à Grozny, mais la plupart étaient refoulés aux postes de contrôle par des soldats russes intraitables. La capitale tchétchène sera fermée aux civils jusqu’au 1er avril, a annoncé dimanche un porte-parole du représentant du gouvernement russe en Tchétchénie Nikolaï Kochman, en soulignant la nécessité de poursuivre le déminage de la ville et «d’éviter des épidémies». Autour des postes établis par les Russes aux abords de Grozny, les civils se pressent dans l’espoir de convaincre les soldats de les laisser passer en échange de quelques cadeaux : des produits alimentaires, des bouteilles de vodka, des cigarettes et parfois des bijoux. «Nous restons là malgré tout, car ce matin, les soldats ont laissé deux femmes retourner à...