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Actualités - Chronologie

Criminalité Les sports de l'ex-URSS sous la coupe des mafias

Le plus haut dirigeant du hockey russe tué d’une rafale de mitraillette, le président d’un club ukrainien de football supprimé, un lutteur géorgien assassiné... L’ancien monde du sport soviétique s’est transformé en champ de bataille aux mains des syndicats du crime. Contrats sur la vie des hommes, blanchiment d’argent sale, arrestations d’officiels soupçonnés de corruption et d’extorsion de fonds ont pris le pas sur les comptes-rendus sportifs. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991 et le chaos économique qui en a résulté, le sport a particulièrement souffert d’un manque d’argent autrefois prodigué par l’Armée rouge, la police et les syndicats ouvriers de l’ex-URSS. Le tarissement des mannes officielles a conduit certains présidents de clubs à faire appel à l’économie parallèle, ce qui en retour a permis aux syndicats du crime de trouver un excellent moyen de recycler leur argent sale. Le premier signe de pourrissement du sport post-soviétique est apparu en avril 1994, quand un tueur à gages a supprimé Otari Kvantrishvili, le président d’une fondation omnisports qui contrôlait la Fédération russe de lutte. Tueurs à gages Depuis, les contrats criminels se sont multipliés. Le président de la Fédération russe de hockey sur glace, Valentin Sych, a été tué par des hommes armés en avril 1997. L’année précédente, le président de la Fondation nationale des sports, Boris Fiodorov, avait été grièvement blessé dans un guet-apens. Une des responsables du club de football du Spartak Moscou, Larisa Nechayeva, qui s’occupait des finances du club, a été également assassinée par des tueurs à gages dans sa maison de campagne, pendant l’été 1997. En Ukraine, l’ancien président du club de football de Donetsk, Akhat Bragin, a été victime d’un attentat dans la loge de son stade, lors d’un match de championnat, en 1995. La semaine dernière, en Moldavie, Valery Rymar, président du club de football Constructorul, a été supprimé d’une rafale de mitraillette. Rymar, surnommé Green, était membre d’un syndicat du crime et il avait déjà purgé une peine de dix ans de prison. D’autres responsables ne perdent pas la vie, mais la liberté. Le président de l’association des lutteurs d’Ukraine, Boris Savlogov, a été récemment interpellé et incarcéré pour extorsion de fonds. Il risque une peine de prison de huit ans. Le mois dernier, Ruvim Aronov, président d’une des meilleures équipes du football ukrainien, Tavria Simferopol, a été arrêté par la police locale pour extorsion de fonds. Les politiques n’y échappent pas. Le ministre russe des sports, Boris Ivanyuzhenkov, a reconnu récemment avoir été illégalement en possession d’une arme, avant d’être nommé ministre. On le soupçonne de faire partie du Podolsk, un syndicat du crime notoire à Moscou. Mais il a été blanchi par la justice. Fuite des joueurs Certains sportifs en vue n’ont plus qu’une idée en tête : fuir le pays pour ne pas être victime des criminels. Ainsi, la vedette du football russe Andrei Tikhonov a affirmé au quotidien Sport Express : «Je vais aller jouer à l’étranger. Je ne veux plus m’inquiéter, chaque jour, pour le sort de ma famille». Son épouse s’est fait voler sa jeep, sous la menace d’une arme, par des truands qui n’ont pas hésité à jeter son bébé dans la neige avant de s’emparer du véhicule. Il y a cinq ans, un autre footballeur du Spartak Moscou, Viktor Onopko, a quitté le pays après un incident similaire. Selon la presse russe, 80 % des fonds du football proviennent de sources douteuses. Mais sans cet argent sale, les clubs n’existeraient plus. Le fisc et le président russe par intérim lui-même, Vladimir Poutine, ont promis de s’attaquer à la corruption, mais si cela se produit, de nombreux clubs n’y survivront pas.
Le plus haut dirigeant du hockey russe tué d’une rafale de mitraillette, le président d’un club ukrainien de football supprimé, un lutteur géorgien assassiné... L’ancien monde du sport soviétique s’est transformé en champ de bataille aux mains des syndicats du crime. Contrats sur la vie des hommes, blanchiment d’argent sale, arrestations d’officiels soupçonnés de corruption et d’extorsion de fonds ont pris le pas sur les comptes-rendus sportifs. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991 et le chaos économique qui en a résulté, le sport a particulièrement souffert d’un manque d’argent autrefois prodigué par l’Armée rouge, la police et les syndicats ouvriers de l’ex-URSS. Le tarissement des mannes officielles a conduit certains présidents de clubs à faire appel à l’économie...