Le Liban comme tous les pays en voie de développement a un délai plus ou moins long pour se préparer à faire partie du Gatt en remplissant toutes les conditions requises. Le secteur agricole en particulier bénéficiera de cette adhésion, si l’État réussit dès à présent à orienter les agriculteurs vers les cultures pour lesquelles le Liban possède un avantage comparatif. « Toutes les études faites depuis 1994 pour améliorer le rendement du secteur agricole sont restées dans les tiroirs», affirme avec regret Louis Hobeika, secrétaire général de la CIC et auteur de plusieurs études sur la question. Une adhésion immédiate du Liban au Gatt, aux accords d’Euromed ou à l’organisation mondiale du commerce (OMC) portera un grand préjudice au secteur agricole et ne pourra lui assurer aucun acquis ou nouveau marché. Le Liban, dans sa situation actuelle, n’est pas en mesure d’imposer ses conditions pour protéger ses intérêts. « Le Liban n’est pas prêt à l’heure actuelle pour ouvrir son marché à l’importation. Le ministère de l’Agriculture n’a pas encore préparé les agriculteurs à affronter la concurrence des produits importés ce soit au niveau de la qualité ou au niveau du prix», souligne M. Hobeika qui se prononce d’ailleurs catégoriquement contre toute assistance gratuite aux agriculteurs. «La subvention financière directe par des dons a prouvé son échec dans l’amélioration des secteurs agricoles dans tous les pays. Il est réellement difficile de contrôler la bonne utilisation des ces aides», dit-il. Selon M. Hobeika, l’expérience réussie dans le domaine agricole est celle de la création de banques spécialisées qui s’adressent aux agriculteurs pour leur avancer des prêts. Et les protocoles d’entente entre pays imposant le respect de calendriers agricoles? Le secrétaire général de la CIC s’y dit opposé, préférant les accords de coopération économique bilatéraux qui englobent les secteurs des services, de l’industrie et de l’agriculture. «De tels accords sont plus équilibrés et protègent les intérêts des deux parties», dit-il. « L’entrée du Liban dans le Gatt aura l’avantage de lui conférer la possibilité de s’associer à l’élaboration des politiques commerciales et la mise en place des programmes internationaux. Elle lui permettra également de bénéficier pour son secteur agricole d’aides de la part du FMI et de la Banque mondiale», affirme pour sa part M. Michel Akl. Le président de l’Asplante estime par ailleurs que ce qui porte le plus de tort au secteur agricole actuellement, outre l’absence de financement adéquat et de technologie de pointe, c’est la concurrence illégale appliquée par les pays qui exportent vers le Liban. Or lorsque ces pays feront partie du Gatt, il leur sera interdit de poursuivre la subvention de leur agriculture. «À ce moment-là, la concurrence deviendra plus équitable».
Le Liban comme tous les pays en voie de développement a un délai plus ou moins long pour se préparer à faire partie du Gatt en remplissant toutes les conditions requises. Le secteur agricole en particulier bénéficiera de cette adhésion, si l’État réussit dès à présent à orienter les agriculteurs vers les cultures pour lesquelles le Liban possède un avantage comparatif. « Toutes les études faites depuis 1994 pour améliorer le rendement du secteur agricole sont restées dans les tiroirs», affirme avec regret Louis Hobeika, secrétaire général de la CIC et auteur de plusieurs études sur la question. Une adhésion immédiate du Liban au Gatt, aux accords d’Euromed ou à l’organisation mondiale du commerce (OMC) portera un grand préjudice au secteur agricole et ne pourra lui assurer aucun acquis ou nouveau marché....
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