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Actualités - Chronologie

Rafsandjani et Mohammad Reza Khatami, l'expérience contre l'enthousiasme

Deux fortes personnalités, un «ancien», Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, et un néophyte au nom prestigieux, Mohammad-Reza Khatami, porteront les couleurs des deux camps politiques antagonistes du pays, les conservateurs et les réformateurs. Tout les oppose. Mais campagne «à l’iranienne oblige», ils refusent de polémiquer dans une compétition pourtant sans pitié, qui peut changer le destin de la République islamique, mais où les coups sont feutrés et les attaques personnelles interdites. À 66 ans, M. Rafsandjani, le visage toujours souriant, presque angélique, et pratiquement imberbe, relève un nouveau défi politique, alors qu’il a accompli la carrière la plus brillante et la plus durable de toutes les personnalités politiques de la République islamique, président du Parlement (Majlis) de 1981 à 1989 puis de la République, de 1989 à 1997. Ancienne figure de l’opposition au chah, ce qui lui a valu de connaître les geôles impériales, il est issu d’une famille riche, qui cultive depuis des décennies la pistache dans la région de Rafsandjan (sud). Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani est aussi un dirigeant religieux de premier plan, ayatollah et imam de la prière du vendredi à Téhéran. Il bénéficie du soutien du populaire ancien maire de Téhéran, Gholamhossein Karbastchi, un modéré proche du président réformateur Mohammad Khatami, fraîchement sorti de prison. À 40 ans, Khatami junior, médecin urologue affable, plein de fougue et d’enthousiasme, découvre la politique. Physiquement, il ressemble à son frère, avec un regard plus incisif et la barbe plus blanche et soigneusement taillée. Il a été la surprise de ces derniers jours. Si la gauche réalise le «raz-de-marée» qu’il prédit, les députés pourraient peut-être même, pour le «perchoir», le préférer à Mehdi Kharoubi, un ancien président radical du Majlis, rallié au président Khatami. En l’absence d’Abdollah Nouri, l’ancien ministre de l’Intérieur, interdit d’élection car emprisonné pour «propagande anti-islamique», le jeune Khatami s’est imposé pour conduire la liste de la gauche réformatrice. Il séduit l’électorat de son frère. Et il a fait de son «Front de la participation», le moteur de la gauche, le parti présidentiel. Mais c’est le vide créé par l’absence de Nouri qu’entend combler aussi Rafsandjani. L’ancien président n’a pas manqué, en décembre, de déplorer l’emprisonnement de son ancien ministre. Mais fin 1998, il n’a que très timidement condamné le meurtre d’intellectuels et d’opposants, ce dont la gauche lui fait grief. Le but de Rafsandjani est de présider à nouveau le Majlis. Mais il faudra attendre plusieurs semaines, que le nouveau Parlement se réunisse. D’ici là, il y aura un obstacle de taille : se faire élire député, c’est-à-dire obtenir 25 % des voix. Dans cette course, l’ancien président est le porte-drapeau à la fois des religieux conservateurs, rassemblés au sein de la «Coalition de la ligne de l’imam et du Guide», et des modérés, du Parti Kargozaran (Construction), une formation réformatrice à sa dévotion. Depuis 1997, après avoir passé avec beaucoup d’élégance et de cordialité le flambeau à Mohammad Khatami, il reste un des «hommes forts» incontournables du pouvoir, en tant que président du Conseil de discernement, l’instance d’arbitrage du régime. Ses bureaux ont été la cible, le 5 février, d’un attentat revendiqué par les Moudjahidine du peuple, principal mouvement d’opposition armée. «La gauche, en choisissant Mohammad-Reza Khatami, a clos un très profond débat. Il en est résulté le divorce avec Rafsandjani. C’est le fait fondamental de cette élection», relève le sociologue et écrivain politique Kazem Kordovani. «Mais la gauche des frères Khatami, qui manque de très fortes personnalités à ces élections, est divisée. Il y a ceux qui veulent séparer la religion de l’État et ceux qui se réclament d’une interprétation plus libérale de l’islam. La droite, en choisissant Rafsandjani, apparaît moins tourmentée», ajoute-t-il.
Deux fortes personnalités, un «ancien», Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, et un néophyte au nom prestigieux, Mohammad-Reza Khatami, porteront les couleurs des deux camps politiques antagonistes du pays, les conservateurs et les réformateurs. Tout les oppose. Mais campagne «à l’iranienne oblige», ils refusent de polémiquer dans une compétition pourtant sans pitié, qui peut changer le destin de la République islamique, mais où les coups sont feutrés et les attaques personnelles interdites. À 66 ans, M. Rafsandjani, le visage toujours souriant, presque angélique, et pratiquement imberbe, relève un nouveau défi politique, alors qu’il a accompli la carrière la plus brillante et la plus durable de toutes les personnalités politiques de la République islamique, président du Parlement (Majlis) de 1981 à 1989 puis de la...