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Actualités - Chronologie

Un maître de la confusion

Le président indonésien Abdurrahman Wahid est passé maître dans l’art de la confusion pour atteindre ses objectifs. Ses volte-face, nombreuses depuis qu’il a accédé au pouvoir en octobre dernier, ont néanmoins un seul et même but : faire de son pays une démocratie et un État de droit après des décennies de pouvoir militaire. «La stratégie de Gus Dur (le surnom de M. Wahid) est de créer une atmosphère d’incertitudes et de confusion, où il est le seul à savoir d’où vient le vent», estime Kusnanto Anggoro, analyste politique du Centre d’études internationales et stratégiques (CSIS). Le président Wahid, éloigné pendant quinze jours de son pays, a pu mesurer la loyauté indispensable des forces armées pour brusquement changer d’avis. Sa décision en forme de coup de théâtre a reçu l’aval du commandant en chef des forces armées, l’amiral Widodo Adisucipto, qui a affirmé que ces dernières, terre, air et mer, seraient loyales. «Wiranto maintenant n’a plus le choix. Il n’a aucun soutien», a expliqué M. Anggoro. Un journaliste influent, Fikri Jufri, a comparé de son côté le président Wahid à un cavalier sur un échiquier, qui s’écarte de sa trajectoire initiale pour mieux avancer. «Certains analystes disent qu’il est contradictoire, mais c’est son style, il est logique dans ses contradictions», a jugé M. Jufri. Pour M. Jufri, il ne fait aucun doute que le président Wahid, 59 ans, premier président démocratiquement élu en Indonésie et intellectuel musulman modéré, s’est donné pour mission d’en finir, à sa manière, avec la suprématie des forces armées dans la vie politique de son pays. Et même si cela doit prendre du temps, «je pense que les gens vont continuer à le soutenir», a estimé ce journaliste. Le poids des pressions internationales a pu aussi jouer un rôle dans la décision du président Wahid, selon certains analystes. Les États-Unis avaient récemment mis tout leur poids dans la balance pour avertir les militaires indonésiens de ne pas se risquer à un coup d’État militaire. Et le président Wahid n’aurait vraisemblablement jamais pu destituer son ministre de la Sécurité sans ce soutien qu’il a préparé depuis des mois. Le président Wahid a pris plusieurs décisions pour affaiblir le poids de l’armée, au bénéfice des autres armes. Il a nommé un amiral au poste de commandant en chef des forces armées, en remplacement du général Wiranto, et a récemment destitué le porte-parole militaire, le général Sudrajat, au profit d’un officier de l’armée de l’air. Gus Dur avait également nommé dès le mois de novembre un nouveau chef de l’armée de terre, le général Tyasno Sudarto en remplacement du général Subagyo Hadisiswoyo, jugé trop proche de l’ancien pouvoir lié à l’ex-président Suharto.
Le président indonésien Abdurrahman Wahid est passé maître dans l’art de la confusion pour atteindre ses objectifs. Ses volte-face, nombreuses depuis qu’il a accédé au pouvoir en octobre dernier, ont néanmoins un seul et même but : faire de son pays une démocratie et un État de droit après des décennies de pouvoir militaire. «La stratégie de Gus Dur (le surnom de M. Wahid) est de créer une atmosphère d’incertitudes et de confusion, où il est le seul à savoir d’où vient le vent», estime Kusnanto Anggoro, analyste politique du Centre d’études internationales et stratégiques (CSIS). Le président Wahid, éloigné pendant quinze jours de son pays, a pu mesurer la loyauté indispensable des forces armées pour brusquement changer d’avis. Sa décision en forme de coup de théâtre a reçu l’aval du...