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Actualités - Chronologie

Glace - Patinage artistique Retour pour Slutskaia, relance pour Gusmeroli

Les championnats d’Europe de patinage artistique se sont terminés à Vienne sur un triplé de la Russie avec la victoire d’Irina Slutskaia dans l’épreuve féminine devant ses compatriotes Maria Butyrskaia, tenante du titre, et Viktoria Volchkova. La dynamique et souriante patineuse de Moscou, qui a dominé la compétition de bout en bout, signe à 21 ans un irrésistible retour au premier plan après un an de purgatoire en coiffant sa troisième couronne européenne. Derrière les Russes, on trouve, et c’est une belle surprise, la Française Vanessa Gusmeroli. Au fond du trou en décembre dernier au sortir d’une blessure à un pied doublée d’un conflit avec la fédération pour un transfert controversé d’Annecy à Paris, elle s’est superbement relancée pour sa première grande compétition. Sur sa régularité et la fiabilité inhabituelle, mais impressionnante, de son patinage, elle était la seule à Vienne a pouvoir empêcher un triplé russe. Elle ne fut pas loin d’y parvenir. Elle fut la seule à présenter un libre sans faute – «C’est le programme libre de ma vie», dira-t-elle en quittant la glace – avec Slutskaia. Sept triples, la combinaison et un double axel impeccables. La façon qu’elle eut de serrer les poings après son dernier saut et ces larmes qui jaillirent lorsqu’elle salua la public portaient en elles un profond bonheur d’avoir gagné son combat. Note optimiste «Il y a trois mois, on m’aurait dit quatre ou cinq, je signais tout de suite. Ça prouve que je reviens, et en peu de temps, se félicitait-elle. La médaille de 1997 a été dure à digérer. C’est fini, du passé. C’est pour tirer un trait sur elle que j’ai décidé de quitter Annecy. Maintenant, c’est ma nouvelle carrière qui commence». Pour peu de chose, elle aurait pu débuter par un médaille de bronze. «Pour moi, Vanessa méritait la deuxième place du programme court derrière Slutskaia», estimait Didier Gailhaguet, président de la Fédération française des sports de glace, qui a salué «la plénitude» qu’a trouvée soudain la patineuse. Deuxième du libre, elle se classait troisième au général. Mais en fait, c’est en qualifications – qui comptent désormais dans la note – où elle se classa quatrième –troisième aurait suffi – d’un groupe de fort niveau qu’elle manqua le coche. «Mais d’avoir réussi ainsi trois programmes de suite sans faute, suffisait au bonheur de Vanessa qui va se replacer ainsi dans les papiers des juges. C’est donc sur une note optimiste que se sont terminés pour la France des championnats que Didier Gailhaguet» a qualifiés «de très satisfaisants» et «d’excellent temps de passage» en vue des championnats du monde qui auront lieu à Nice du 26 mars au 2 avril. «Nous restons deuxième nation européenne et nous avons des chances d’être deuxième nation mondiale à Nice», estimait-il. La Russie aura, sans surprise, nettement dominé le rendez-vous européen avec trois titres et sept médailles sur quatre et 12 possibles, mais elle a enregistré un cuisant revers en danse, sa spécialité longtemps très forte. Pas de titre, c’était prévu. Pas de médaille pour la première fois depuis 1968, cela l’était moins. Les Français ont bien préparé les Mondiaux de Nice Les patineurs français, avec le titre des danseurs Marina Anissina et Gwendal Peizerat et un rang de deuxième nation européenne derrière la Russie, ont bien préparé l’échéance majeure de la saison que seront les championnats du monde du 26 mars au 2 avril prochain à Nice. «Le résultat global est très satisfaisant. Avec un titre et deux médailles manqués d’un rien, c’est un excellent temps de passage sur le chemin des Mondiaux de Nice», se félicitait Didier Gailhaguet, président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) à l’heure du bilan. La grande satisfaction est bien évidemment le premier titre européen en danse depuis 32 ans, le premier toutes disciplines confondues depuis 1995 des Lyonnais. Il était attendu mais encore fallait-t-il l’assurer. Ce fut fait sans coup férir par le couple lyonnais, d’une façon qui annonce un deuxième titre mondial après le premier enlevé par les Duchesnay en 1991. «Ce n’est que justice, a estimé Gailhaguet, il récompense le travail de toute une équipe. Et ce n’est que le début de ce qu’on espère. Marina et Gwendal sont dans la perspective de Nice et de Salt Lake City». Les Jeux de 2002, c’est ce que vise désormais Vanessa Gusmeroli, remise en selle par une performance qui est sans aucun doute, pour le moment, la meilleure de sa carrière. Même en 1997 où elle s’adjugea la médaille de bronze mondiale, qui allait finalement sérieusement la déstabiliser en raison de sa soudaineté et de la difficulté qu’elle eut à la négocier dans sa tête, la patineuse n’avait pas été si proche de la perfection. Trois sans-faute qui de l’avis général auraient dû lui valoir une médaille de bronze mais qui doivent la relancer. Deuxième nation mondiale à Nice «Je crois que Vanessa a affiché une plénitude jamais atteinte. C’est poignant de voir d’où elle revient. Le choix qu’elle a fait (ndlr : de quitter Annecy pour Paris pour se créer un choc pyschologique) est le bon, accompagné comme il l’est par la fédération. Si elle avait tiré un bon groupe de qualification, elle serait sur le podium», a estimé Gailhaguet. Ce dernier espère aussi que sa quatrième place et celle d’Abitbol/Bernadis en couples vont «être une source de motivation supplémentaire» à Nice. En ce qui concerne les garçons, Stannick Jeannette (9e), dont «la performance a été jugée» «encourageante», et Vincent Restencourt (10e), un peu en retrait sur ce que l’on pouvait espérer, seront vraisemblablement retenus pour les Mondiaux. Les deux jeunes duos Huc/Rolland (couples) et Delobel/Schoenfelder (danse) méritent, selon le président de la FFSG, sur leurs performances à Vienne, de faire Nice où Laëtitia Hubert pourrait effectuer sa rentrée si elle a suffisamment récupéré de sa récente opération. «Nous sommes encore cette année deuxième nation européenne derrière la Russie, s’est félicité Gailhaguet. Nous avons des chances d’être deuxième nation mondiale à Nice. Les Américains ne sont pas si bien que cela en ce moment et nous avons marqué des points à Vienne, même si nous n’avons pas été pleinement récompensés». Déclarations Irina Slutskaia (Rus/1re) : «Je suis heureuse de la façon dont la compétition a tourné pour moi. J’ai fait ce que je voulais faire. C’est un sentiment plus fort que lors de mon premier titre, en 1996. Je suis si heureuse d’avoir pu revenir et d’avoir surmonté toutes les difficultés que j’ai connues. J’ai fait des triple-triple à l’entraînement mais aujourd’hui j’ai décidé de ne pas les mettre. Je voulais patiner proprement, sans la moindre petite faute». Maria Butyrskaia (Rus/2e) : «J’étais très bien préparée pour ces championnats. J’ai prouvé, dans le programme libre, que je peux bien patiner et que je suis en bonne forme. Le programme court, vendredi, m’a déstabilisée. Je suis plus déçue de ce programme court que de ma deuxième place au général. C’est le sport. Maintenant j’ai une panoplie complète de médailles européennes : or, argent, bronze». Viktoria Volchkova (Rus/3e) : «Aujourd’hui, je n’ai pas fait ce dont j’étais capable. Dans l’ensemble, je suis satisfaite de mon résultat mais je peux faire mieux». Championnats des États-Unis : Kwan et Weiss avec difficulté Michelle Kwan et Michael Weiss, les deux favoris de la compétition, ont conservé leurs titres de champion des États-Unis de patinage artistique à l’issue de la dernière journée samedi à Cleveland (Ohio). Mais leur succès n’a tenu qu’à un fil et c’est avec beaucoup de difficultés que les deux champions sortants sont montés à nouveau sur le plus haute marche du podium. Kwan, qui, à 19 ans, avec ses deux titres mondiaux et sa médaille d’argent olympique, fait figure d’ancienne, a dû repousser les assauts de la nouvelle génération du patinage féminin américain, Sasha Cohen, 14 ans, et Sarah Hughes, 15 ans, qui la devançaient, dans cet ordre, après le programme court. Tentant de concilier cette année les études supérieures et la compétition, Kwan, malgré une chute, est parvenue à remporter le programme libre pour s’assurer son troisième titre américain consécutif, le quatrième en cinq ans. Mais il a fallu pour cela que ses deux jeunes adversaires connaissent elles aussi les affres de la chute, Cohen perdant toutes chances en tombant lors du tout dernier saut d’un programme à haut risque. Sacha Cohen, la révélation Grande révélation de la compétition, Sacha Cohen, malgré sa deuxième place, n’est pas assurée, en raison de son âge, de figurer dans l’équipe américaine pour les championnats du monde de Nice et devra aller chercher sa sélection en décrochant une des trois premières places aux championnats du monde juniors. Weiss, lui aussi, avait dû repousser les assauts de la jeune garde représentée chez les messieurs par Tim Goebel, 19 ans, le premier Américain à avoir réalisé un quadruple saut. Troisième il y a un an, mais en gros progrès cet hiver, Goebel était le premier des candidats à la victoire à passer sur la glace. Multipliant les difficultés, il devait rééditer son exploit du Skate America en octobre en réussissant trois quadruples sauts et a longtemps fait figure de vainqueur possible. Jusqu’au passage de Weiss. En tête après le programme court, le tenant du titre, patinant en dernier sur la musique de Carmen de Bizet, avait renoncé à tenter le moindre quadruple saut, obtenant néammoins la préférence de six juges sur 9 pour une exhibition sans faute, d’une grande qualité artistique qui lui a valu le premier 6 de sa carrière.
Les championnats d’Europe de patinage artistique se sont terminés à Vienne sur un triplé de la Russie avec la victoire d’Irina Slutskaia dans l’épreuve féminine devant ses compatriotes Maria Butyrskaia, tenante du titre, et Viktoria Volchkova. La dynamique et souriante patineuse de Moscou, qui a dominé la compétition de bout en bout, signe à 21 ans un irrésistible retour au premier plan après un an de purgatoire en coiffant sa troisième couronne européenne. Derrière les Russes, on trouve, et c’est une belle surprise, la Française Vanessa Gusmeroli. Au fond du trou en décembre dernier au sortir d’une blessure à un pied doublée d’un conflit avec la fédération pour un transfert controversé d’Annecy à Paris, elle s’est superbement relancée pour sa première grande compétition. Sur sa régularité et la...