Les militants antimondialisation veulent faire entendre leur voix
le 12 février 2000 à 00h00
Les militants antimondialisation comptent bien profiter de «l’effet Seattle» pour faire entendre la voix des «laissés-pour-compte» de la libéralisation durant la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Plus de 120 organisations non gouvernementales (ONG) de 40 pays se sont donné rendez-vous à Bangkok. Confortés par le récent échec de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les contestataires – héritiers d’un mouvement tiers-mondiste sous l’éteignoir pendant la décennie du «miracle» asiatique – entendent pousser l’avantage pour plaider la «démocratisation» du système financier international. Ils veulent exploiter «la crise de légitimité» paralysant, selon eux, l’OMC et le FMI, pour le bénéfice des pays en développement. «Les pays en développement ont l’occasion de saisir l’initiative et de faire pression pour la création d’institutions qui servent vraiment leurs intérêts», a affirmé le Philippin Walden Bello, professeur de sociologie et directeur de l’institut Focus on the Global South. Quant à la CNUCED, elle devrait être «le porte-voix des peuples marginalisés au Nord comme au Sud», a argué M. Bello, et «promouvoir les droits du travail, les droits de l’homme et le développement international». Dans un communiqué commun, les ONG ont appelé les grandes puissances économiques à cesser «d’usurper les droits démocratiques par les institutions mondiales telles que le FMI». Elles ont invité la CNUCED à «combattre les politiques commerciales qui portent préjudice aux pays en développement». Parmi leurs chevaux de bataille: une meilleure «gouvernance» du secteur privé, l’impact du commerce sur les droits humains, la protection sociale de la main-d’œuvre à l’heure de la «nouvelle économie» et le recours au contrôle des capitaux pour réguler les flux financiers. La contestation tiers-mondiste et gauchisante, en sommeil pendant le boom économique (1985-96), s’est réveillée en Asie du Sud-Est avec la crise financière qui a éclaté en Thaïlande en juillet 1997. Mais ce mouvement, hétéroclite, est souvent divisé. Certains veulent réformer le système financier en dialoguant avec les institutions internationales tandis que les plus radicaux prônent la lutte sociale et l’annulation de la dette «immorale» des pays les plus pauvres. Il est peu probable que la CNUCED donne lieu à une répétition des violentes manifestations qui ont émaillé la réunion de l’OMC à Seattle (décembre) ou, à une moindre échelle, le Forum économique mondial de Davos le mois dernier. Ne serait-ce que parce que les ONG locales et régionales – la «société civile» – ont été conviées à s’exprimer en marge de la conférence et rencontreront les dirigeants thaïlandais et les délégués de la CNUCED.
Les militants antimondialisation comptent bien profiter de «l’effet Seattle» pour faire entendre la voix des «laissés-pour-compte» de la libéralisation durant la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Plus de 120 organisations non gouvernementales (ONG) de 40 pays se sont donné rendez-vous à Bangkok. Confortés par le récent échec de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les contestataires – héritiers d’un mouvement tiers-mondiste sous l’éteignoir pendant la décennie du «miracle» asiatique – entendent pousser l’avantage pour plaider la «démocratisation» du système financier international. Ils veulent exploiter «la crise de légitimité» paralysant, selon eux, l’OMC et le FMI, pour le bénéfice des pays en développement. «Les pays en développement ont l’occasion...
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