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Actualités - Chronologie

Pétrole Le mariage TotalFina-Elf reçoit la bénédiction de Bruxelles

Le mariage de TotalFina et Elf Aquitaine, qui a reçu hier le feu vert de Bruxelles, sous conditions, constitue l’épilogue d’une âpre bataille boursière menée l’été dernier par les deux rivaux français et donne naissance au quatrième groupe pétrolier mondial. L’intégration du belge Petrofina à peine achevée, TotalFina boucle ainsi sa deuxième fusion d’envergure en un peu plus d’un an. Le PDG de TotalFina et patron du nouvel ensemble, Thierry Desmarest, se donne jusqu’à la fin 2000 pour mener à bien cette nouvelle union. Le «oui mais» de la Commission européenne est conditionné au désengagement, en France, de plusieurs activités «afin de maintenir un marché ouvert et compétitif dans un secteur particulièrement sensible pour les consommateurs», selon Mario Monti, commissaire européen à la concurrence. La Commission européenne avait ouvert le 6 octobre une enquête approfondie sur cette fusion qui risquait d’entraîner des positions dominantes sur les principaux marchés de distribution de carburants en France. TotalFina devra donc céder 70 stations-service sur les autoroutes françaises, avec une répartition équilibrée entre les enseignes des deux groupes. Les centres Leclerc se sont déjà portés candidats à leur rachat. Le groupe devra aussi abandonner des participations dans des oléoducs et dépôts de produits finis (essence, diesel, fioul domestique), ainsi que des actifs de logistique et de distribution de GPL (gaz de pétrole liquéfié). La filiale Elf Antargaz, chargée de conditionner, stocker et distribuer du GPL, devra notamment être vendue. Le groupe devra également ouvrir à la concurrence, à hauteur de 50 %, l’avitaillement des aéroports de Lyon et Toulouse. Mario Monti s’est félicité mercredi que «TotalFina ait soumis des engagements qui règlent tous les problèmes soulevés par l’opération. Si nous ne les avions pas obtenus, il y aurait eu un risque d’abus de position dominante sur le marché français». Ces cessions «permettront de maintenir les conditions de concurrence sur chaque marché concerné et de préserver les atouts du rapprochement, non seulement dans l’exploration-production et la chimie mais aussi, pour l’essentiel, dans le raffinage-marketing», souligne TotalFina. Le conseil d’administration de TotalFina se réunira le 15 février pour coopter Thierry Desmarest en tant qu’administrateur et le nommer président d’Elf Aquitaine. À cette date, le comité exécutif du nouveau groupe, dont la composition a déjà été annoncée, entrera en fonctions. Depuis jeudi, les échelons inférieurs de direction (300 postes) sont également fixés sur leur sort. Dans les mois à venir, le principal chantier portera sur la redéfinition du portefeuille chimique de TotalFina-Elf, regroupé désormais sous la bannière «Atofina». Le groupe devra se pencher notamment sur le partenariat entre Atochem et BP Amoco dans le polypropylène, les actifs de Petrofina aux États-Unis modifiant les termes de l’accord signé en juin 1999. Thierry Desmarest aimerait aussi se défaire de la participation d’Elf dans Sanofi-Synthélabo (35 %). Selon le pacte d’actionnaire scellé avec L’Oréal, Elf s’est engagé à conserver au minimum 19,5 % du groupe pharmaceutique jusqu’en 2004. Le nouveau groupe pourrait donc revendre 15,5 % du capital. Avec, à la clef, un trésor de guerre de 4 milliards d’euros. Puis, une fois digérée la fusion, TotalFina-Elf pourrait s’attaquer à un groupe de taille moyenne, afin de combler son écart avec Exxon-Mobil, Shell et BP Amoco, trio de tête de l’industrie pétrolière. L’italien ENI, déjà courtisé par Elf, constituerait une proie de choix. Mais, aujourd’hui, le pétrolier transalpin, «fort en gaz» – source d’énergie au fort potentiel de croissance –, fait plutôt les yeux doux à l’espagnol Repsol.
Le mariage de TotalFina et Elf Aquitaine, qui a reçu hier le feu vert de Bruxelles, sous conditions, constitue l’épilogue d’une âpre bataille boursière menée l’été dernier par les deux rivaux français et donne naissance au quatrième groupe pétrolier mondial. L’intégration du belge Petrofina à peine achevée, TotalFina boucle ainsi sa deuxième fusion d’envergure en un peu plus d’un an. Le PDG de TotalFina et patron du nouvel ensemble, Thierry Desmarest, se donne jusqu’à la fin 2000 pour mener à bien cette nouvelle union. Le «oui mais» de la Commission européenne est conditionné au désengagement, en France, de plusieurs activités «afin de maintenir un marché ouvert et compétitif dans un secteur particulièrement sensible pour les consommateurs», selon Mario Monti, commissaire européen à la...