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Actualités - Chronologie

Voile - Coupe de l'America Prada désormais face à l'inconnu(photo)

Sans avoir fermé boutique pendant ne serait-ce qu’une journée, le syndicat italien Prada Challenge, vainqueur de la Coupe Louis Vuitton, se prépare déjà à affronter Team New Zealand, le détenteur de la Coupe de l’America. «Ils nous connaissent beaucoup mieux que nous ne les connaissons», affirme Doug Peterson, l’un des designers du bateau italien. «Ils ont passé l’été à nous étudier sur l’eau, à la télévision et sur le Virtual Spectator (système de simulation informatique de courses). Nous avons été beaucoup plus exposés qu’eux», ajoute Laurent Esquier, patron des opérations de Prada. Entre Italiens et Néo-Zélandais, l’espionnite est de rigueur. Presque tous les jours, des bateaux-espions suivent à distance réglementaire de 200 mètres chacun des bateaux. L’heure est aussi aux spéculations. Selon Doug Peterson, bien que les bateaux semblent très différents, ils seront assez semblables en vitesse sur l’eau. «Nos bateaux et les bateaux néo-zélandais ont le même poids, la même longueur et la même surface de voile. Ce sont les équipages qui feront la différence. Les équipiers de Team New Zealand sont inégalés sur l’eau». «Leurs bateaux sont étranges. Autant nous étions dans la même famille de bateaux, entre tous les challengers, autant maintenant avec les bateaux noirs, c’est différent. Ces bateaux sont sans doute très puissants au près et plutôt conçus pour du gros temps», estime pour sa part l’autre designer des bateaux italiens, l’Argentin German Frers. Études vidéos Les dés étant jetés à quelques petites modifications près (appendices, voiles et mât), c’est donc surtout sur la tactique sur l’eau et le style de match-racing que les Néo-Zélandais vont déployer, que les Italiens vont le plus se concentrer d’ici au premier duel prévu pour le 19 février. «Team New Zealand est une équipe très forte. C’était de loin les plus forts en 1995. Tout le monde les respecte», a rappelé le barreur de Prada Francesco de Angelis. Pendant que les modifications, déjà validées sur l’autre bateau italien (Ita 48), ont cours sur le Luna Rossa de la Coupe de l’America (Ita 45), la cellule arrière italienne va étudier nombre de vidéos de Russell Coutts, le célèbre skipper néo-zélandais, en course. Pour définir sa propre approche face à l’adversaire. De son côté, Sir Peter Blake a également indiqué que l’équipe néo-zélandaise allait adapter un peu sa stratégie sur l’eau, depuis qu’elle savait que le challenger serait Prada et non America One. Russell Coutts et Francesco de Angelis ne se sont jamais rencontrés dans des événements de match-racing internationaux, à l’exception de la finale de la Mini-Coupe il y a un an. Le 7 mars 1999, Team New Zealand avait renouvelé d’extrême justesse (2-1) sa victoire de l’année précédente sur Prada au cours de la finale 1998 de la Mini-Coupe de l’America. La finale se jouait en trois matches d’un circuit nettement plus court. Alors que Russell Coutts est trois fois champion du monde de match-race, Francesco de Angelis s’initie à la discipline depuis moins de trois ans. «On s’est déjà rencontrés mais on n’a jamais couru l’un contre l’autre», a indiqué Francesco de Angelis à propos de Russell Coutts. Prada : un groupe de luxe très conquérant Prada, dont le voilier Luna Rossa va disputer la Coupe de l’America, est un des groupes de luxe italiens les plus ambitieux et conquérants. Prada a bâti son image de «chic urbain décalé» mis au point par Miuccia Prada, directrice artistique et petite-fille du fondateur de la maison. Le chiffre d’affaires en 1999 a été d’un milliard d’euros, en hausse de près de 50 %, selon le quotidien économique Il Sole 24 Ore, en décembre. Prada est dirigé par le mari de Miuccia, Patrizio Bertelli, amateur de voile qui a entraîné la maison dans l’aventure de la Coupe de l’America. «Il est génial, s’emporte, s’excite, mais ce qu’il veut, il le veut vraiment», commente un ancien collaborateur. «M. Bertelli a un caractère très affirmé», renchérit un analyste de la banque d’affaires britannique Schroders. Avec un réseau commercial qui couvre l’Europe, les États-Unis et l’Asie, Prada dispose de moyens à la mesure des ambitions de son patron. Le groupe s’est lancé en 1999 dans une stratégie d’acquisitions : la maison du styliste autrichien Helmut Lang, celle de l’Allemande Jil Sander, les chaussures de luxe anglaises Church. En octobre, il a pris le contrôle, avec le géant français du luxe LVMH, de la firme romaine Fendi, célèbre pour ses sacs à main. À l’instar du groupe italien Gucci, qui récemment a pris le contrôle d’Yves Saint-Laurent, Prada veut mettre sur pied un groupe de luxe «multi-marques» avec une présence mondiale. «Nous sommes des industriels et nous élaborons des stratégies pour renforcer le groupe à travers des produits complémentaires, avec pour logique la croissance et maître mot la qualité», expliquait en septembre l’entrepreneur à Il Sole 24 Ore.
Sans avoir fermé boutique pendant ne serait-ce qu’une journée, le syndicat italien Prada Challenge, vainqueur de la Coupe Louis Vuitton, se prépare déjà à affronter Team New Zealand, le détenteur de la Coupe de l’America. «Ils nous connaissent beaucoup mieux que nous ne les connaissons», affirme Doug Peterson, l’un des designers du bateau italien. «Ils ont passé l’été à nous étudier sur l’eau, à la télévision et sur le Virtual Spectator (système de simulation informatique de courses). Nous avons été beaucoup plus exposés qu’eux», ajoute Laurent Esquier, patron des opérations de Prada. Entre Italiens et Néo-Zélandais, l’espionnite est de rigueur. Presque tous les jours, des bateaux-espions suivent à distance réglementaire de 200 mètres chacun des bateaux. L’heure est aussi aux spéculations....