L’émirat de Dubaï a publié samedi une loi qui doit régir «une zone franche» ouverte aux médias et aux compagnies du secteur informatique, a rapporté l’agence officielle des Émirats arabes unis, Wam. La loi dote la «zone franche de Dubaï pour la technologie, le commerce électronique et l’information» d’une extraterritorialité fiscale, et éventuellement judiciaire, selon l’agence qui en publie le texte. Le texte précise cependant que la zone sera ouverte aux ressortissants et aux produits de tous les pays, «sauf ceux qui sont boycottés politiquement ou économiquement par l’État», c’est-à-dire ceux d’Israël. Il ajoute que la mise en place de la zone répond à la volonté de faire de Dubaï «un centre pour la technologie, le commerce électronique et l’information». Wam ne précise pas de date pour la mise en place de cette zone, qui doit rivaliser en partie avec celles prévues en Jordanie et en Égypte, qui ont prévu de lancer des zones franches pour les médias. «Les sociétés de la zone franche et leurs employés seront exonérés de tout impôt, y compris d’impôt sur le revenu, et ne seront soumis à aucune restriction sur les transferts de capitaux, de bénéfices et de salaires, qu’ils peuvent effectuer dans n’importe quelle monnaie», selon le texte. «Le gouverneur (de Dubaï) a le droit de mettre en place un tribunal ou une instance d’arbitrage pour examiner les plaintes relatives aux activités entreprises par les compagnies installées dans la zone», a-t-il ajouté. Les compagnies pourront louer des terrains ou des bâtiments pour une durée allant jusqu’à 50 ans, renouvelable, a ajouté le texte signé par le gouverneur de Dubaï, cheikh Maktoum ben Rached al-Maktoum, également Premier ministre et vice-président de la fédération émiratie. Il a prévu la création d’une «autorité autonome» pour gérer la zone et pour mettre en place les infrastructures, dont les connexions Internet. Cette autorité devra également «lutter contre les crimes liés au commerce électronique» et «protéger la propriété intellectuelle», selon le texte. Le prince héritier de Dubaï et ministre de la Défense des Émirats arabes unis, cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum, avait estimé fin octobre l’investissement initial nécessaire à ce projet à 200 millions de dollars. Il avait précisé que la zone sera aménagée au sud de la ville, à proximité de la zone franche industrielle de Jabal Ali, qui abrite également le plus grand port pour marchandises dans le Golfe. La zone garantira une infrastructure de pointe et sera également dotée d’un centre d’études et de recherches ainsi que d’une «université Internet», avait-il affirmé, précisant que des discussions étaient déjà en cours avec les leaders de la technologie informatique pour qu’ils s’y installent. Dubaï s’emploie avec beaucoup d’énergie à diversifier ses ressources afin de réduire sa dépendance du pétrole. L’émirat s’est déjà imposé comme plaque tournante commerciale et destination touristique dans le Golfe.
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