Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La démolition de maisons palestiniennes à Jérusalem, un sujet de polémique constant

«Je construis leurs maisons et ils détruisent la mienne !» Exaspéré, Abdel Razzak al-Cheikh regarde les bulldozers israéliens raser, pour la deuxième fois en deux ans, l’habitation qui l’abritait avec sa femme et leurs six enfants, dans une banlieue de Jérusalem-Est. Des engins de travaux publics, escortés de plusieurs dizaines de soldats, ont démoli la maison de 140 m2 de M. al-Cheikh, 50 ans, construite sans permis dans le quartier d’el-Issawiyeh. La démolition de maisons palestiniennes dans le secteur arabe de la Ville sainte (occupé par Israël en 1967 et annexé en 1980) pour défaut de permis de construire est un sujet de polémique constant entre le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne, qui y voit un moyen utilisé par l’État hébreu pour réduire la présence palestinienne à Jérusalem. Le statut de Jérusalem, dont les Palestiniens revendiquent la partie orientale comme capitale de l’État qu’ils espèrent proclamer dès cette année, est l’un des thèmes les plus épineux des négociations sur un règlement final du conflit, actuellement en cours. M. Abdel Razzak al-Cheikh, ouvrier en bâtiment en Israël, reconnaît avoir édifié la maison sans permis. «Mais j’avais fait appel de l’ordre de destruction pour régulariser la situation», s’empresse-t-il d’ajouter. Le bâtiment démoli avait été érigé sur le terrain où se dressait son ancienne maison, également détruite sur ordre des autorités israéliennes le 19 avril 1998. «Je passerai le reste de ma vie à rembourser les dettes que j’ai contractées pour bâtir cette maison», affirme l’ouvrier, l’air abattu. «La maison a été construite sans permis et nous devons la démolir, conformément à la loi», déclare, pour sa part, une porte-parole de la municipalité. Parmi les curieux accourus sur les lieux se trouve Bassam Tarawi, 23 ans, dont la maison, située 100 mètres plus loin, est également sous le coup d’un ordre de destruction, faute d’un permis de construire, qu’il affirme avoir sollicité il y a trois ans. «La municipalité m’a notifié que ma maison, ainsi que celles de mes deux frères seraient détruites le 15 février», explique-t-il. «Qu’ils sachent que je commencerai à la reconstruire, sans permis, dès que les bulldozers seront partis», assure ce père de trois enfants, également ouvrier en bâtiment en Israël. Une première habitation qu’il avait construite sans permis avait déjà été démolie il y a deux ans. Selon l’Association palestinienne des droits de l’homme (LAW), les autorités israéliennes ont fait détruire, en 1999, 46 maisons palestiniennes, dont 25 à Jérusalem-Est. «Il ne fait pas de doute que la municipalité de Jérusalem et le ministère de l’Intérieur cherchent à chasser les Palestiniens hors de Jérusalem», a affirmé Meir Margalit, l’un des trois représentants du parti de gauche Meretz au conseil municipal de la Ville sainte. «La politique de destruction de maisons et de retrait de cartes d’identité a clairement pour objectif de rendre plus difficile la vie des Palestiniens de Jérusalem et de les pousser à quitter la ville», ajoute-t-il, y voyant «un crime contre l’humanité». Selon lui, seules trois habitations ont été détruites en 1999 dans le secteur ouest (juif) de la ville, où 1 381 violations du code de l’urbanisme ont pourtant été recensées, alors que 17 maisons ont été démolies dans la partie orientale, où, avec 499 cas, le nombre de violations est nettement inférieur. Mais la porte-parole de la municipalité souligne que, dans la plupart des cas, les Palestiniens contreviennent à la loi en construisant de nouvelles maisons, alors que la majorité des infractions enregistrées à l’ouest sont de simples additions à des habitations existantes.
«Je construis leurs maisons et ils détruisent la mienne !» Exaspéré, Abdel Razzak al-Cheikh regarde les bulldozers israéliens raser, pour la deuxième fois en deux ans, l’habitation qui l’abritait avec sa femme et leurs six enfants, dans une banlieue de Jérusalem-Est. Des engins de travaux publics, escortés de plusieurs dizaines de soldats, ont démoli la maison de 140 m2 de M. al-Cheikh, 50 ans, construite sans permis dans le quartier d’el-Issawiyeh. La démolition de maisons palestiniennes dans le secteur arabe de la Ville sainte (occupé par Israël en 1967 et annexé en 1980) pour défaut de permis de construire est un sujet de polémique constant entre le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne, qui y voit un moyen utilisé par l’État hébreu pour réduire la présence palestinienne à Jérusalem. Le...