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Actualités - Chronologie

Jeux - Licenciements massifs à Detroit Le casino après l'auto

Sinistrée par des licenciements massifs dans l’industrie automobile, Detroit a misé sur les casinos pour profiter de la bonne santé de l’économie américaine, mais cette mutation alimente aussi la rubrique fait divers et fait la fortune des établissements de prêts sur gage. La semaine dernière, un policier expérimenté de l’agglomération, qui compte 5,4 millions d’habitants, s’est tiré une balle dans la tête à l’intérieur du Motor City Casino après avoir perdu les derniers 2 500 dollars d’avance que sa carte de crédit lui permettait d’obtenir. Le lendemain, le personnel d’un autre casino de la ville, le MGM Grand, a pris les devants en appelant la police suite à des propos funestes prononcés par un client qui venait de perdre 20 000 dollars au black-jack. L’homme a été placé en observation à l’hôpital. À côté du MGM Grand, dont le chiffre d’affaires, avec plus d’un million de dollars par jour, dépasse déjà celui de sa maison mère à Las Vegas, Rick, le gérant de la boutique de prêts sur gages LetL Jewelry and Loan, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 25% depuis l’ouverture des premiers casinos de la ville l’été dernier. Des clients viennent y déposer des montres de valeur, et certains prêteurs acceptent mêmes les voitures de joueurs pressés de retourner dépenser de l’argent frais au casino.La ville est en train de perdre sa mauvaise image de déshérence et de capitale du crime : Motor City était devenue Murder City. Le taux de chômage, qui s’élevait à 17% en 1994, a chuté à 6,8% et les projets de développement s’élèvent au total à 10 milliards de dollars, qui ne sont pas tous investis, loin s’en faut, dans l’industrie du jeu. Vies brisées La municipalité prévoit 37 000 emplois nouveaux dans le centre-ville pour les cinq ans à venir, dont 15 000 dans les casinos. Les électeurs du Michigan ont approuvé en 1996 par référendum, par 51% des voix, l’ouverture d’établissements de jeu dans leur État, notamment à cause de la présence de casinos à Windsor, la ville voisine située sur la rive canadienne du Saint-Laurent. Ils s’y étaient auparavant opposés quatre fois entre 1976 et 1988. Le maire de Detroit, Dennis Archer, défend les casinos en arguant que 80% des clients des casinos de Windsor étant Américains, sa ville connaissait les nuisances de ce genre d’établissement sans engranger les recettes fiscales correspondantes. Windsor attire chaque année 6 millions de joueurs qui y laissent 500 millions de dollars. À Detroit, les estimations tablent sur 200 millions de dollars de recettes fiscales annuelles dans trois ans pour la municipalité, 160 millions pour l’État du Michigan, ce qui suppose un chiffre d’affaires de 1,2 million de dollars. Mais pour le révérend Tom Grey, un pasteur méthodiste, «le coût en termes de malades drogués du jeu dépassera de loin tous les bénéfices». Et il anticipe «des vies et des maisons brisées».
Sinistrée par des licenciements massifs dans l’industrie automobile, Detroit a misé sur les casinos pour profiter de la bonne santé de l’économie américaine, mais cette mutation alimente aussi la rubrique fait divers et fait la fortune des établissements de prêts sur gage. La semaine dernière, un policier expérimenté de l’agglomération, qui compte 5,4 millions d’habitants, s’est tiré une balle dans la tête à l’intérieur du Motor City Casino après avoir perdu les derniers 2 500 dollars d’avance que sa carte de crédit lui permettait d’obtenir. Le lendemain, le personnel d’un autre casino de la ville, le MGM Grand, a pris les devants en appelant la police suite à des propos funestes prononcés par un client qui venait de perdre 20 000 dollars au black-jack. L’homme a été placé en observation à...