Le dollar a entamé la semaine hier, à Beyrouth, dans un marché «vendeur», en l’absence de grands intérêts à l’achat. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à la demande et 1 514,00 L.L à l’offre, que le billet vert a dû achever la journée au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais en raison de la propension du marché à l’offre du dollar à des fins de placement en livre libanaise, les établissement de crédit ont été amenés à le négocier pratiquement bien en deçà de ce taux indicatif, soit finalement entre 1 502,50 et 1 503,50 LL, après un départ entre 1 503,00 et 1 505,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier aurait atteint quelque huit millions de dollars seulement, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente sans aucune intervention de la BDL, dans un marché calme et équilibré de lui-même. L’euro poursuit sa dérive sous la parité avec le dollar L’euro a poursuivi sa dérive face au billet vert en ce début de semaine sur des marchés des changes internationaux calmes, dans l’attente de la décision de la Réserve fedérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt aux États-Unis demain et de la réunion du conseil de la Banque centrale européenne (BCE), après-demain. Il n’a toutefois pas franchi le seuil de son plus bas niveau jamais atteint face à la devise américaine, à 0,9735 dollar, qu’il avait touché vendredi dernier. «L’euro n’est pas vraiment en forme, on peut dire qu’il a carrément la grippe depuis ces derniers jours. Il a perdu la confiance des investisseurs qui préfèrent acheter du dollar ou du sterling, mais surtout pas l’euro qui leur réserve trop de mauvaises surprises», a commenté un analyste d’une grande banque londonienne. «Le marché est désormais insensible à toute publication d’indicateurs dans la zone euro et la monnaie unique risque encore de naviguer sous la parité pendant les deux ou trois mois prochains» , a-t-il ajouté. De fait, le marché est resté prudent hier face aux incertitudes concernant l’issue du conseil de politique monétaire de la Fed qui doit trancher demain sur les taux d’intérêt américains. Une hausse d’au moins un quart de point en pourcentage à 5,75 % du taux sur les fonds fedéraux est déjà acquise pour les marchés, mais certains tablent même sur un coup de frein plus brutal avec un relèvement d’un demi-point en pourcentage de ce taux à 6,00 %, ou alors sur des resserrements monétaires à répétition demain puis en mars et peut-être même en mai, les deux réunions de la Fed qui suivront celle de ce début février. Cela étant, l’euro risque de rester sous pression jusqu’à la réunion de la Fed et la publication des chiffres sur le taux de chômage et les créations d’emplois aux États-Unis vendredi. La monnaie unique européenne avait été brièvement soutenue hier en début de journée juste au-dessus du seuil de 0,98 dollar par des spéculations sur une éventuelle hausse des taux lors de la réunion du conseil de la BCE, après la réunion de la Fed demain. Ces spéculations ont été alimentées par des déclarations du président de la BCE, Wim Duisenberg, qui a mis en garde contre la possibilité de «problèmes pour les objectifs d’inflation de la zone euro» si la chute de la monnaie unique européenne devait se poursuivre. Mais le dollar a finalement évolué hier dans des marges étroites à la hausse face à toutes les autres monnaies, alors que la publication de chiffres sur les revenus personnels des Américains le mois dernier (+0,3 %) dans une proportion largement inférieure à leurs dépenses pendant la même période (+0,8 %) est venue renforcer les perspectives d’une hausse des taux d’intérêt supérieure aux attentes. Il s’est négocié, en effet, à New York, sur un ton prudemment ferme, comme suit : – 0,9695 pour un euro contre 0,9748, vendredi dernier – 1,6170 pour un sterling contre 1,6205 – 2,0170 DM contre 2,0064 – 6,7655 FF contre 6,7290 – 1,6590 FS contre 1,6570 – 1 997,00 lires contre 1 986,35 – 107,35 yens contre 107,15. Bourse de Beyrouth : marché faible et déprimé À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été déprimée par le manque d’activité mais aussi par la baisse des actions de la Banque européenne pour le Moyen-Orient (Bemo) de 3 1/8 à 3,00 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,14 % à 77,34 points, de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,23 % à 176,39 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires très mince, ne dépassant pas quelque 9 000 actions d’une valeur globale de 49 288 dollars. Volatilité de Wall Street Sur les places boursières internationales, Wall Street a fait preuve de volatilité hier, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles (DJIA) arrivant à décoller alors que l’indice composite Nasdaq de la Bourse électronique continuant de s’enfoncer. Dans les salles de marché, on indique que les investisseurs semblent se réfugier sur les valeurs industrielles et délaisser les titres plus spéculatifs de la haute technologie et de l’Internet. Certes, les investisseurs attendent avec impatience l’issue du conseil monétaire de la Fed qui doit se réunir aujourd’hui et demain pour fixer les taux d’intérêt américains. Une majorité d’analystes anticipent déjà un relèvement minimal d’un quart de point en pourcentage du taux interbancaire au jour le jour sur les fonds fedéraux, actuellement à 5,50 %. L’économie américaine approche de la surchauffe, comme en témoigne la croissance de 5,8 % en rythme annuel enregistrée pour le dernier trimestre de 1999, contre une prévision des analystes de 5,2 %. L’inflation accompagne cette accélération de l’activité avec une hausse de l’indice des prix lié au PIB de 2 % au quatrième trimestre 99 contre 1,1 % au trimestre précédent. C’est dans ce contexte que le DJIA a dû fluctuer entre un plus haut à 10 857,70 points et un plus bas à 10 701,64 points, avant d’afficher en préclôture 10 852,97 points, en hausse de 114,10 points sur vendredi dernier, pendant que le Nasdaq cédait 52,65 points à 3834,42 points. Forte baisse des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont entamé la semaine sur de fortes baisses en dépit de la stabilisation de Wall Street, les boursiers craignant maintenant que, pour maîtriser une vigueur économique excessive, les taux d’intérêt américains soient plus fortement relevés qu’on ne le pensait encore ces derniers temps. Cette crainte, qui risquerait de freiner la demande sur le premier débouché d’exportation des entreprises européennes, l’a largement emporté sur l’effet positif des nouveaux développements de la saga, dans les télécommunications, de l’OPA de l’anglais Vodafone AirTouch sur l’allemand Mannesmann AG. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a terminé sur une baisse de 1,98 %, à 1 498,38, tandis que l’Euro Stoxx 50 accusait un recul de 2,04 %, à 4 684,48. Le plus fort recul a été accusé par la Bourse de Francfort, qui a chuté de 3,27 %, suivie de près par Amsterdam (-3,17 %) puis Bruxelles (-2,71 %), les pertes des autres places restant comprises entre deux et un pour cent : Zurich (-1,92 %), Londres (-1,68 %), Madrid (-1,58 %), Milan (-1,25 %) et Paris (-1,24 %). L’attention des marchés boursiers de part et d’autre de l’Atlantique reste concentrée sur la question du relèvement de taux de la Fed, à l’issue de la réunion de son conseil mardi et mercredi, et de l’ampleur de ce relèvement. Certains n’excluent pas maintenant que ce relèvement soit d’un demi-point, soit deux fois plus marqué que les variations habituelles de la Fed, une telle perspective s’étant trouvée renforcée par l’annonce en ce début de semaine d’une progression des dépenses des ménages américains deux fois plus rapide que celle de leur revenu en 1999. L’annonce dimanche par Vodafone et le français Vivendi d’un projet de création en commun, à 50/50, d’un portail Internet européen a semblé renforcé les chances de succès de l’OPE de 154 milliards d’euros du groupe britannique sur l’allemand Mannesmann. Des boursiers estiment en effet que Vodafone devrait sembler plus intéressant aux yeux des actionnaires du groupe allemand maintenant que l’accord avec Vivendi a élargi les perspectives du groupe britannique, d’autant que Mannesmann avait eu lui-même des discussions avec Vivendi. Vivendi a terminé sur une hausse de 5,00 % et Mannesmann a gagné 4,49 %, mais Vodafone a fini sur un repli de 1,02 %. Tokyo : en hausse La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 0,5 % lundi, grâce à des achats de valeurs liées aux hautes technologies et aux télécommunications stimulés par l’attente d’un accroissement de la demande de la part des fonds d’investissement, selon les opérateurs. L’indice Nikkei a progressé de 104,92 points à 19 539,70, son plus haut niveau depuis le 8 août 1997, où il avait atteint 19 604,46 points. L’indice élargi Topix a gagné pour sa part 5,35 points, à 1 707,96. Le volume des échanges s’est élevé à quelque 510 millions d’actions, contre 605,7 millions d’actions la veille. «Les investisseurs espèrent beaucoup en un accroissement de la demande de la part des grands fonds d’investissements qui devrait se matérialiser vers la fin de la semaine», a commenté Tsuyoshi Segawa, de chez New Japan Securities. La Bourse s’était montrée faible dans la matinée, sous la pression de la baisse enregistrée à Wall Street vendredi dernier. Mais selon M. Segawa, «la tendance de la Bourse de Tokyo depuis le milieu de la semaine dernière est de se comporter indépendamment de Wall Street». Toutefois les investisseurs sont toujours préoccupés par la situation de la Bourse de New York, alors que le Fed s’apprête à se réunir pendant deux jours à partir de mardi, ce qui les retient de prendre des positions nouvelles dans l’incertitude de l’ampleur de la hausse des taux d’intérêt attendue – entre 25 et 50 points de base, estiment les courtiers. 667 titres étaient en hausse, 523 en baisse et 155 inchangés. Les titres de haute technologie et de télécommunications ont connu des sorts variés en raison de prises de bénéfices consécutives à de nouveaux achats en milieu d’après-midi, selon les courtiers.
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