Une jeune femme fait scandale en se baignant nue dans une «maison de verre» en plein centre de Santiago du Chili, mais tous les regards ne sont pas désapprobateurs : deux députés se sont mêlés aux curieux – ou voyeurs ? – attirés par un spectacle à prétention culturelle. Depuis une semaine, les levers de Daniella Tobar, une étudiante en art dramatique de 21 ans, dans une maison transparente installée au coin des rues Moneda et Bandera, attirent une foule de badauds mais provoquent aussi des réactions critiques. «Mais, c’est en face de l’église... quelle effronterie !», lance un homme d’âge mûr en évitant soigneusement de porter le regard sur l’objet du scandale en face de l’église catholique des Pères Agustinos. La «maison de verre» a été conçue par les architectes Arturo Torres et Jorge Cristi pour un projet financé par le Fonds de développement des arts (FONDART), dépendant du ministère de l’Éducation. «Le ministère de l’Éducation ?», demande, incrédule, une femme d’un certain âge dans la foule. «Notre objectif est de provoquer un débat sur les limites entre le public et le privé», explique à la presse la directrice du FONDART, Nivia Palma. Installés à quelque 20 mètres de la «maison de verre», sur les escaliers de l’église d’où on a la meilleure vue, des spectateurs commencent à scander : «Le bain ! le bain !». Création artistique Deux députés gouvernementaux, le chrétien-démocrate Ignacio Walker et le socialiste Sergio Aguilo, se sont trouvés également sur place pour, ont-ils expliqué, soutenir ce projet de «création artistique» et éviter une éventuelle censure ou l’intervention de la police. «Il s’agit d’un projet de créativité culturelle», avertissent les deux députés en lisant une déclaration de soutien au nom des parlementaires de la coalition gouvernementale, la Concertation démocratique. Selon les organisateurs du projet qui est également soutenu par la mairie de Santiago, la «maison de verre» restera en place jusqu’au 18 février, à un pâté de maisons du palais présidentiel de La Moneda. Des agents des carabiniers s’efforcent de faire circuler les voitures et éviter qu’elles bloquent la circulation au moment où Daniella prend son bain matinal. «Je suis venu prendre connaissance de cette œuvre... d’art», assure un employé de bureau tandis que la jeune femme s’étire dans ses draps. Puis Daniella se lève. Elle sort du lit et se dirige avec un grand naturel vers sa salle de bains transparente. Elle se brosse les dents, se lave le visage et les mains, retourne dans sa chambre à coucher pour se vêtir d’un coquet costume avant de sortir dans la rue. Des mains d’hommes réussissent à toucher l’actrice en herbe, qui laisse derrière elle des badauds quelque peu déçus de leur attente. «C’était prévisible», déclare, un peu nerveuse, Daniella à la presse avant de se fondre dans la foule anonyme de la capitale.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une jeune femme fait scandale en se baignant nue dans une «maison de verre» en plein centre de Santiago du Chili, mais tous les regards ne sont pas désapprobateurs : deux députés se sont mêlés aux curieux – ou voyeurs ? – attirés par un spectacle à prétention culturelle. Depuis une semaine, les levers de Daniella Tobar, une étudiante en art dramatique de 21 ans, dans une maison transparente installée au coin des rues Moneda et Bandera, attirent une foule de badauds mais provoquent aussi des réactions critiques. «Mais, c’est en face de l’église... quelle effronterie !», lance un homme d’âge mûr en évitant soigneusement de porter le regard sur l’objet du scandale en face de l’église catholique des Pères Agustinos. La «maison de verre» a été conçue par les architectes Arturo Torres et Jorge Cristi...